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Les grands états de l'Amérique Précolombienne (Histoire)

Publié le 22/02/2012

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Quand les Européens entrèrent en contact pour la première fois, au début du XVIe siècle, avec les peuples autochtones du continent américain, ils se trouvèrent en présence des formes les plus diverses d'organisation sociale et politique. On citera seulement, à titre d'exemples, les tribus nomades et guerrières du Nord : du Mexique, très dispersées, avec un minimum d'autorité ; les villages de cultivateurs et de chasseurs de la forêt amazonienne ; les petits royaumes paysans d'Amérique centrale ; enfin les grands États, et particulièrement ceux qui, à cette époque, pouvaient être qualifiés d'empires, celui des Aztèques au Mexique, celui des Incas au Pérou. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agissait bien d'empires, puisqu'une puissance conquérante établie à Tenochtitlan ou à Cuzco exerçait son hégémonie sur de nombreuses populations différentes par leur origine, leur langue et leur religion. Mais l'empire aztèque se présentait comme une confédération de cités autonomes, tandis que l'empire incasique, avec son administration centralisée, son économie autoritaire et sa religion d'État, avait déjà réussi dans une large mesure à effacer les particularismes locaux.
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« ni d'empires. Les anciennes civilisations du Pérou n'ayant pas laissé d'inscriptions, il est plus malaisé de retracer leur histoire.Seule leur riche céramique vient compléter par d'abondantes scènes descriptives le témoignage de l'architecture.Sur une base économique à peine plus substantielle que celle des anciens Mexicains (mais, pommes de terre,élevage du lama et de l'alpaca), ces civilisations ont dépassé elles aussi le stade tribal et le village.

Tiahuanaco surle haut plateau bolivien, la civilisation mochica sur la côte péruvienne sont contemporaines de la phase classique auMexique.

Tiahuanaco semble avoir été une ville essentiellement religieuse, avec son art hiératique qui repose sur lareprésentation du dieu solaire, du condor et du félin.

En revanche les Mochica, dont la maîtrise dans le modelage etla décoration de la céramique n'a jamais été dépassée, se sont décrits euxmêmes, dans les innombrables scènes dela vie quotidienne qui ornent leurs vases, comme un peuple raffiné, certes, mais essentiellement guerrier, ardent aucombat, cruel et implacable envers les vaincus.

Il est vraisemblable qu'une hiérarchie militaire détenait le pouvoir etque le cadre de la vie politique n'était pas une cité, mais un territoire conquis. Au Mexique, tandis que les grandes villes classiques subissaient toutes, entre le VIIIe et le Xe siècle, un profonddéclin, une série de vagues d'immigration introduisait dans le centre du pays des populations belliqueuses originairesdu Nord.

Ces nouveaux venus, appartenant tous ou pour la plupart à la grande famille linguistique nahuatl (dontl'aztèque est un des dialectes), apportaient avec eux des conceptions religieuses, sociales et politiquesradicalement différentes de celles des cités classiques.

Leur religion astrale, fondée sur l'adoration de l'Étoile duMatin, du Soleil, de la Grande Ourse, de la planète Vénus, était liée à la guerre cosmique et à la pratique dessacrifices humains.

Les prêtres, influents et respectés, n'en étaient pas moins cantonnés dans leur domaine propre :le pouvoir était détenu par une aristocratie militaire ayant à sa tête un chef, "le roi".

Ces idées se reflètent dansl'architecture et la sculpture de Tula, sur le plateau central, et de ChichénItza, au Yucatan : au lieu de sanctuairesexigus et sombres où officiaient quelques prêtres de haut rang, on voit se dresser au sommet des pyramides devastes temples largement ouverts, tandis que d'immenses salles soutenues par des centaines de colonnes étaientdestinées aux assemblées de guerriers.

Les basreliefs ne nous montrent plus de paisibles rites agraires, mais desprocessions belliqueuses, des guerriers armés de pied en cap, des tigres (symboles de la Grande Ourse) et des aigles(symboles du Soleil) brandissant ou dévorant des cœurs humains.

