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Histoire des relations internationales - La Chine et l'Afrique de 1949 à nos jours

Publié le 01/09/2012

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L'hebdomadaire Jeune Afrique titrait dans un article datant de 2005 : « néo-colons ou partenaires « posant ainsi l'interrogation présente dans tous les esprits. Cette interrogation renvoie à la question posée par le sujet : dans quelle mesure la stratégie de l’Empire du Milieu, tantôt agressive tantôt jouant la carte tiers-mondiste, est-elle à l’origine d’une relation sino-africaine ambiguë entre espoir et controverses ? L'offensive chinoise s'est donc effectuée en deux temps : de 1949 aux années 1970 avec l'établissement d'une solidarité entre deux géants sous-développés et des années 1970 à nos jours par l'affirmation économique de l'Empire du milieu sur le continent noir donnant conjointement naissance à un fort développement et à des contestations. Le succès de la stratégie chinoise s'explique par une main d'oeuvre disponible considérable, la Chine envoie en effet régulièrement des milliers d'ouvriers chinois pour qui l'Afrique est ce que le « Far West « était aux colons américains, mais aussi par son refus d'ingérence dans les affaires internes, son déni des droits de l'homme et de la bonne gouvernance. Malgré toutes les critiques que cette stratégie fait naître, le rôle de la Chine dans le développement du continent africain ne doit pas être négligé. De plus la Chine, pour réaliser ses grands projets industriels, s'emploie à pacifier le continent. Alors force est de constater que la Chine est peut-être sur le point de réussir là où les occidentaux ont échoué. Cependant, on peut se demander si l'implantation industrielle et économique chinoise en Afrique que l'on compare volontiers au « grand bond en avant « des années 1960-1970, qui satisfait les dirigeants africains, est-elle en mesure de réussir en marge du développement croissant d'un important sentiment anti-chinois au sein des populations.

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« anciennes puissances coloniales ainsi que l'impérialisme des nouveaux grands, l'URSS et les États-Unis.

Aucun pays n'est ignoré, y compris ceux qui ne présentent, àpremières vue, aucune ressources ou richesses intéressantes.

La RPC atteint son but premier en 1971 lorsqu'elle obtient le siège de la République de Chine à l'ONUen grande partie grâce aux votes des pays africains.

Les années 1970 marquent un tournant dans la politique extérieure chinoise.

Jusqu'à alors uniquementpréoccupée par l'affirmation de sa présence politique sur la scène internationale, la Chine s'était évertuée à s'assurer le soutien de « non-alignés » et à mettre en placeune politique de solidarité avec l'Afrique.

Politique qui se caractérise par l'envoi d'environ 15000 médecins et d'autant d'ingénieurs, par des accords commerciaux etdes prêts avantageux pour l'Afrique, le soutien matériel aux mouvements indépendantistes et aux insurrections (...).

L'un des chantier les plus symboliques de cettepériode est la construction de la voie ferrées liant la Tanzanie à la Zambie, le « Tanzam ».

Les années 1970 sont marquées par le début d'investissements chinoisconsidérables sur le continent Africain.

La Chine qui connaît alors un développement rapide a désormais besoin d'affirmer son assise économique par rapport auxautres puissances mondiales.

Le continent Africain, bien que convoité pour toutes les richesses de son sol mais très peu exploité, semble dès lors être l'opportunitéparfaite. ** * De 1955 à 1977, la République populaire de Chine vend 142 millions de dollars de matériel militaire à l'Afrique, en 1977 la valeur des échanges commerciaux detoutes sortes entre la RPC et le l'Afrique atteint le montant record de 817 millions de dollars.

Bien que toujours influencée par l'esprit tiers-mondiste et anti-impérialise insufflé par Mao et Zhou Enlai, la politique extérieure chinoise évolue selon contexte international et des objectifs différents.

La fracture est-ouest a laisséplace à une fracture nord-sud, renforçant ainsi la position de la Chine par rapport à l'Afrique.

D'une coopération idéologique, la politique extérieure de la RPCs'oriente alors vers un pragmatisme économique.La Chine parvient alors à s'affirmer progressivement sur le continent africain allant jusqu'à supplanter la « françafrique » établissant ainsi une relation sino-africaineambiguë partagée entre espoirs, satisfactions et contestations.L'affirmation progressive de la Chine en Afrique entamée par le périple africain que mène Zhou Enlai fin-1963, s'explique d'abord par les atouts que présente lapolitique extérieure chinoise.

