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Bien des personnages créés pour et par la littérature, le théâtre ou le cinéma peuvent acquérir la dimension d'un véritable mythe. Leur nom propre devient même, parfois, un nom commun, un tartuffe, un tarzan, par exemple... A quoi cela est-il dû ? A quoi cela répond-il ? A quelles conditions est-ce possible ?

Publié le 09/03/2011

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Introduction • Sens étymologique de mythe - « muthos « en grec ancien signifie « fable «, « histoire merveilleuse «. • Sens actuel beaucoup plus large et complexe : « récit symbolique où les hommes déchiffrent un sens qui les regarde encore. « (Simone Fraisse) • Mais ce mot peut aussi représenter le héros ou l'héroïne autour duquel est tracé ce récit, lui-même constitué de son histoire et de ses exploits. • Ce dernier en effet, qui se détache de par son exemplarité, se hisse au niveau d'un type, puisqu'on fait souvent de son nom propre un nom commun, en même temps qu'il devient fréquemment le centre d'un mythe qui échappe à ses origines et peut évoluer, se transformer au cours des siècles.

« • Ils sont bien des mythes, leur filiation est certaine, mais c'est ordinairement la légende qui est passée à l'art (10).S'ils se trouvent dans ce royaume si intense et exceptionnel où ils existent à part entière, c'est que le créateur estparvenu par le biais de son art à « orchestrer ce qui était déjà un mythe à l'état latent » Id.) (9). • Enfin d'autres personnages parviennent à la fois à échapper au Moi du créateur, à prendre les dimensions d'unhéros de l'humanité, représentant une valeur idéale, et à avoir été pure créature de l'artiste. • Ils sont de ceux dont le créateur, devenu un véritable démiurge, « créent sur le papier [ou dans tout autre art]...comme des êtres créés par Dieu » (9) (Goncourt).

Renart, Tartuffe, Figaro, Gavroche, Tarzan...

bien qu'ayant uneorigine artistique échappent à leur domaine un peu élitiste pour devenir types populaires, suivant un courant inversedu précédent; ici l'art crée la légende, ce n'est plus la légende qui est fixée par l'Art (11). • Mais le résultat est le même, ils sont devenus des mythes (12), prenant « place dans la mémoire du monde...comme ayant eu une vraie vie sur la terre.

» (Goncourt) II.

Vie du mythe. • Quelle que soit la direction qui a permis son éclosion, partant de la légende utilisée et comme codifiée par lecréateur, ou sorti entièrement du génie de ce dernier, ce mythe, pour l'être définitivement, doit vivre en dépassantle moment où l'art lui avait donné ses dimensions. • Or vivre = non seulement se maintenir à travers les siècles, mais - comme un être humain - évoluer tout enconservant des éléments spécifiques. • Les grands mythes acquièrent dans le Temps, une force d'éternité. Exemple parfait : Renart, c'est le prénom du goupil, nom commun qui désigne le vulpes latin, dans Le Roman deRenart; - l'intense vitalité du personnage, - l'utilisation de l'acte répétitif pour le représenter (il trompe et vole tout le monde), - une certaine signification du personnage qui devient trait de caractère toujours conduit jusqu'au bout de satendance : la ruse et la fourberie - alors que dans la vie l'homme n'ose ordinairement pas le pousser complètementainsi; - voilà des éléments qui lui permettent de s'accorder de façon absolue à l'image par laquelle on se représentespécifiquement et traditionnellement le goupil; - le nom commun venu de l'évolution philologique disparaît donc au profit du prénom devenu symbole si parfait qu'ilpasse au stade représentatif de toute l'espèce et se fixe en « renard » nom qui désigne depuis l'animal; - quant à la filiation nous la trouvons par exemple dans le sens dérivé de : « homme rusé ». • Parallèlement le mythe s'accompagne sur le plan moral d'une valeur d'universalité. • Simplifié par le processus artistique, il l'est aussi ensuite par la postérité qui l'adopte. • Ainsi pour créer un avare-type, Molière a saisi tels ou tels traits un peu partout et les a concentrés sur un seulpersonnage, Harpagon.

• Quand, plusieurs siècles plus tard, on dit d'un avare qu'il est « un harpagon », on lui donne, quels que soient lemilieu ou l'époque historique où il se trouve la même valeur de généralisation. • Il obtient d'ailleurs nuances et relativité.

On ne se soucie guère de l'âge d'Andromaque, de la couleur de sescheveux ou de ses yeux, on lui attribue une tenue et un port de taille, parce que ce sont ces éléments qui sont enaccord avec sa représentativité.

D'où certaines difficultés d'adaptations littéraires au cinéma. • Par contre Tarzan, Popeye, ou Zorro, héros représentés en dessins ou images, acquièrent leurs simplification etgénéralisation de cette sorte de représentation et non de l'écriture et demeurent pour tous sous une forme imagéeprécise (cape noire, vaste chapeau noir, masque noir, silhouette élégante, pour Zorro par exemple) qui ne peut plusse transformer dans ses grandes lignes. • A partir de ces quelques traits donc la postérité agrandit ces types mythiques au niveau de la stylisation,gommant les détails qui deviennent inutilités, car leur suppression permet à chaque siècle et à chacun de donner autype les nuances qu'il désire et ainsi de le faire sien.. »

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