Analyse du roman Thérèse Desqueyroux de François Mauriac
Publié le 14/01/2026
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Thérèse Desqueyroux – François Mauriac
Biographie :
François Mauriac naît à Bordeaux le 11 octobre 1885 dans une famille bourgeoise très croyante (son père
possédait des terres, banquier et marchand de bois).
Sa mère est une bourgeoise urbaine catholique et
son père propriétaire terriens en Sud Gironde (entre Landes et vignobles).
Malheureusement, il perd son
père lorsqu’il est encore très jeune et reçoit donc une éducation catholique très strique de la part de sa
mère.
(Il est le fil préféré et s’occupe de toutes les affaires familiales)
Après des études de lettres, il se tourne vers la littérature et publie son premier roman en 1913, L’Enfant
chargé de chaînes.
Il connaît le succès dans les années 1920 avec Le Baiser au lépreux, Le Désert de l’amour, et surtout
Thérèse Desqueyroux.
Puis, en 1932, Le Nœud de vipères.
À ce moment-là, il devient l’un des écrivains les
plus importants de son époque.
En 1933, il entre à l’Académie française et reçoit le prix Nobel de littérature en 1952 pour l’ensemble de
son œuvre.
Il meurt à Paris le 1er septembre 1970.
C’est un écrivain complet : François Mauriac a écrit des romans, de la poésie, du théâtre et a aussi exercé
le journalisme, où il a pris position sur de grands enjeux politiques.
Il s’est notamment engagé lors de la
guerre d’Espagne (1936-1939), en dénonçant les massacres et les bombardements : d’abord favorable
aux nationalistes, il se rallie finalement au camp républicain.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il
s’oppose au maréchal Pétain et à la collaboration avec l’Allemagne nazie.
Il publie alors des articles dans
des journaux comme Le Figaro et Temps présent, et publie des livres sous des pseudonyme (Le cahier
noir).
Il acquiert sa notoriété par ses romans, qui font de lui un maître incontesté de l’analyse psychologique.
Ses personnages sont souvent tourmentés, partagés entre le bien et le mal, entre la foi et le doute, et il
met en scène des atmosphères lourdes et oppressantes.
Anecdote : Thérèse Desqueyroux a été reconnue, par le Grand Prix des Meilleurs Romans, comme un des
chefs d’œuvre les plus remarquable du demi-siècle.
Contexte littéraire :
Thérèse Desqueyroux est un roman publié en 1927, dans la période de l’entre-deux-guerres.
C’est une époque marquée par le doute et la remise en question des valeurs traditionnelles après la
Première Guerre mondiale.
Les écrivains s’interrogent sur la condition humaine, sur le mal et sur la
liberté, et mettent beaucoup l’accent sur la psychologie des personnages.
François Mauriac, pour sa part, reste à l’écart des grands courants littéraires de son temps, comme le
surréalisme ou l’existentialisme.
Il ne cherche pas à révolutionner la forme du roman, mais plutôt à
explorer la condition humaine, la religion, la foi et la bourgeoisie à travers une écriture classique.
Thérèse Desqueyroux est considérée comme un roman d’analyse psychologique, centré sur un
personnage et explorant tous les recoins de sa conscience.
Un roman psychologique est un genre littéraire qui s’intéresse surtout à la vie intérieure des
personnages.
Il explore leurs pensées, émotions, sentiments et conflits intérieurs, plutôt que leurs actions.
L’auteur y met en avant les dilemmes moraux et l’évolution psychologique des protagonistes.
Contrairement au roman d’action, il privilégie la réflexion et la compréhension des motivations humaines.
Œuvre globale :
Quand Mauriac écrit Thérèse Desqueyroux, il est déjà un auteur reconnu.
Ce roman s’inscrit dans une série d’œuvres qui se déroulent presque toutes dans le même décor : les
Landes, une région du Sud-Ouest de la France qu’il connaît très bien.
Il disait lui-même :
« Aucun drame ne peut commencer de vivre dans mon esprit si je ne le situe dans les lieux où j’ai toujours
vécu.
»
La plupart de ses romans se déroulent donc dans ce milieu provincial, bourgeois, très conservateur.
L’histoire de Thérèse Desqueyroux se déroule dans la société bourgeoise des Landes, au début du XXᵉ
siècle.
C’est une société traditionnelle, rurale et conservatrice, dominée par quelques grandes familles
propriétaires terriennes.
Tout y est régi par des principes stricts : la religion catholique, le respect de
l’ordre familial imposé par le mari, le poids des convenances et le culte des apparences.
Résumé analytique :
Personnages principaux :
Thérèse Desqueyroux : Personnage principal, c’est une jeune bourgeoise provinciale qui a fait un mariage
de convenance et qui souhaite se libérer du conformisme.
Bernard Desqueyroux : Mari de Thérèse, il suit les règles conformes de la société sans se poser de
questions.
Anne de la Trave : Demi-sœur de Bernard et amie d’enfance de Thérèse.
Elle manifeste des envies de fuir
mais a tôt fait de rentrer dans le rang.
