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Lais (le) de François Villon (analyse détaillée)

Publié le 23/10/2018

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Lais (le). Dit poétique de François Villon (1431-après 1463), publié à Paris chez Levet en 1489.

La première œuvre de Villon que l'on puisse dater avec certitude est le Lais (1456), que certains copistes ont, contre l'avis de l’auteur, appelé « Petit Testament » ou « Premier Testament ». Il fut écrit rapidement, juste avant, ou tout de suite après, le vol au collège de Navarre que le poète perpétra, dans la nuit de Noël 1456, en compagnie de Colin de Cayeux, de Guy Tabarie, d'un moine picard nommé damp Nicolas et de Petit Jehan. Aussi a-t-on pu penser qu'il cherchait ainsi à se forger un alibi ou à excuser un méfait qu'il aurait commis dans l'état de demi-inconscience qu'il décrit à la fin de ce poème.

Composé de quarante huitains d'octosyllabes, le Lais appartient au genre du dit et se présente comme un testament facétieux, écrit sur le modèle du Testament par esbatement d'Eustache Deschamps.

Villon, après s'être présenté : « Je, François Villon, écolier», annonce que, pour briser la très amoureuse prison d’une belle « félonne et dune » qui le conduit à la mort» il a décidé de partir pour Angers, et se proclame « amant martyr / Du nombre des amoureux sains » (l-VIII). Aussi veut-il écrire un « lais ». Suit une série de legs, le plus souvent cocasses, à divers personnages (relations du poète, bourgeois parisiens, policiers) : maître Guillaume de Villon ; son amie ; Ythier Marchant et jean Le Comu ; Saint-Amant et Blaru ; Robert Vallée ; Jacques Cardon ; Regnier de Montigny et jean Raguier ; le seigneur de Grigny et Mouton ; le Chevalier du guet et ses séides; Jacques Raguier ; Jean Mautaint, Pierre Basanier et Fourrier ; Jean Trouvé; Perrinet Marchant; le Loup et Cholet ; « Trois petits enfants tout nus », Colin Laurens, Girard Gossouyn et Jehan Marceau ; « Deux pauvres clercs parlant latin » Guillaume Cotin et Thibaud de Vitry ; son barbier, les savetiers et le fripier ; les frères mendiants, les Filles-Dieu et les béguines ; l'épicier Jean de la Garde ; Merebœuf, Nicolas de Louviers et Pierre Rousse-ville (IX-XXXIV). Quand il entend sonner neuf heures au clocher de la Sorbonne, il suspend sa rédaction pour faire sa prière et sombre dans une demi-inconscience, oubliant le réel et livré à son imagination. Lorsqu’il retrouve ses esprits, son encre est gelée, et il s’endort. Tel est le Lais du « bon renommé Villon, / Qui ne mange figue ne date, / Sec et noir comme un écouvillon » (XXXV-XL),

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« amoureuse prison d'une belle «félonne et dure » qui le conduit à la mort, il a décidé de partir pour Angers, et se proclame « amant martyr 1 Du nombre des amoureux sains » (l-VIII).

Aussi veut­ il écrire un « lais ».

Suit une série de legs, le plus souvent cocasses, à divers personnages (relations du poète, bourgeois parisiens, policiers) : ma"rtre Guillaume de Villon ; son amie ; Ythier Marchant et jean Le Cornu ; Saint-Amant et Blaru; Robert Vallée ; jacques Cardon ; Regnier de Montigny et jean Raguier ; le seigneur de Grigny et Mouton ; le Chevalier du guet et ses séides ; jacques Raguier; jean Mautaint, Pierre Basanier et Four­ nier; Jean Trouvé; Penrinet Marchant; le Loup et Cholet;« Trois petits enfants tout nus », Colin Laurens, Girard Gossouyn et jehan Marceau ; « Deux pauvres clercs parlant latin » Guillaume Cotin et Thibaud de Vitry; son barbier, les save­ tiers et le fripier ; les frères mendiants, les Filles­ Dieu et les béguines; l'épicier jean de la Garde; Merebœuf, Nicolas de Louviers et Pierre Rousse­ ville (IX-XXXIV).

Quand il entend sonner neuf heures au clocher de la Sorbonne, il suspend sa rédaction pour faire sa prière et sombre dans une demi-inconscience, oubliant le réel et livré à son imagination.

Lorsqu'il retrouve ses esprits, son encre est gelée, et il s'endort.

Tel est le Lais du « bon renommé Villon, 1 Qui ne mange figue ne date, 1 Sec et noir comme un écouvillon » (XXXV-XL).

Le Lais commence donc par la dénonciation d'une belle dame sans merci qui n'a rien fait pour détromper le poète : elle a laissé se développer en lui un amour dévastateur, et refusé de lui accorder la moindre faveur sans qu'il ait commis de faute ; elle accepte et ordonne.

même qu'il meure ; elle n'écoute pas ses plaintes ; elle veut rompre« la vive soudure».

Aussi n'a-t­ il plus qu'à fuir.

Mais il demande aux dieux de l'Amour de le venger et d'apaiser sa passion, et il lègue à la cruelle son « cœur enchâssé, 1 Pâle, piteux, mort et transi» (v.

77-78).

Le bon folâtre n'accepte pas de s'avouer vaincu et de paraître ridicule ; aussi ajoute-t-il à ses aveux une sorte de commentaire ironique et multiplie-t-il les plaisanteries, exagérant (les regards de sa belle «l'ont transpercé jusques aux flancs>>), jouant de la contradic­ tion ( « Par elle meurs, les membres sains»), s'assimilant à des héros litté­ raires célèbres ( « Au fort, je suis amant martyr»), recourant à des expressions populaires : la dame a, dit-il, « vers moi les pieds blancs », elle lui fait défaut « comme le cheval balzan qui se dérobe sous son cavalier au moment critique ».

Bien plus, Villon contre­ attaque : si sa dame est si dure, c'est qu'elle est fort occupée par un autre amant, et il recourt à des équivoques grossières ; il cherchera donc ailleurs de bonnes fortunes : « Planter me faut autres complans 1 Et frapper en un autre coin.

» Dans la même veine, le testament parodique qui suit men­ tionne un certain nombre de person­ nages, dont les uns sont proches du poète, comme son père adoptif Guil­ laume de Villon ou son ami Regnier de Montigny, et dont les autres ont été sous les feux de l'actualité parisienne, et se termine sur un canular aristotéli­ cien qui oppose, avec force termes techniques pour désigner les facultés intellectuelles « opinative », « estima­ tive», «prospective», l'état de veille, la maîtrise lucide de la mémoire et de la raison, aux fantaisies délirantes de l'imagination.

Le poète utilise tout au long des pro­ cédés poétiques et linguistiques, à tonalité satirique, qu'il exploitera dans le *Testament de façon plus systémati­ que, plus originale et plus profonde.

Il joue sur les dons qu'il prodigue, à l'ordinaire dérisoires, et les retournant souvent contre ses légataires.

Feignant d'être un riche chevalier qui distribue ses armes et ses vêtements, il lègue à Ythier Marchant son «brant » [son épée] à partager avec Jean .Le Cornu, et se moque ainsi de ses prétentions à la noblesse.

Mais le « brant » dans un sens érotique, symbolise le phallus, manière d'accuser Ythier d'être un. »

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