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L'Europe centrale au temps de la Révolution et de l'Empire

Publié le 27/02/2008

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Lorsque la Révolution française éclata, une bonne partie de l'intelligentsia centre-européenne l'accueillit avec une très grande faveur. Les philosophes, comme Kant, les poètes, comme Klopstock ou Wieland, entraînèrent derrière eux une partie de l'élite. Mais cette élite demeura très limitée et son enthousiasme décrut très vite. Pourtant, la Révolution et surtout l'Empire marquèrent d'une empreinte profonde l'histoire des divers États de l'Europe centrale.                L'Europe centrale et la Révolution française                Les milieux littéraires et philosophiques firent à la Révolution un accueil favorable. En bien des endroits, les idées nouvelles furent adaptées : les sociétés de lecture, les loges maçonniques se développèrent. Un peu partout apparut une presse diversifiée et libérale, groupant autour d'elle des intellectuels souvent de grande valeur. Dans les régions catholiques, le conflit qui opposait l'Empereur et certains prélats au Saint-Siège favorisa la naissance d'un mouvement catholique national. Tout cela montre bien une certaine agitation des esprits dans les années 1788-1789. On sait que lorsque Kant apprit la nouvelle de la Révolution, il modifia l'itinéraire de sa promenade habituelle, et il suivit avec passion les événements de France. Plus tard, il pleurera de joie en apprenant la proclamation de la république. Cela n'a rien d'étonnant de la part d'un homme qui avait pris parti pour les colons d'Amérique révoltés contre l'Angleterre.   
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« Au moment même où la guerre éclatait, un véritable nationalisme se développait en France.

Un Allemand, Cloots,avait publié en 1785 Les Vœux d'un gallophile , dans lequel il réclamait pour la France la frontière du Rhin, incluant la Belgique et la rive gauche du Rhin.

Ce nationalisme avait déjà amené la France à annexer le comtat Venaissin.

A l'automne 1792, après Valmy, les troupes françaises pénétrèrent en Rhénanie.

Si l'on en croit certains historiensfrançais, ils furent reçus avec enthousiasme.

Il ne faut pas se faire d'illusions : la rive gauche du Rhin n'accueillit pas" les Français en libérateurs ".

Sans doute, l'armée française abrogea-t-elle le système féodal et les traces del'Ancien Régime.

A Mayence même se constitua un club qui groupa quatre cent cinquante-quatre membres, dontprès d'un quart étaient des étrangers.

Ce club important n'était pas vraiment représentatif de l'opinion mayençaise.En mars 1793, à la demande des clubistes, la Convention parisienne décida l'élection d'une Convention nationalerhéno-germanique, qui fut élue par une toute petite minorité de la population.

Dans certaines communes, il n'y eutqu'une dizaine d'électeurs.

En fait, l'opinion rhénane était largement hostile à la présence française, d'abord parceque les français étaient des occupants, ensuite parce que le nouveau système fiscal apparut vite presque aussilourd que le système lié au régime féodal qu'on venait d'abroger.

Sans doute en raison de la présence française, se développèrent, malgré les gouvernements établis, quelques mouvements à tendancerévolutionnaire, en particulier en Silésie, en Saxe et en Allemagne du Sud.

Mais ces mouvements n'eurent jamais qu'une influence limitée et, dès1793, la plupart des écrivains allemands se montrèrent d'une neutralité très réservée, tels Schiller L196 et surtout Goethe L084 et Wieland L1971 .

Les Entretiens d'émigrés allemands montrent bien, autant qu' Hermann et Dorothée , combien Goethe L084 avait évolué.

D'autres pourtant, comme Fichte H019 , eurent une attitude beaucoup plus favorable.

Dès le début, il avait pris position, et il envisagea à plusieurs reprises de se mettre au service de la France ; quand on lui proposa, en 1798, une chaire de philosophie à Mayence, il écrivit : " Je n'ai pas de plus grand désir que deconsacrer ma vie au service de la Grande République, en vue de lui former de futurs citoyens.

" Mais la plupart des écrivains allemandscontribuent à faire de l'Allemagne un des hauts lieux de l'idéologie contre-révolutionnaire.

Cette attitude s'explique sur le plan politique par certains excès de la Révolution française et idéologiquement par le poids du romantisme, quiintroduit dans la pensée allemande le thème communautaire fondé sur des éléments de type nouveau, tels que la tradition, la mythologie, la race etsurtout l'histoire.