En effet, la reconnaissance d'un nouvel état africain s'accompagne presque toujours d'une aide chinoise, aide qui est apportée dans uncadre bilatéral.

L'aide apportée par la Chine représente, pour les nouveaux états africains, l'occasion de se défaire des liens qu'ils ont encore avec leurs anciennesmétropoles voire de les remplacer.

L'aide chinoise n'apparaît donc pas comme un simple acte de générosité, au contraire elle s'inscrit dans des rapports d'égalité entreles deux acteurs.

Elle se différencie réellement de l'aide humanitaire occidentale en huit points énoncés dans un communiqué sino-malien du 23 janvier 1964 : égalitéet bénéfice réciproque (l'aide n'est pas une aumône!), respect du partenaire, ne pas rendre les pays bénéficiaires dépendants de la Chine, privilégier lesinvestissements aux résultats rapides, fourniture de produits de qualité, formation du personnel aux techniques particulières, et enfin soumission des experts chinoisaux conditions du pays (ni privilèges, ni faveurs matérielles).

Communiqué qui fait en réalité une critique implicite des aides occidentales et soviétiques.

De plus laRPC apparaît alors aux yeux de l'Afrique comme un modèle qu'il serait bon d'imiter.

L'immense projet du Bond en Avant entreprit par Mao n'en est encore qu'à sesdébuts et apparaît comme un exemple original et intelligent de développement.

Les chinois sont alors en passe de devenir les maîtres de l'économie planifiée quisemble apporter de très bons résultats, dès lors quoi de plus normal pour l'Afrique que d'adopter ce même modèle.

Sékou Touré, fervent soutien de la RPC appelled'ailleurs la Guinée à suivre le modèle chinois : « Dans son effort pour bâtir le pays, que le peuple guinéen prenne tout simplement en exemple le peuple chinois.

Letravail opiniatre des Chinois servira d'exemple pour lutter contre notre paresse, notre indolence ».

Cependant le modèle chinois peut-il être adapté à un continentcomme l'Afrique dont la faiblesse démographique en comparaison à l'immensité des territoires différent largement de la Chine?En une trentaine d'années, la Chine parvient à établir de solides liens économiques avec l'Afrique.

En 2008, elle remplace la France et devient le deuxième partenairecommercial de l'Afrique après les États-Unis.

Avec pour objectif constant l'obsession du maintien d'un rythme de développement élevé et de la croissance chinoise, laChine nécessite un approvisionnement continu et abondant en matières premières, approvisionnement que semble permettre les abondantes ressources de l'Afrique.La croissance fulgurante de la Chine implique de nouvelles exigences dont une soif d'hydrocarbures jamais satisfaite.

En effet, si elle veut conserver son rythme decroissance de 10% annuel, la Chine doit s'assurer des sources d'énergie toujours plus nombreuses or l'Afrique représente 9% des réserves mondiales.

Les exigenceschinoises portent aussi sur les produits de base comme les minerais ou les produits agricoles.

L'Afrique présente aussi l'intérêt d'être un tout nouveau marché pour lesproduits « made in China ».

Ainsi les échanges commerciaux sino-africains, pratiquement inexistants dans les années 1980, ont augmenté de 700% dans les années1990.

La période allant de 1970 à nos jours voit l'implantation, en Afrique, d'une multitude d'entreprises chinoises dont le nombre a dépassé la barre des 800 en2006.

La RPC est largement impliquée dans le domaine des travaux publics.

Ces travaux publics (stades, hôpitaux, écoles, centres commerciaux...) s'inscrivent dansune politique dite de « vitrine » inaugurée au temps de l'idéologie et qui consiste en la réalisation de projets spectaculaires destinés à légitimer la présence chinoiseaux yeux des populations africaines et de démontrer au reste du monde les capacités d'adaptation de l'industrie chinoise dans l'environnement hostile que présente lecontinent d'Africain.

L'avènement de la Chinafrique se substituant à la Françafrique s'explique avant tout par la nouvelle façon de faire des affaires des Chinois quipourrait se résumer à la politique du « gagnant-gagnant » (ou win-win).

Véritable leitmotiv dans les relations économiques sino-africaines, la politique du « gagnant-gagnant » s'opère toujours dans ce soucis d'égalité des échanges, du moins en apparence.

