EXPOSÉ SUR L’ŒUVRE « LES CONTEMPLATIONS « DE VICTOR HUGO
Publié le 02/02/2026
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EXPOSÉ SUR L’ŒUVRE « LES CONTEMPLATIONS « DE VICTOR HUGO
INTRODUCTION
Imaginez un livre qui n’est pas seulement une œuvre, mais le journal intime d’une âme, un pont jeté entre la
lumière éclatante de la joie de vivre et l’abîme insondable du deuil le plus profond.
« Les Contemplations »,
le chef-d’œuvre poétique de Victor Hugo, publié en 1856, offre ce voyage poignant.
Plus qu’un simple
recueil de poèmes, c’est une confession lyrique, un itinéraire spirituel où la voix du poète se transforme face
à la tragédie personnelle.
Ce recueil, que Hugo a lui-même qualifié de « miroir », nous invite à explorer les
recoins de l’expérience humaine, de l’amour à la mort, de la nature à la métaphysique.
À travers ce plan,
nous allons découvrir comment la vie de l’auteur a sculpté cette œuvre monumentale, en explorer les six
livres qui la composent, analyser un poème emblématique, et comprendre le style d’écriture et la portée
intemporelle de ce témoignage de l’âme.
I.
BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Victor Hugo (1802-1885) est l’incarnation même du génie romantique français, une figure dont l’influence a
traversé les siècles, tant par ses écrits que par ses engagements humanistes et politiques forcenés.
1.
BIOGRAPHIE
Né à Besançon, Hugo est le fils d’un général de l’Empire, ce qui l’amène à voyager très tôt.
Initialement
royaliste, ses convictions évoluent vers un républicanisme fervent, guidé par une lutte incessante contre
l’injustice sociale.
Son opposition farouche au coup d’État de Napoléon III en 1851 le force à un exil de près
de vingt ans, principalement sur les îles de Jersey et Guernesey.
C’est là, dans la solitude et le recueillement,
qu’il crée une grande partie de son œuvre la plus profonde.
La mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée
dans la Seine en 1843, marque un tournant décisif dans sa vie et son écriture, introduisant une dimension de
deuil et d’interrogation spirituelle intense.
Contexte biographique crucial :
· La mort de sa fille Léopoldine (noyade en 1843) : la césure absolue de sa vie et de l’œuvre.
Distinguer
l’avant (« Autrefois ») et l’après (« Aujourd’hui »).
· L’exil politique (depuis 1851, coup d’État de Napoléon III) : Hugo est à Guernesey.
Le deuil se mêle à la
révolte politique.
· Son projet : Ce n’est pas qu’un journal intime.
Hugo le présente comme « les mémoires d’une âme », un
témoignage universel.
2.
BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Auteur prolifique, Hugo excelle dans tous les genres littéraires :
_ Romans : Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862) sont ses œuvres les plus célèbres, des
fresques sociales et historiques.
_ Poésie : Outre Les Contemplations (1856), on retient Les Orientales (1829) et La Légende des siècles
(1859).
_ Théâtre : La préface de Cromwell (1827) est considérée comme le manifeste du romantisme français,
suivie par le succès retentissant d’Hernani (1830).
II.
DÉCOUVERTE DES 6 LIVRES DES CONTEMPLATIONS
Le recueil est divisé en deux parties, « Autrefois » (1830-1843) et « Aujourd’hui » (1843-1855), séparées
par le choc de la mort de Léopoldine.
Livre I – Aurore : Évoque les souvenirs de jeunesse, les premiers émois amoureux et la découverte de la
nature.
C’est un chant optimiste et lumineux.
Livre II – L’âme en fleur : Continue sur le thème de l’amour, du bonheur familial et de la joie simple, avec
des poèmes dédiés à sa femme Adèle et à ses enfants.
Livre III – Les luttes et les rêves : Introduit des préoccupations sociales et politiques, montrant le poète
engagé, conscient des injustices du monde.
Livre IV – Pauca meae (Quelques vers pour ma fille) : Le cœur déchirant du recueil.
Consacré au deuil de
Léopoldine, ce livre est d’une intensité émotionnelle rare, exprimant une douleur immense et l’absence.
Livre V – En marche : Traduit le cheminement spirituel et philosophique du poète après le drame.
Il explore
la métaphysique, la mort, et l’exil, cherchant un sens à la souffrance.
