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Neveu de Rameau (le) de Denis Diderot (résumé de l'oeuvre & analyse détaillée)

Publié le 24/10/2018

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rameau

Neveu de Rameau (le). Récit dialogué de Denis Diderot (1713-1784),

commencé vers 1761. Plusieurs fois remanié, il fut publié d'après une copie autographe par G. Monval à Paris chez Plon-Nourrit en 1891.

 

Avant cette date, le texte n'était connu que par une traduction de Goethe (1805), elle-même retraduite en français (1821) ; puis par une copie autographe, mais défigurée par des interventions de la fille de Diderot, Mme de Vandeul (1823) ; enfin par les éditions, sensiblement plus fidèles, d'Assézat (1875) et de Tourneux (1884). Le sous-titre de l'œuvre est Satire seconde parce qu'elle vient après la Satire première sur les caractères et les mots de caractère. Étant donné sa forme, on peut entendre le terme de satire dans son sens antique de pot-pourri de libres propos ; mais il est possible aussi de le comprendre dans son acception actuelle de critique mordante de mœurs ou de personnes, puisque le Neveu de Rameau est à l'origine une réaction contre les antiphilosophes, spécialement Palissot, qui en 1760 avait ridiculisé Diderot et ses amis dans la comédie les Philosophes.

 

Après un Prologue qui relate la rencontre du Philosophe (moi) avec l’original neveu du compositeur Rameau (lui) au café de la Régence, un dialogue s'engage entre eux. à partir de la critique des joueurs d'échecs, sur le thème de l’homme de génie, puis le Neveu de Rameau glisse à son cas personnel, ce qui l’amène à faire l’éloge du parasitisme. Il s'interrompt pour exécuter sa première grande pantomime au violon et au clavecin. La conversation passe ensuite des capacités du Neveu aux leçons que donnait autrefois le Philosophe, et à l’éducation des jeunes filles. Parlant à son tour des leçons de musique qu’il donnait sans connaître celle-ci, le Neveu énonce sa théorie des idiotismes moraux : « Chaque état a ses exceptions à la conscience générale, auxquelles je donnerais volontiers le nom d'idiotismes de métier. » La réflexion s’ouvre alors sur les rapports entre morale et bonheur, le Neveu se disant capable d’être heureux grâce aux vices qui lui sont naturels. Il vante son art de la flatterie, lequel n’a échoué qu’une seule fois, chez son protecteur le financier Bertin. Ce souvenir donne lieu à une description féroce des antiphilosophes sans talent qui fréquentent la « ménagerie Bertin ». Au Philosophe qui s'étonne : « Pourquoi me montrer toute votre turpitude ? », le Neveu réplique par la thèse du « sublime dans le mal », qu’il illustre par l'exemple du renégat d’Avignon, qui avait dénoncé par intérêt son ami juif à l’Inquisition. Triomphant, le Neveu se livre à sa deuxième grande pantomime musicale (fugue a cappella). Horrifié, le Philosophe porte la conversation sur un autre sujet la querelle des Bouffons, ce qui entraîne bientôt le Neveu dans sa troisième grande pantomime, la plus extraordinaire : il mime à lui seul tout un opéra. Émerveillé, le Philosophe s’interroge sur le décalage entre le talent du Neveu et son manque de vertu. Celui-ci invoquant son atavisme, on enchaîne sur l’éducation de son fils, pour terminer sur l’échec du Neveu, qui n’a « rien fait qui vaille ». La « pantomime des gueux », enfin, figurant ironiquement les « positions » prises par chacun à quelque niveau de la société qu’il se trouve, permet au Neveu de résumer sa conception de la vie. Seul le roi est, selon lui, dispensé de la pantomime ; pour moi, c’est le Philosophe. La cloche de l’Opéra, qui annonce le début du spectacle, surprend le Neveu en pleine évocation de sa défunte épouse et met fin à l’entretien.

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