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commentaire les caracteres (1688) Jean de la Bruyere

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bruyere
L'homme est un animal raisonnable. Qui vous a passé cette définition ? sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l'êtes accordée à vous-mêmes ? C'est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu'il y a de pire, pour prendre pour vous ce qu'il y a de meilleur. Laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme il s'oublieront et comme vous serez traités. Je ne parle point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices, qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement leur petit train, et qui suivent sans varier l'instinct de leur nature ; mais écoutez-moi un moment. Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix : "Voilà un bon oiseau"; et d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : "C'est un bon lévrier." Je consens aussi que vous disiez d'un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l'atteint et qui le perce : "Voilà un brave homme. "Mais si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent et se déchirent, vous dites : "Voilà de sots animaux" ; et vous prenez un bâton pour les séparer. Que si l'on vous disait que tous les chats d'un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu'après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jeté...

« · "animaux raisonnable" représente les hommes en général, ce qui différencie les hommes des animaux. B. Une intelligence au service du mal · Le caractère "raisonnable" des hommes, leur supériorité sur les animaux réside finalement dans leur capacité à inventer des armes de plus en plus meurtrières comme le démontre La Bruyère à la fin du texte. · Le moraliste ne définit pas les armes : il décrit brièvement dans jamais les nommer. D'ailleurs, il utilise un euphémisme pour définir les fusils : "de petits globes". · Le champ lexical des armes est présent dans tout le texte : "les lances, les piques, les dars, les sabres, les cimetières", "instruments commodes", "plus pesant et plus massif", "ceux qui tombant sur vos toits". · Ainsi La Bruyère parvient de façon ironique à remettre en cause l'intelligence de l'homme. II) L'absurdité de la guerre A. L'interpellation des hommes · Afin de démontrer l'absurdité de la guerre, l'auteur interpelle les hommes grâce à différents procédés. Le texte entier est une apostrophe au lecteur, ce que nous pouvons voir dès le début : "Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ?", l'auteur attire ainsi l'attention du lecteur pour le toucher davantage. · Il multiplie les adresses directes sous forme de questions qui sont présentes après chaque comparaison. · Le lecteur est lui-même interpellé mais il est aussi pris à témoin. · La Bruyère engage donc un dialogue fictif avec le lecteur. Cette situation d'énonciation originale donne la force à la polémique du texte. B. Un moteur : la gloire · Le nom "gloire" est utilisé à deux reprises dans le texte. De plus, notons que l'on trouve deux parties dans l'extrait : dans la première partie, il est question des animaux puis dans la deuxième, il est question des hommes. Le substantif "gloire" est utilisé pour conclure chacune des sous-parties. · La Bruyère personnifie la gloire à la fin du texte notamment avec les verbes gésir et aimer : "où gît la gloire", "elle aime". Cette personnification tend à prouver que tout est au service de la gloire. · Selon l'auteur, la gloire est une valeur négative car elle est à l'origine d'un "carnage" et d'un "grand fracas". D'ailleurs, on trouve le champ lexical de la bataille : "s'affrontent", "se mordent", "se déchirent", "fureur", "détruit", "anéantir", "arracher", "égratiner", "couler votre sang", "exterminer". · L'orgueil des hommes est ainsi dénoncé. »

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