Livre VI – Au bord de l’infini : Culmine dans une vision mystique de l’univers.
Le poète, désormais voyant,
contemple Dieu et le destin humain, offrant une conclusion philosophique au voyage de son âme.
III.
RÉSUMÉ DE L’ŒUVRE
« Les Contemplations » est un vaste poème autobiographique en vers, le « journal d’une âme », qui retrace
vingt-cinq années de la vie de Hugo.
L’œuvre est construite sur un avant et un après le drame de 1843.
La
première partie est une célébration de la vie, de l’amour et de la nature.
La seconde est dominée par le deuil,
la révolte contre Dieu, puis une acceptation mystique de la mort et une interrogation sur l’au-delà.
Le recueil
passe de la lumière à l’ombre, du bonheur au désespoir, et enfin à une certaine sérénité spirituelle, faisant
écho à l’expérience de l’exil et de la perte.
IV.
COMMENTAIRES SUR LE POÈME « DEMAIN, DÈS L’AUBE… »
Le poème « Demain, dès l’aube… » (Livre IV, poème XXI) est sans doute l’un des plus célèbres et des plus
poignants de la langue française.
Ce court poème, d’une simplicité et d’une pudeur bouleversantes, décrit le pèlerinage annuel de Victor Hugo
sur la tombe de sa fille Léopoldine.
Structure et ton : Composé de trois strophes de quatre vers (quatrains) en rimes croisées, le poème adopte un
ton de confession intime.
Le mètre (alexandrins) est classique, mais la sincérité du propos le rend universel.
Images et symboles : Les images de la nature (« l’aube », « la campagne », « la forêt », « la montagne »)
contrastent avec l’objet final du voyage : une tombe.
Le poète insiste sur son cheminement solitaire,
l’absence de bruit, le silence, qui reflètent son état d’esprit.
La chute finale : Le dernier quatrain révèle la destination.
Le poète ne va pas cueillir des fleurs pour les
mettre sur sa tombe, mais une simple « touffe de bruyère en fleur », geste d’humilité et d’amour éternel.
C’est l’un des exemples les plus frappants du lyrisme hugolien.
Dans le poème « Demain, dès l’aube… », Victor Hugo exprime la douleur du deuil et l’amour profond qu’il
porte à sa fille Léopoldine.
Dès le premier vers, « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne »,
le poète annonce un départ matinal, symbole d’une décision intime et grave.
L’emploi du futur montre sa
détermination à accomplir ce voyage.
Dans le deuxième quatrain, Hugo se coupe du monde extérieur : « Je
marcherai les yeux fixés sur mes pensées, / Sans rien voir au dehors », ce qui traduit son isolement et sa
souffrance intérieure.
La révélation finale donne tout son sens au poème lorsqu’il évoque la tombe de sa
fille : « je mettrai sur ta tombe / Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur ».
Ce geste simple symbolise
un amour fidèle et éternel.
Ainsi, par une écriture sobre et émouvante, Victor Hugo transforme une douleur
personnelle en une émotion universelle, montrant que la poésie permet de faire vivre les morts dans la
mémoire des vivants.
V.
LES GRANDS THÈMES DES « CONTEMPLATIONS » : UNE ÂME À DÉCRYPTER
Les Contemplations sont une symphonie où plusieurs thèmes majeurs s’entremêlent, formant le portrait
complexe d’une âme en deuil qui cherche du sens.
Passons en revue ces thèmes avec des illustrations clés.
1.
Le Deuil et la Douleur : Le Cri et le Tombeau
C’est le thème fondateur, le noyau de douleur autour duquel tout le recueil s’est construit.
La poésie devient
ici l’unique langage capable d’exprimer l’inexprimable.
· Illustration 1 : « Demain, dès l’aube… » (IV, 14)
« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, / Je partirai.
Vois-tu, je sais que tu m’attends.
»
Ce poème est l’antithèse du lyrisme flamboyant.
C’est un poème-silence, un poème-rituel.
Le vers est
dépouillé, la marche est solitaire (« je marcherai les yeux fixés sur mes pensées »).
Il ne décrit pas la tombe,
mais l’acte d’y aller.
La victoire poétique ici est ténue : c’est la simple persistance du geste d’amour, la
certitude que « tu m’attends ».
La douleur est contenue dans ce qui....
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