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Le sport dans le fascisme

Publié le 03/04/2026

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« Cette recherche doctorale consacrée au cyclisme en Italie sous le fascisme s’inscrit à la croisée de l’histoire culturelle du fascisme et de l’histoire du sport au XXe siècle.

Elle vise, d’une part, à mettre en évidence les modalités de la récupération politique du cyclisme et son inscription dans le projet anthropologique fasciste.

D’autre part, elle interroge le décalage entre les représentations idéalisées du cyclisme italien au cours du Ventennio et la réalité concrète de la mise en œuvre de la politique sportive du régime. L’étude permet ainsi d’identifier les différentes étapes de la construction d’un discours qui, après avoir surmonté les méfiances initiales des dirigeants fascistes à l’égard du cyclisme, en vient à reconnaître sa forte popularité au sein de la société italienne.

Ce processus aboutit, dans la seconde moitié des années 1930, à un « retour à la bicyclette », rendu nécessaire par les contraintes économiques liées aux sanctions internationales et à l’effort de guerre. Par ailleurs, de nombreuses continuités se dégagent sur l’ensemble de la période. Le lien entre le cyclisme en tant que pratique sportive et l’usage quotidien et utilitaire de la bicyclette demeure constant dans les politiques de valorisation de ce mode de transport.

Dans le contexte fasciste, le cyclisme apparaît également comme un outil de mise en scène du territoire, tant dans son extension idéalisée que dans sa maîtrise par le régime. Le soutien accru à la production et à la diffusion d’une littérature sportive sous le fascisme témoigne en outre de l’intégration du cyclisme dans un vaste projet de redéfinition de la figure de l’intellectuel au cours du Ventennio.

Les dernières années du régime se caractérisent toutefois par un décalage croissant entre les discours officiels et la réalité, y compris dans le domaine sportif.

La confrontation entre les archives administratives et budgétaires des institutions sportives et les représentations véhiculées par la presse ou la littérature permet de mettre en évidence les limites d’une politique confrontée à des difficultés structurelles, tant en matière d’organisation que de financement. Dans cette perspective, l’analyse s’inscrit dans un cadre plus large, qui nécessite de revenir sur les conditions d’émergence du sport moderne en Italie.

Celui-ci s’inscrit dans un mouvement général qui touche l’ensemble de l’Europe occidentale au XIXe siècle, en lien avec la révolution industrielle, la modernisation des sociétés et la construction des États-nations.

Les pratiques traditionnelles issues du Moyen Âge se transforment progressivement en disciplines sportives codifiées. La distinction entre jeu traditionnel et sport moderne repose notamment sur l’institution de règles communes à l’ensemble des pratiquants.

Ce processus s’accompagne d’une uniformisation des pratiques, du développement des techniques permettant la mesure des performances, et d’une délimitation précise des espaces et des temps de la pratique.

Alors que les jeux traditionnels se déroulaient dans des espaces ouverts, tels que les rues ou les places publiques, les sports modernes s’inscrivent dans des lieux spécifiques — stades, vélodromes — et dans des temporalités codifiées, permettant l’arbitrage et la comparaison des performances. Dans ce contexte, les disciplines sportives se différencient progressivement en fonction de leurs règles propres, comme en témoigne la distinction entre football et rugby dans l’Angleterre de.... »

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