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Beaucoup de nos contemporains voudraient s'évader de la morosité quotidienne par le rire, même si le comique peut sembler à certains traverser une véritable crise. A partir d'exemples variés empruntés à la littérature ou aux moyens modernes d'expression, vous direz ce que vous attendez aujourd'hui d'une œuvre comique, qu'elle soit ancienne ou contemporaine.

Publié le 22/02/2011

Extrait du document

Le libellé se présente en deux temps : a) D'abord, une réflexion globale sur ce que souhaitent « nos contemporains «. Une hypothèse est, alors, avancée : « s'évader de la morosité quotidienne «. A cette idée s'ajoute la notion de crise. b) Par la suite, le sujet demande à l'élève une réflexion personnelle : « vous direz ce que vous attendez aujourd'hui d'une œuvre comique «. Il est évident que l'élève doit se demander si l'évasion loin de la morosité constitue l'essentiel de son attente. Accessoirement, il mettra en cause cette morosité. La vie quotidienne peut être perçue de façon agréable, sans que, pour autant, on néglige les occasions de rire. Enfin, on note une sorte de hiatus entre la notion de crise relevée précédemment et la demande personnelle de l'élève à l'égard du comique. Comment combler cet écart ? En se demandant si l'attente trouve satisfaction, si la production d'œuvres comiques répond aux besoins exprimés.

« a) Nombreuses sont les œuvres qui répondent au désir de se délasser.

Les farces avec le comique gestuel, le cirque,la bouffonnerie ; l'exubérance de certaines pages de Rabelais procurent une joie sans partage.

Cette veine seretrouve dans les films muets avec Laurel et Hardy, Buster Keaton, Charles Chaplin et bien d'autres.

Les chutes, lescélèbres tartes à la crème, les courses, autant d'images qui provoquent l'hilarité.Ces films, ces œuvres rompent d'autant plus avec « la morosité quotidienne » qu'ils transportent le lecteur ou lespectateur dans un monde ancien.

A la vertu du rire s'ajoute celle du dépaysement.

Ce style correspond bien à unbesoin : en témoigne le succès de films comiques contemporains, comme ceux de Gérard Oury, ou la série del'équipe du Splendid ou encore les prestations de certains fantaisistes.Le public réserve, généralement, un accueil favorable aux productions amusantes.

On pensera aussi à certainesémissions de la radio ou de la télévision : les jeux, les sketches, l'esprit de certains présentateurs, comme Fabrice,apportent une bonne humeur salutaire.b) Il n'est peut-être pas nécessaire d'éprouver un certain mal de vivre pour prendre plaisir à ces réalisations.

Ellesséduiront peut-être plus facilement un tempérament gai, qui juge que la vie n'est pas si morose ni si désagréable.Phrase de transition : Mais pour un jeune, et particulièrement pour un élève au cours de sa scolarité, le comiquepeut être l'occasion d'aborder « les grands problèmes » d'une façon plaisante et peu ennuyeuse. 2.

Attendre une occasion de critiquer ce qui nous entoure a) Sans être particulièrement aigri, l'adolescent perçoit déjà les forces qui le contraignent.

Il peut vouloir prendreune revanche sur elles et le rire devient alors une réaction de défense.

Englué dans les petites misères du quotidien,dans ses mesquineries, le spectateur rit avec Zouc ou Bedos.

Agacé par certaines professions, il prend unerevanche par le rire.

Pour échapper au poids du pouvoir, de l'autorité - notion à laquelle un jeune estparticulièrement sensible - on raille tel ou tel puissant de ce monde.

De là, sans doute, le succès des caricatures oude certaines imitations.

Ici, ce n'est pas l'électeur qui parle, mais l'adolescent qui se moque de l'autorité. Le comique porte sur les mœurs, il s'attaque aussi à des classes sociales déterminées : l'aristocratie est la cible deBeaumarchais dans Le Mariage de Figaro.

Ici, il serait intéressant de distinguer les œuvres anciennes etcontemporaines : la réalité sociale a changé et les critiques de Molière contre les médecins font sans doute rire,mais la portée critique n'est plus perçue dans toute son intensité.b) L'élève peut aussi attendre du comique une satire agressive du comportement humain.

Cette tendance s'estparticulièrement illustrée dans un certain cinéma italien : Affreux, bêtes et méchants d'Ettore Scola, Pain etChocolat de Brusat critiquent férocement la société et les mœurs de ce pays.

La caricature, avec Chaval ou Reiser,satisfait certainement ce goût, sorte de règlement de compte du lecteur avec son époque.

La moquerie peutprendre un tour plus général avec les comédies de Molière où un trait de caractère se trouve stigmatisé : L'Avare,Le Misanthrope.

En riant, le spectateur définit à contrario les valeurs auxquelles il croit.

En effet, un individu peutêtre raillé mais le plus souvent, c'est un vice, un travers qui se trouvent attaqués. 3.

Une vertu thérapeutique a) Au-delà du plaisir de se délasser (1re partie) et de critiquer (2e partie), il est probable que l'élève, commen'importe quelle personne, attend du rire un certain équilibre.

Cette aspiration est plus ou moins consciente.A travers la moquerie, ce n'est pas toujours l'autre que l'on brocarde, mais une part de soi que l'on refuse ou que lecomique oblige à refuser.b) Celui qui rit se sent supérieur, et ce peut être une façon de se valoriser à ses propres yeux.

Sur un plan assez «gentil », certains films mettent des jeunes en scène et c'est pour cet âge une manière de se reconnaître tout enprenant des distances.c) Ces deux « vertus » (critique de soi et valorisation) sont d'autant plus efficaces que le rire se produit en groupe.Une sorte de sympathie naît alors entre les spectateurs, heureux d'avoir éprouvé la même joie et de l'avoirextériorisée ensemble.

Le comique assure donc la cohésion des rieurs puisqu'un instant de bonheur les relie...

et peuimporte si la cause de ce rire n'est pas très noble.

Sentiment propre à tout spectacle, dira-t-on ? Davantage : ladétente se manifeste physiquement par l'éclat de rire, et la présence des autres se perçoit directement. d) Cette attente est-elle souvent déçue et peut-on parler de crise ? Siles grands classiques sont reconnus, il est vrai que les productions actuelles sont facilement décriées.

A juste titreou à tort ? A l'élève de le dire.

On remarquera que les films comiques sont rarement primés.

Toutefois, le dernierCésar a été décerné à Claude Zidi pour Les Ripoux, le film de Woody Alen, La Rose rouge du Caire, a été salué par lacritique (il est vrai que la fantaisie et une certaine poésie se mêlent dans cette réalisation), enfin un film comme LesDieux sont tombés sur la tête renouait avec la veine d'un comique aux multiples facettes.

Les raisons de la crisepeuvent provenir également de l'époque contemporaine.

Dans ce cas, il convient de s'interroger brièvement sur cequi nuit à l'éclosion du comique : la morosité, le développement d'un certain individualisme, la prise de conscience dela situation internationale, etc. introduction. »

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