S'ajoute à cela, la règle de non-ingérence dans les affaires internes que laChine s'engage à respecter, séduisant ainsi tous les régimes dictatoriaux privés de relations économiques avec les occidentaux pour non-respect des critèresdémocratiques.

À ce titre, l'exemple le plus révélateur est le soutien économique apporté aux régimes d'Omar el Béchir au Soudan malgré son implication dans lacrise du Darfour ou de Mugabe au Zimbabwe.

Passé le temps de l'idéologie, les intérêts économiques priment avant tout, Zhou Wenzhong (adjoint au ministre desaffaires étrangères) disait à ce sujet : « business avant tout ».

Le commerce des armes illustre cette politique.

Du temps de l'idéologie, une aide militaire était apportéeaux différents mouvements de libération (FLN en Algérie, UNITA en Angola, Union Nationale Démocratique au Mozambique).

Aujourd'hui, Pékin continue devendre des armes aux gouvernements issus de ces mouvements que la Chine soutenait alors mais aussi aux gouvernements dont ils avaient aidé les adversaires autemps des luttes pour l'indépendance.Ce manque apparent de scrupules de la part de la Chine et les contestations des bénéfices de la politique du « gagnant-gagnant » par les africains eux-mêmessoulèvent de nombreuses critiques à l'encontre de cette chinafrique.

L'offensive chinoise en Afrique a, depuis ses débuts, fait naître autant d'espoirs que dedésillusions.

En effet, la coopération sino-africaine est une réelle aubaine pour le continent Africain qui n'aurait sans doute pas connu le développement qu'il a connudepuis les années 1950 et la croissance du PIB d'environ 5% par an sans l'aide de la Chine.

L'apport de la Chine a été bénéfique dans de nombreux secteursindispensables au développement : agriculture, épuration des eaux, hygiène, santé, construction d'infrastructures..

De manière générale, les dirigeants Africainsaffichent leur satisfaction concernant la collaboration sino-africaine et ne reviennent pas sur les prétendus points positifs de la politique du gagnant-gagnant.

Ceuxqui s'estiment perdants, ce sont bien les populations qui multiplient les critiques à l'égard de l'invasion chinoise.

L'arrivée massive de la main d'oeuvre envoyée par lesentreprises chinoises est à l'origine d'une concurrence destructrice.

En effet les africains déplorent la mort dans l'oeuf de l'industrie africaine naissante dont le marchéest noyé par les produits « made in china » aux prix défiant toute concurrence.

Le sentiment chinois, sous-jacent depuis le début de la collaboration, s'est largementdéveloppé au cours des dernières années.

L'explosion en 2005 d'une usine d'explosifs à Chambishi en Zambie, provoquant ainsi la mort d'une cinquantaine d'ouvriersafricains n'a fait que le raviver.

La Zambie, autrefois le pays symbole de la bonne coopération entre la Chine et l'Afrique, connaît aujourd'hui les critiques les plusvives contre la présence de la Chine au sein du continent. ** * L'hebdomadaire Jeune Afrique titrait dans un article datant de 2005 : « néo-colons ou partenaires » posant ainsi l'interrogation présente dans tous les esprits.

Cetteinterrogation renvoie à la question posée par le sujet : dans quelle mesure la stratégie de l'Empire du Milieu, tantôt agressive tantôt jouant la carte tiers-mondiste, est-elle à l'origine d'une relation sino-africaine ambiguë entre espoir et controverses ? L'offensive chinoise s'est donc effectuée en deux temps : de 1949 aux années 1970avec l'établissement d'une solidarité entre deux géants sous-développés et des années 1970 à nos jours par l'affirmation économique de l'Empire du milieu sur lecontinent noir donnant conjointement naissance à un fort développement et à des contestations.

Le succès de la stratégie chinoise s'explique par une main d'oeuvredisponible considérable, la Chine envoie en effet régulièrement des milliers d'ouvriers chinois pour qui l'Afrique est ce que le « Far West » était aux colonsaméricains, mais aussi par son refus d'ingérence dans les affaires internes, son déni des droits de l'homme et de la bonne gouvernance.

Malgré toutes les critiques quecette stratégie fait naître, le rôle de la Chine dans le développement du continent africain ne doit pas être négligé.

De plus la Chine, pour réaliser ses grands projetsindustriels, s'emploie à pacifier le continent.

Alors force est de constater que la Chine est peut-être sur le point de réussir là où les occidentaux ont échoué.. »

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