Jean Azévédo : Parisien, il est l’amoureux d’Anne et joue le rôle de détonateur auprès de Thérèse.
Le roman commence par un avis au lecteur, lors duquel Mauriac rappelle un procès auquel il avait assisté
à Bordeaux.
C’était le procès d’une femme qui avait tenté d’empoisonner son mari, car elle aimait un
autre homme.
Il rajoute également une source personnelle, la rencontre d’une jeune femme effacée,
laissé pour compte.
Ce sont ces histoires qui ont inspiré Thérèse Desqueyroux.
Mauriac reprend dans le
roman la jeune femme hagarde et l’empoisonneuse.
L’histoire commence un soir d’automne pluvieux.
Thérèse Desqueyroux sort du palais de justice, libre
grâce à un non-lieu.
Elle est accompagnée de son père et de son avocat, qui la raccompagnent jusqu’à la
gare.
Dans le train qui la ramène vers Argelouse, elle réfléchit à ce qu’elle va dire à son mari, Bernard,
qu’elle a essayé d’empoisonner.
Pendant le trajet, le récit revient en arrière à plusieurs reprises.
On découvre alors l’enfance de Thérèse :
elle a grandi seule, sa mère est morte jeune et son père ne montre pas beaucoup d’affection.
Elle passe
souvent ses étés chez sa tante à Argelouse, où elle se lie d’amitié avec Anne de la Trave.
Anne est la demi-sœur de Bernard Desqueyroux, qui possède lui aussi des terres.
Les deux familles
trouvent donc logique que Thérèse et Bernard se marient, afin d’unir leurs propriétés.
Ce mariage n’est
pas un mariage d’amour, mais plutôt un mariage d’intérêt.
Thérèse, elle, espère ainsi rester proche
d’Anne.
Mais rapidement, elle se sent enfermée dans ce mariage et incomprise par son mari.
Elle ne
partage ni les valeurs ni les habitudes de la société bourgeoise dans laquelle elle vit.
Un jour, Thérèse apprend qu’Anne est tombée amoureuse d’un jeune Parisien, Jean Azévédo.
La famille s’y
oppose parce qu’il est juif.
Jalouse de cet amour qu’elle n’a jamais connu, Thérèse choisit pourtant de se
ranger du côté de la famille d’Anne.
Elle essaie donc de séparer Anne de Jean, et la convainc de partir en
voyage avec ses parents, même si en réalité Anne souhaiterait partir avec Jean et l’épouser.
Anne qui n’est
d’abord par convaincu, finit par écouter Thérèse et part, en faisant promettre à Thérèse de rencontrer Jean
et de lui parler.
Quand elle rencontre Jean, celui-ci lui dit qu’il n’a aucune intention de marier Anne et tous
les deux décident d’écrire une lettre de rupture pour Anne.
Celle-ci, le cœur briser, revient en catastrophe
de son mariage et accuse Thérèse de l’avoir trahie.
C’est ce que va marquer la fin de l’amitié entre Thérèse
et Anne.
Anne finit par se faire enfermer par son frère dans sa maison et elle tombe en dépression.
Lors de
la rencontre de Thérèse avec Jean, il lui décrit Paris, la liberté, la vie intellectuelle — tout ce dont Thérèse
rêve.
Cette rencontre agit comme un déclencheur : elle lui fait prendre conscience de son propre
enfermement.
C’est peu après cet épisode que Thérèse commence à empoisonner Bernard.
Un jour d’incendie, Bernard
prend accidentellement une double dose d’arsenic, et Thérèse, qui le remarque, ne dit rien.
Quand elle
voit qu’il tombe malade, elle continue d’augmenter la dose chaque jour.
D’abord, elle veut seulement «
voir ce que cela fait », puis elle continue sans réfléchir.
Elle falsifie même des ordonnances pour obtenir
plus de poison.
Son geste n’est pas vraiment réfléchi : elle agit comme un automate, sans comprendre elle-même ce qui
la pousse à faire cela.
C’est ce qui rend son personnage si complexe : Thérèse n’est ni totalement
coupable ni totalement innocente.
Quand l’affaire éclate, Bernard ne veut pas que le scandale détruise leur réputation.
Il fait donc un fax
témoignage au tribunal, de même que le reste de la famille, pour que Thérèse n’aille pas en prison.
Cependant, Bernard enferme Thérèse dans leur maison à Argelouse.
Pendant cette période, elle dépérit :
elle ne mange presque plus, fume beaucoup et passe ses journées à attendre.
Elle pense même parfois à
se suicider avec le poison qu’il lui reste.
C’est comme une prison pour elle.
Quelques mois plus tard, Bernard, pris de pitié, décide de la libérer et de l’emmener à Paris pour qu’elle
puisse recommencer une nouvelle vie.
La dernière scène se passe sur la terrasse d’un café.
Bernard lui demande pourquoi elle a voulu le tuer.
Thérèse ne répond pas, car elle sait qu’il ne pourrait pas comprendre.
Ainsi, Thérèse reste un personnage mystérieux : à la....
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