Les scènes de sacrifices sanglants sont partoutprésentes et de sinistres tzompantli (râteliers à crânes) étalent des rangées de têtes de morts. La tradition historique, contenue dans des manuscrits hiéroglyphiques dont une partie seulement est parvenuejusqu'à nous, montre que chaque cité, à cette époque, est gouvernée par un chef des guerriers, et que ces chefss'ordonnent en dynasties.

Cela est vrai pour les dynasties toltèques de Tula, comme pour celles des montagnardsmixtèques de l'Oazaca, dont l'histoire écrite débute au VIIe siècle de notre ère.

Certainement beaucoup des rois etdignitaires dont la tradition rapporte les hauts faits sont des personnages mythiques ou semimythiques, mais lesrécits qui les concernent ont aussi un contenu historique réel.

Tel est le cas du héros mixtèque"HuitCerfGriffedeJaguar" dont les combats et les conquêtes ont dominé l'histoire de l'Oazaca au XIe siècle.

A Tula, àla fin du Xe siècle, un roiprêtre nommé "Serpent à Plumes" (Quetzalcoatl) fut sans doute le dernier représentant desanciennes conceptions théocratiques et pacifiques : vaincu par Tezcatlipoca ("Le Miroir Fumant", dieu du cielnocturne), symbole des guerriers, il dut fuir vers le sudest.

Et on le retrouve, à moins qu'il ne s'agisse d'un autrepersonnage portant le même nom ou le même titre, au Yucatan, où il préside à la fondation de la ville toltécomayade ChichénItza. Plus tard, au XIIe siècle, un souverain semimythique, Xolotl, envahit le plateau central à la tête de tribus nordiqueset y fonde la dynastie de Texcoco, qui subsistera jusqu'à la conquête espagnole.

A la même époque, c'est un dieusolaire, peutêtre un héros divinisé, Uitzilopochtli, qui guide à travers tout le Mexique la migration des Aztèques.L'histoire et la légende s'entrelacent inextricablement dans les récits traditionnels, qui ne commencent à émerger dela brume du mythe qu'au début du XIVe siècle de notre ère, avec les grands souverains civilisés de Texcoco tels queQuinatzin (12981357) et fechotlalatzin (13571409) qui s'efforcèrent avec plein succès de faire revivre dans leur citél'art et le raffinement intellectuel des époques précédentes. Ce qui, en tout cas, apparaît certain, c'est que les nouveaux États qui se créent à la suite des migrations et desinvasions sont tous gouvernés par des conseils où l'aristocratie militaire est prédominante ; qu'à la tête de chaquecité il y a un souverain, le tlatoani, désigné, soit par élection, soit par l'hérédité, au sein d'une même lignée oudynastie ; que ces cités sont belliqueuses et conquérantes, font et défont des alliances et des fédérations,cherchent à s'étendre au détriment des États voisins et s'orientent, consciemment ou non, vers la formationd'empires. Au début du XVe siècle, il semblait presque inévitable que le rôle historique de cité impériale fût promis à la villed'Azcapotzalco, au bord de la grande lagune de Texcoco.

Sa population nombreuse (le nom de la ville signifie :"fourmilière") était gouvernée par une dynastie énergique et ambitieuse dont le chef, Tezozomoc, a laissé dansl'histoire autochtone le souvenir d'un tyran habile et sans scrupule.

Ayant mis à mort en 1418 le roi de Texcoco,Ixtlilxochitl, et dix ans plus tard le troisième souverain aztèque Chimalpopoca, les Tepaneca d'Azcapotzalco avaientétendu leur hégémonie à la vallée de Mexico et à une partie des régions voisines.

Le prince héritier de Texcoco,Nezaualcoyotl, errait dans les montagnes avec quelques partisans depuis la mort de son père.

Mais une allianceconclue entre Nezaualcoyotl et le nouveau souverain aztèque, Itzcoatl, renversa la situation.

Une courte guerremenée avec vigueur sur terre et sur le lac eut pour fin la défaite du successeur de Tezozomoc.

Les deux roisvainqueurs eurent la sagesse d'associer à leur pouvoir le tlatoani d'une petite cité des Tepaneca, Tlacopan.

Ainsi futcréée en 1429 la ligue tricéphale : Mexico (Tenochtitlan), Texcoco, Tlacopan, qui devint "l'empire aztèque" en raison. »

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