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Électre, Acte II, scène 7, p. 105 du Livre de poche, tirade d’Égisthe, de « puissances du monde... », à « ... On ne m’avait pas donné l’Orient. »

Extrait du document

Un lieu et un moment privilégiés. La colline constitue un « haut lieu » symbolique d'une révélation, comme dans la Bible, et de la condition royale, au-dessus des sujets. Le brouillard qui se dissipe pour faire place au soleil a également une valeur symbolique : il s'agit d'Égisthe, personnage mal défini et vicieux, métamorphosé en roi.

La métamorphose d'Égisthe est marquée par l'opposition entre sa fatigue de général ayant passé la nuit à préparer la bataille, soulignée par l'imparfait et les trois participes (« descendu », « fatigué », « adossé »), et la soudaineté de l'apparition d'une Argos neuve sous le soleil (« soudain »). La métamorphose symétrique d'Argos se retrouve également dans trois qualifiants, « jamais vue », « neuve », « recréée pour moi », en liaison avec l'idée du don, répétée plusieurs fois, comme pour marquer le bonheur d'Égisthe.

Électre de Giraudoux

« Éléments d'analyse L'énonciation: dès les premiers mots, les deux pôles de l'énonciation ore et 2e personnes) sont indiqués : le vocatif« puissances du monde» (souligné par l'interjection) repris ensuite par« vous», et« je». Un troisième élément, Argos, l'objet du don, intervient. L'énoncé fondamental est donc:« Je vous remercie du don d'Argos ».À la ligne 19, les «puissances du monde» deviennent «Dieu», au singulier, et celui-ci devient a son tour le sujet de l'énoncé : « Dieu ne mesure pas ses cadeaux.» À la ligne 26, «Dieu» se réduit à« on». · À la ligne 13, un nouveau vocatif intervient: «Électre», en incise . L'énoncé fondamental devient à la fin du texte : « Tu vois, Électre, que Dieu («on ») ·ne m'a pas donné plus qu'Argos . » L'énonciation de type discursif fait donc place à une énonciation plus familière, de type réflexif. Modalités de l'énoncé: la première partie est mise sous le signe de l'obligation Ge dois vous invoquer), à la fois officielle (les circonstances .l'exigent), et morale (Égisthe veut exprimer sa reconnaissance aux dieux.) La deuxième, à partir de la ligne 17, est mise sous le signe de l'angoisse : «je me demandais avec angoisse», «c'eût été affreux»,« anxieusement». Les temps des verbes oscillent entre le présent d'actualité ; «je dois vous invoquer», d'éternité: «la colline qui surplombe Argos», de vérité générale: «Dieu ne mesure pas ses cadeaux»; et divers temps du passé : imparfait de durée : «j'étais adossé au talus», «je me demandais», passé composé à valeur perfective (idée d'achèvement à résultat durable) : « ce don que vous m'avez fait», «vous m'avez montré Argos», «j'ai reçu ma ville » ; la valeur perfective est soulignée par la locution adverbiale « pour toujours » ; conditionnel passé 2e forme, qui marque le « regret» : « c'eût été affreux». Style oratoire : la solennité du ton est soulignée par le rythme régulier des phrases longues, bien équilibrées, et par les répétitions . Par exemple la première phrase est composée d'éléments entre virgule s comprenant un nombre pair de syllabes, de 6 à 12. Les répétitions des mots importants: don, donner, Argos, qui revient 6 fois, pour toujours, c'eOt été. On trouve même des allitérations : grincement, cri. »

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