En réaction contre l'individualisme de l' Aufklärung , le romantisme politique fonde l'État sur la continuité des générations. Développant des thèmes déjà utilisés par Justus Möser L1639 , Rehberg expliquera que " la société est constituée par des membres qui entrent les uns après les autres et en sortent par la mort seulement ".

Rehberg niera la notion de contrat politique, mais c'est surtout Frédéric von Gentz quifera connaître aux Allemands les idées contre-révolutionnaires de Burke L1166 .

Des écrivains comme Novalis L1658 ou les frères Schlegel L1812 cherchent alors à réhabiliter l'Église catholique et commenceront à faire prendre conscience à leurs contemporains de l'existence d'une nation allemande enracinée dans le Moyen Âge, où Novalis L1658 voulait trouver un modèle.

L'influence de la Révolution française qui met en valeur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et l'idée de nation, le poids d'un piétisme quicherche à replacer l'individu dans une communauté nationale, le romantisme qui tend à renouveler la production littéraire en réaction contrel'Aufklärung et le Sturm und Drang KW184 vont aider les Allemands à redécouvrir qu'ils forment une nation.

En Hongrie dépendant des Habsbourg, la situation fut beaucoup plus calme sauf autour de 1794 où l'on assista à devéritables mouvements révolutionnaires réprimés énergiquement par la police.

En Pologne, la situation est tout à fait différente.

L'influence des Lumières s'est marquée par une intense activitéculturelle que soulignent la mise en place de la Commission d'éducation nationale et l'essor de l'Université deCracovie.

En même temps, l'économie s'est fortement développée en particulier l'agriculture et l'industrie prend unedimension nouvelle.

En 179l, une constitution inspirée des principes de la Révolution française est adoptée : encore que modérée, elleconduit les voisins de la Pologne à détruire la " Jacobinière ".

En 1793, Prusse et Russie se partagent d'énormesmorceaux de Pologne.

Une insurrection nationale éclata en 1794 contre ce second partage et la Pologne disparutavec le troisième traité d'octobre 1795, partagée entre Autriche, Russie et Prusse.

En Prusse, d'ailleurs, le gouvernement n'est pas aussi hostile que les Habsbourg à la Révolution.

D'abord, le gouvernement prussien est pluspréoccupé des événements de Pologne que de ceux d'Allemagne occidentale.

En 1793, puis en 1795, la Prusse a participé largement au dépècementde la Pologne qui fait pendant un temps de Varsovie une ville prussienne.

Mais surtout beaucoup, en Prusse, estiment que la Révolution a déjàété faite et que ce qui se passe en France ne les concerne pas.

La meilleure preuve est la publication en 1791 d'un Code général pour les Étatsprussiens, extrêmement libéral pour son temps.

Aussi, dès 1795, la Prusse signe à Bâle un traité de paix avec la République française,reconnaissant à la France son occupation de la rive gauche du Rhin.

Dès lors, la Prusse va tendre à élargir son influence en Allemagne du Nord etse refuse à s'allier à la France contre l'Autriche.

Celle-ci, au contraire, demeure en guerre jusqu'au traité de Campo-Formio (1797) qui, après lesvictoires françaises en Souabe et en Italie, met fin pour quelques mois à la guerre avec la République.

Ce n'est qu'à Lunéville, en 1801, après lecoup d'État de Brumaire KW004 et la prise du pouvoir par Bonaparte P243 , que la paix sera provisoirement rétablie en Europe centrale.

Mais la République française s'était déjà solidement établie sur la rive gauche du Rhin, que l'armée française devait cependant évacuer en 1793 ; laRhénanie ne fut réoccupée que dans le courant de 1794, à l'exception de Mayence qui demeura tête de pont autrichienne jusqu'en 1797.

Tout aulong de cette période, de nouvelles institutions de type démocratique et libéral furent mises en place en Rhénanie.

Certains souhaitaientl'annexion, dont on soulignait l'intérêt financier, industriel et commercial.

La question fit même l'objet d'un concours organisé par un journalparisien, mais le Directoire hésitait.

En 1797, un certain nombre de Rhénans qui souhaitaient l'annexion à la France suggérèrent, au cas où elle nepourrait se faire, la création d'une République sœur, d'une République rhénane, sous l'influence, semble-t-il, du général Hoche P1781 .. »

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