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analyse linéaire Vénus Anadyomène

Publié le 25/04/2026

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« VENUS ANADYOMENE - ANALYSE LINÉAIRE 1 5 TEXTE ÉTUDIÉ Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête De femme à cheveux bruns fortement pommadés D’une vieille baignoire émerge, lente et bête, Avec des déficits assez mal ravaudés; Puis le col gras et gris, les larges omoplates Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort; Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor; La graisse sous la peau paraît en feuilles plates; L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût 10 Horrible étrangement; on remarque surtout Des singularités qu’il faut voir à la loupe… Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus; – Et tout ce corps remue et tend sa large croupe 14 Belle hideusement d’un ulcère à l’anus. INTRODUCTION En 1870, lorsque Arthur Rimbaud remplit son Cahier de Douai de ses poèmes, il n’a que seize ans.

Encore tout rempli de ses modèles (Victor Hugo, Charles Baudelaire, Théodore de Banville), il adopte volontiers leur style, leurs formes et leurs thèmes, mais le souffle de la révolte déjà le lance sur des voies novatrices.

« Vénus Anadyomène », notamment, s’appuie sur la tradition mythique de Vénus sortant des eaux de la mer, peinte dans l’antiquité et à la Renaissance, par exemple par Botticelli, et encore plus récemment par Ingres.

Mais dans son réalisme parodique, Rimbaud ici rappelle davantage les nus d’un Toulouse-Lautrec : c’est une prostituée qu’il peint dans ce sonnet d’alexandrins, qui invite ainsi à se poser la question de savoir dans quelle mesure il s’émancipe d’une tradition. [Lecture : comme pour Mallarmé, tenir compte à la fois des règles classiques de la prosodie et de la structure grammaticale, donc des enjambements.

Cette fois l’ironie domine : le poème n’a rien d’exalté.] Mouvements du texte : Vue d’ensemble de la femme : strophe 1. Dos de la femme : strophe 2. Bas du dos : strophe 3. Fesses : strophe 4. Mouvement 1 : Le poème est un sonnet irrégulier : le schéma de rimes n’est pas le même du premier au second quatrain.

L’alexandrin est volontiers disloqué, comme chez Victor Hugo.

Le contrerejet “une tête” (sujet de “émerge”) est typique sous ce rapport. Cela permet d’ailleurs de faire valoir cette “tête”, tête que le poète va se payer… C’est l’objet du premier mouvement.

Elle est mêlée par le verbe au mythe de Vénus sortant des eaux, puisqu’elle émerge.

Ici l’emploi de ce verbe est peut-être parodique, car émerger d’une baignoire se dit analogiquement et métaphoriquement, notamment dans le parler populaire. La baignoire fait l’objet d’une comparaison par “comme” qui indique la nature de mortevivante de la femme, comme si Vénus était elle-même une déesse morte (thème de certains récits fantastiques, comme ceux de Théophile Gautier ou de Jean Ray).

Comble d’indignité, la matière indique la vieillesse et l’usure, en même temps que l’absence de préciosité : le “fer blanc” est “vert”.

Le jeu des couleurs crée un effet d’ironie immédiat.

“En fer blanc” commence l’hémistiche 2 du v.

1, ce qui le fait ressortir encore. Les cheveux bruns surprennent, car Vénus est représentée blonde.

Mais l’hém.

2 du v.

2, avec ses deux mots de 3 syllabes, insistent sur un trait d’un réalisme assez bas, les cheveux sont “pommadés”. L’usure se voit aussi dans l’adjectif dépréciatif “vieille”. “Lente et bête”, rimant avec “tête” que justement ils qualifient en fonction attribut, sont quasi redondants, la bêtise étant traditionnellement liée à la lenteur, comme avec les vaches par exemple.

“Assez mal” est un euphémisme pour une laideur caractérisée. “Déficits” ne se dit pas d’un corps humain, c’est dépréciatif.

“Ravaudés” se dit d’un tissu, c’est également dépréciatif, en même temps que métaphorique.

Rimbaud veut dire que le visage laid a été arrangé par un maquillage maladroit. Mouvement 2 : “Puis” indique que le regard baisse vers le dos jusqu’aux reins. “Gras et gris”, dépréciatifs et inquiétants, résonnent par l’allitération. “Larges” est dépréciatif par comparaison avec Vénus, fine. Le rejet de la proposition relative en début de vers 6, “Qui saillent”, fait ressortir le sens, et crée une image monstrueuse. L’adjectif “court” renvoie aussi par contraste aux représentations de Vénus, toujours élancée et fine. Les deux propositions relatives “qui rentre et qui ressort”, pour des verbes s’utilisant normalement pour des mouvements, réduisent la femme à une sorte de cube informe. La reprise de l’adverbe “puis” indique que le regard continue à descendre, par étapes.

La modalisation de “semblent” ici est forte, il faut comprendre : illusion.

On s’attend, enfin, à ce que quelque chose de Vénus apparaisse, au moins la rondeur des fesses.

Mais le vers 4, sans prévenir par un correcteur, ramène au réel : la métaphore des “feuilles plates” contredit les rondeurs promises, à cause de la “graisse” : la femme, grosse, est rendue informe par le gras.

C’est un polyptote, car l’adjectif “gras” a déjà été utilisé. La préposition “sous” est en opposition probable avec “semblent” : la peau semble, mais dessous, la graisse ! Mouvement 3 : On se concentre sur le dos avec un nom, “échine”, qui se.... »

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