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HOMME DE DÉSIR (L'), Louis Claude de Saint-Martin - étude de l'œuvre

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Proche de Swedenborg, Saint-Martin emprunte certaines de ses théories au philosophe espagnol, Martinez de Pasqualis. L’Homme de désir est un recueil d’hymnes à la gloire de la réintégration en Dieu. Prisonnier de la matière, l’homme exprime son aliénation et sa séparation. Notons ici une critique du sensualisme.

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)HOMME DE DÉSIR (L'). Œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), publiée à Lyon en 1790, in-8. Réirnpression à Metz en deux volumes in-12 en 1802. Claude de Saint­ Martin. le • Philosophe inconnu >.•, priilcipale figure du mouvement mystique de la fin du x'r111e s., a écrit l' Hom .·me de désir r>endant ses séjours à Londres et à Strasbourg, alors qu'il était en train de découvrir Jacob Boehme. L' H 'omm ,e de ·désir n'est pourtant pas infiue11Cé par le grand théosophe allen1and. On y reconnaît plutôt Swedenborg et surtout Marti11ez de Pasqualis, cet étrange juif espagnol, fondateur du Marti­ nisme, auquel Saint-Martin emprunte la plupart de ses théories. C'est dirè que le conten11 idéo­ logique de l' H omm .e de désir est assez faible et guère origir1al : le titre lui-mên1e est emprunté à Martinez. Le livre plût surtout aux n1ilieux théosophes par son style enflammé, débordant de sensibilité mystique. Plus qu'un ouvrage de doctrine, c'est un recueil d'hymnes, où l'on sent parfois quelque imitation de l'Apocalypse (*) : certaines pages paraissent con1me touchées par la grâce. L'Homme de désir est le pendant de l'Ecce Homo que Saint-Martin publia quelque temps auparavant : dans cet ouvrage, Saint­ Martin appuyait Slirtout sur la misère de l'homme déchu, séparé de Dieu, infidèle à sa vocation divine. L' Ho ·mme de désir, c'est celui qui aspire à la réintégration en Dieu, qui veut refuser les limites humaines : tous les êtres en effet sortent de Dieu et l'hoiilrne est pensée prin1itive de Dieu. Mais il 11'est plus dans sa jeunesse origi­ nelle, il est devenu le vieil hotllllle. Il est pri- , sonnier de la matière, et cette aliénation est bien exprimée par .les doctrines sensualistes et matérialistes. Saint-Marti11 est .. leur violent adver­ saire : il leur reproche d'avoir déformé et découpé l'unité de l'intelligence . humaine c( comrne avec un scalpel ". Mais sa . critique du sensualisn1e le pousse aussi à · rejeter les pratiques, courantes dans les milieux pseudo-Inystiques, de l'occul­ tisme ; car, dit-il, l'ân1e petlt fort bie11 être trompée par cela aussi. L'homn1e ne se sauvera qu'en se retrouvant en l1ieu, e11 se conformant en tout point à la pens 'ée divi11e, en se pensant lui-tnême selon SOil origine suprên1e. Une telle dén1arche sen1ble très proche du mysticisme orthodoxe. En fait, Saint-Martin ne réussit pas à échapper au panthéisme : la créa­ ture humaine, selon lui, est à Dieu comn1e · le Verbe. Il adopte la doctrine de Martine , sur la génération éternelle et continuelle des êtres qui sont « comme les rayons de la divinité ». Tot1t participe à l'unité divine, tout est Dieu : « ••• Tout est individuel, et cependant tout n'est qu'un. >> Saint-Martin a des pages très belles pour décrire la résurrection. Si l'ivresse religieuse ne s'accorrl­ pagne point ici de la pureté et de la rigueur doctrinales, l'Homme de désir mo11tre bien comment l'illunliilisme, qui fit beaucoup pour affaiblir le christianisme avant la R. évolution, a contribué, la Révolution venue, à maintenir en France des foyers de vie spirituelle. »

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