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Juives (les). Tragédie en cinq actes et en vers, avec chœurs, de Robert Garnier (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

Publié le 24/10/2018

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Juives (les). Tragédie en cinq actes et en vers, avec chœurs, de Robert Garnier (1545-1590), publiée à Paris chez Mamert Pâtisson en 1583.

 

Le dramaturge clôt son œuvre en s'essayant à un sujet tiré de la Bible. Ce catholique fervent qui, à plusieurs reprises, a évoqué dans son théâtre les malheurs de la France ravagée par les guerres de Religion, voit dans l'épisode du châtiment de Sédécie par Nabucho-donosor « un sujet délectable, de bonne et sainte édification », et entend « représenter les soupirables calamités d'un peuple qui a comme nous abandonné son Dieu ».

 

Nabuchodonosor a vaincu Sédécie, le roi juif de Jérusalem, qui s'est rebellé contre son pouvoir. Il veut le châtier. Amital, mère du vaincu, implore la reine d’Assyrie d’intercéder auprès du despote en faveur du roi déchu (Actes I et II). Celle-ci ne peut fléchir le tyran. Amital le supplie à son tour; il la rassure en formulant une promesse ambiguë : Sédécie, à qui il laisse la vie sauve, ne verra jamais les fers de l'esclavage ; Nabuchodonosor affranchira en outre la race royale « du joug de servitude » (Acte III). Mais déjà le prévôt d’Assyrie vient chercher les enfants de Sédécie. Incapable d’avouer à leurs mères qu'ils vont être mis à mort, il leur laisse croire que les princes serviront d'otages en échange de la liberté de leur père (Acte IV). Mais le tyran les fait exécuter devant Sédécie, à qui il fait crever ensuite les yeux. Ainsi se réalisent cruellement les promesses du roi de Babylone. Le Prophète de Dieu explique le sens des châtiments subis par le peuple juif et annonce la venue du Messie (Acte V).

 

C'est au Second Livre des Rois (25), au Second Livre des Chroniques (36), et dans les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe que Robert Garnier a trouvé la trame de l'intrigue des Juives. Cependant, ces modèles ne fournissaient qu'un schéma événementiel et des personnages sans réelle épaisseur. Pour donner vie à Amital, nouvelle incarnation du malheur, Garnier a en quelque sorte ressuscité Hécube, au

point que R. Lebègue a pu écrire que la reine juive « se souvient moins de la Bible que de la Troade ». Il a trouvé le modèle du tyran sanguinaire chez Sénèque : Nabuchodonosor est un second Atrée.

 

La tragédie des Juives se signale par la sobriété de sa composition qui, selon certains critiques, peut annoncer la rigueur des classiques. L'action commence in médias res, au plus proche de la catastrophe. 

« heur et de la pénitence, le ret our à jéru­ salem et l'avènement du "C hri st, qui les péchés des peuples nettoiera 1 Détru isa nt les Enfers et désiré Messie, 1 Viendra pour mettre fin à tout e pro­ phétie ».

C'est dire si cette dynamique donne à l'action tragique un relief particulier.

Le malheur n'est pas ce point final où le personnage tragique connaît, dans son prop re anéan tissement , la force brutale de dieux implacables et aveu­ gles.

Le temp s de la douleur , nuit puri­ ficatrice, ramè ne le pécheur à Dieu, et Sédécie, devenu aveugle, peut d ès lors bénir Dieu qui lui of fre la vraie lumi è re.

La dernière tragédie de Garnier fut re présentée à plusieurs reprises : à Arras et à Tournai en 1594 et 1599, à Barjols en 1604 ..

Les nombreuses éditions dont elle fut l'objet jusqu 'en 1619 attestent son succès.

Pour Raymond Leb ègue, la pièce a influenc é Racine, notamme nt dan s *Athalie (1691).

Parmi les imita­ te ur s de Garnier à l'étranger, on com pte le tragédien hollandais Vondel dans sa Jérusalem détruite (1620).. »

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