explication linéaire lettre 31 "lettres d'une péruvienne"
Publié le 03/02/2026
Extrait du document
«
Françoise de GRAFFIGNY, Lettres d’une péruvienne, 1747-1752
Parcours « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux »
Explication linéaire
La condition des femmes françaises, Lettre XXXI,
du début à « ...les hommes entre eux ne se méprisaient qu’avec ménagement »
Introduction
petite biogr de FdeG
Œuvre : Lettres d’une Péruvienne est un roman épistolaire publié anonymement qui
connaît un immense succès.
=Dispositif du regard étranger pour porter un œil neuf sur
les coutumes françaises
plaidoyer pour le droit à la différence et une défense de l’émancipation des femmes.
Résumé du roman
Les lettres permettent de donner la parole directement à l’héroïne Société de Louis XV
Genre : Argumentation indirecte et roman épistolaire
Lettre 31 : écrite à la main, Z.
constate que l’hypocrisie (déjà dénoncée ds ses lettres)
est un instrument de domination des femmes
Problématique
Comment , grâce au regard d’une étrangère, la romancière critique-t-elle la place
réservée aux femmes dans la société française du XVIIIme siècle ?
Mouvements
Les réflexions de l’épistolière §1
La dénonciation de l’hypocrisie masculine § 2 et 3
Deux conceptions antithétiques de la condition féminine §4, 5
LECTURE EXPRESSIVE
Les réflexions de l’épistolière §1
Une entrée en matière particulièrement efficace
1re pers sg + destinataire mon cher Aza (répété §2)
D’emblée, l’épistolière met en place une antithèse frappante,,entre l’absence de surprise Il
n’est pas surprenant et l’étonnement marqué, je ne puis assez m’étonner, + connecteur mais
ce qui crée un effet de contraste captant l’attention du lecteur.
Le propos se fait ensuite satirique envers les mœurs des Français, en suivant une
gradation : de l’inconséquence / léger / on passe à une critique plus incisive, à des
contradictions choquantes
L’association du terme lumières avec l’idée d’un manque de discernement ils ne
semblent pas apercevoir crée un paradoxe et rend le propos percutant.
Enfin, en utilisant le dispositif du regard étranger, en attribuant ici aux étrangers une
lucidité que les Français n’auraient pas (ne pas apercevoir + négation totale), la narratrice
compare les frç aux autres nations en gal et elle se montre comme un sage, renforçant la
légitimité de son regard critique.
Les progrès de Zilia
elle a considérablement progressé, tant dans sa maîtrise de la langue que dans sa capacité à
analyser le monde qui l’entoure,
Zilia manie avec aisance des structures complexes, en soulignant des paradoxes dans le
comportement des Français.
Elle utilise désormais une syntaxe élaborée faite de relations de subordination et elle emploie
un vocabulaire abstrait et précis inconséquence, caractère léger, contradictions choquantes.
Tous ces éléments sont la preuve d’une assimilation de la langue française.
Rappelons aussi que Zilia est désormais capable d’écrire des lettres (depuis la XIXme
lettre) cela lui permettant d’être bien plus subtile dans ses idées qu’avec les quipos.
Enfin, nous pouvons remarquer que Zilia ne se contente plus de comparer la France au
Pérou, mais élargit son analyse à une perspective plus universelle, preuve d’une pensée
plus généralisante.
En somme, Zilia démontre qu’elle a atteint une maturité intellectuelle remarquable.
Un portrait moral des français, entre éloge et blâme
Tout d’abord, Zilia reconnaît aux Français une grande intelligence et une supériorité
culturelle en affirmant qu’ils possèdent autant et plus de lumières qu’aucune autre
nation .
Cette référence aux Lumières les associe au progrès et à la raison.
Mais Zilia dénonce aussi leur caractère léger et inconséquent, qui les empêche de
tirer parti de leur propre intelligence.
Le lexique de l’incohérence inconséquence, contradictions choquantes souligne cette
faiblesse, tandis que la mention des étrangers accentue l’ironie : comment un peuple aussi
éclairé peut-il être aveugle à ses propres défauts ? Le portrait des Français par la jeune
Péruvienne ne repose pas sur un rejet définitif, mais sur une incompréhension teintée
d’étonnement
La dénonciation de l’hypocrisie masculine § 2 et 3
* La préoccupation de Zilia quant au sort des femmes
Zilia révèle enfin en quoi consistent celles (les contradictions choquantes) qu’elle
pointait du doigt et celles-ci touchent au sort qui est réservé aux femmes en France = lien
entre les 2 §
Cette thématique de la condition féminine semble tenir à cœur à Zilia, comme l’exprime
l’utilisation qu’elle fait ici de trois formulations hyperboliques :
Parmi le grand nombre de celles qui me frappent
tous les jours
point de plus déshonorante
Il semble qu’il y ait, de la part de la jeune fille, comme un sentiment d’urgence à
exprimer l’intensité du scandale qu’elle éprouve face à la manière dont les femmes sont
traitées – ce qui annonce qu’elle va se faire la porte-parole d’un discours féministe.
* intention persuasive des nombreuses antithèses
Mme de Graffigny utilise des antithèses pour dénoncer l’hypocrisie de la société
française et l’injustice du sort des femmes.
L’antithèse principale Ils les respectent […] et en même temps ils les méprisent avec un égal
excès met en lumière une incohérence fondamentale : les Français affichent un respect de
façade envers les femmes tout en les méprisant profondément.
Par la suite, l’épistolière oppose d’une part hommes et femmes, et d’autre part,
différentes catégories sociales
La structure s’organise en chiasme du plus haut rang / de la plus vile condition »,
le moins considérable / femme de mérite
Ainsi, Zilia souligne le paradoxe qui existe entre l’égalité de traitement en apparence
(ce qu’on nomme la politesse) et l’inégalité de fait qui témoigne du mépris profond des
hommes pour les femmes.
* Dans quelle mesure ces considérations sur la politesse à l’égard des femmes
participent-elles d’une réflexion plus large sur la toute-puissance des apparences dans
la société française du XVIIIe siècle ?
Zilia met en évidence une contradiction majeure
chlexde la réputation : honte ridicule calomnie ,
la réputation relève bien de ce souci permanent de l’apparence.
Pourtant, là où les hommes
ont à cœur de protéger leur réputation, il n’en....
»
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