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MYSTÈRE DE LA PASSION (Le) d'Arnoul Gréban (résumé)

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MYSTÈRE DE LA PASSION (Le) Arnoul Gréban. Mystère théâtral, 1452.

 

Du Jeu liturgique à peine sorti de l’Église aux grandes Passions du xve siècle, il y a une distance considérable. La Passion d’Arnoul Gréban (vers 1420-vers 1470), longue de plus de vingt-quatre mille vers, est sans doute l’un des exemples les plus achevés et les plus intensément dramatiques du genre. Partagée bien sûr en plusieurs journées, elle se caractérise par le mélange des tons et des styles propres à ce type d’œuvres. Passant en revue l’histoire de la Passion du Christ, elle fait intervenir des centaines de personnages, dans des séquences souvent marginales par rapport au thème central. Celles-ci fonctionnent comme des œuvres à l’intérieur de l’œuvre, farces ou moralités permettant une participation accrue de la population à ce spectacle intégral, emblématique d’une esthétique nouvelle.

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)Le nom de mystère était donné, au XIVe et au XVe siècles, à des œuvres théâtrales de caractère religieux ouprofane, le mot signifiant « représentation ». bien qu'il désignât à l'origine (au Xe siècle) les intermèdes joués entreles offices lors des grandes fêtes religieuses.Arnoul Gréban. né vers 1420 au Mans, étudia la théologie à l'Université de Paris. Pour payer ses études, il occupa leposte d'organiste et de maître de chapelle de la cathédrale, ainsi que celui de professeur de musique, de logique etde grammaire. Après quoi, il retourna au Mans, où il exerça le métier de chanoine. Outre Le Mystère de la Passion, ilcomposa avec son frère Simon une seconde œuvre encore plus longue que la première. Le Mystère des Actes desApôtres. Il est mort au Mans en 1471. Catéchisme dramatique à l'usage du public illettré, joué pour la première fois en 1452, Le Mystère de la Passiond'Arnoul Gréban offre une lecture personnelle des Évangiles ainsi qu'une explication du mystère de la Rédemption. L'enseignement et les souffrances du ChristL'œuvre théâtrale de Gréban se divise en quatre journées correspondant au temps réel de la représentation, quiallait du Jeudi saint au dimanche de Pâques. La première journée commence avec Adam et Eve et l'annonce de lavenue de Jésus. Un débat peu biblique entre Miséricorde et Justice se conclut par la décision, prise au grand damdes diables, d'envoyer Jésus sur la terre afin de sauver les hommes de leurs péchés. Suivent l'annonce faite à Marie,la naissance de Jésus et son enfance. La deuxième journée a pour thèmes la prédication du Christ, ses principauxmiracles, le choix des disciples, la Cène - dernier repas avec les disciples -, et se termine par son arrestation aujardin des Oliviers et sa comparution devant le grand prêtre. La troisième journée met en scène la Passionproprement dite : humiliation et torture par les bourreaux, montée au Calvaire, mort et descente aux Enfers, mise enterre. La quatrième journée narre les apparitions du Christ à sa mère d'abord, puis à ses disciples, jusqu'à l'Ascensionet la Pentecôte. Un Te Deum auquel se joint le public clôt la pièce. Une humanisation des ÉvangilesArnoul Gréban se fonde sur les Évangiles, particulièrement celui de Matthieu, ainsi que sur quelques textesapocryphes et sur La Somme de Thomas d'Aquin. Le texte, qui se moque des discussions théoriques creuses desdocteurs du Temple, ne tombe pas dans les mêmes erreurs, et propose une version humanisée des Évangiles quirespecte cependant le texte sacré. Les monologues lyriques des personnages en proie au doute et à l'angoisserapprochent ceux-ci du public : c'est Joseph découvrant la grossesse de Marie, Madeleine se sentant impure etindigne de la miséricorde du Christ, Judas pris de remords, Jésus au jardin des Oliviers. Les dialogues qui dévoilent lahaine des prêtres juifs et la rancune de Judas créent une atmosphère de tension dramatique. Le langage coloré desdiables, personnages pittoresques plutôt qu'effrayants, offre des intermèdes comiques qui détendent l'atmosphère,de même que les discussions prosaïques entre petites gens. »

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