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Lettre à Monsieur Bagieu - VOLTAIRE, Correspondance Pléiade III (commentaire)

Publié le 04/11/2016

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voltaire

Lettre à Monsieur Bagieu (1)

A Berlin, le 19 décembre 1752

 

Votre lettre, monsieur, vos offres touchantes, vos conseils font sur moi la plus vive impression, et me pénètrent de reconnaissance. Je voudrais pouvoir partir tout à l’heure et venir me mettre entre vos mains et dans les bras de ma famille. J’ai apporté à Berlin environ une vingtaine de dents, il m’en reste à peu près six; j’ai apporté deux yeux, j’en ai presque perdu un; je n’avais point d’érysipéle (2), et j’en ai gagné un que je ménage beaucoup. Je n’ai pas l’air d’un jeune homme à marier, mais je considère que j’ai vécu près de soixante ans, que cela est fort honnête, que Pascal et Alexandre n’ont vécu qu’environ la moitié, et que tout le monde n’est pas né pour aller dîner à l’autre bout de Paris, à quatre-vingt-dix-huit ans comme Fontenelle. La nature a donné à ce qu’on appelle mon âme un étui des plus minces et des plus misérables. Cependant j’ai enterré presque tous mes médecins, et jusqu’à La Métrie. Il ne me manque plus que d’enterrer Codénius, médecin du roi de Prusse; mais celui a la mine de vivre plus longtemps que moi; du moins je ne mourrai pas de sa façon. Il me donne quelquefois de longues ordonnances en allemand; je les jette au feu, et je n’en suis pas plus mal. C’est un fort bon homme, et il en sait tout autant que les autres; et, quand il voit que mes dents tombent, et que je suis attaqué du scorbut, il dit que j’ai une affection scorbutique. Il y a de grands philosophes qui prétendent qu’on peut vivre aussi longtemps que Mathusalem, en se bouchant tous les pores, et en vivant comme un ver à soie dans sa coque; car nous avons à Berlin des vers à soie et des beaux esprits transplantés. Je ne sais pas si ces manufactures-là réussiront; tout ce que je sais, c’est que je ne

VOLTAIRE, Correspondance Pléiade III 

Vous présenterez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez par exemple essayer de caractériser la manière de Voltaire dans le portrait qu’il trace ici de lui-même et le jugement qu’il porte sur certains de ses contemporains.

voltaire

« suis point du tout en état de voyager cet biver.

Je me suis fait un p rintemps avec les poêles; et quand le vrai printemps sera revenu, je compte bien, si je suis en vie, vous apporter mon squelette.

Vous le dis uerez, si vous voulez.

Vous y trouverez un cœur qui palpitera encore des sentiments de reconnaissance et d'attache­ ment que vous lui inspirez.

Soyez persuadé, monsieur, que, tant que je vivrai, je vous regarderai comme un homme qui fait hon­ neur au plus utile de tous les arts, et comme le plus obligeant et le plus aimable du monde.

VOL TAIRE, Correspondance Pléiade Ill Vo us présenterez de ce texte un commentaire composé.

Vous pourrez par exemple essayer de caractériser la manière de Vol­ taire dans Je portrait qu'il trace ici de lui-même et le ju gement qu 'il porte sur certains de ses contemporains.

Comment rédiger une introduction Méthode et procédés 1.

On commence toujours, si l'on peut, par une cita­ tion de l'auteur, de l'œu­ vre, du passage, ou par une formule de quelque critique reconnu à son sujet.

Quand on en connaît une particulièrement si­ gnificative, c'est une ma­ nière originale de varier le début de l'introduction que de commencer abrup­ tement ainsi.

2.

Bien penser à préciser les références de la cita­ tion : œuvre, passage si l'on peut , auteur s'il Texte rédigé « Voltaire, correspondant de l'uni­ vers, répandait dans ses lettres familières, chef-d'œuvre [ ...

] de soixante-dix ans de vie, plus de naturel, d'atticisme, de souplesse, de grâce, de solidité et d'éclat de style qu'il n'en faudrait pour illustrer toute autre littérature ( 1) », écrit Lamartine dans ses Entretiens (VIII) (2).

[Quant au critique Ber­ sot, imaginant qu'on pût l'obli­ ger à abandonner successivement des cantons importants de l'œuvre si étendue et diverse du « phi­ losophe » (a) , il se résignait à ne (a) Ne pas oublier que ce terme n'a pas au -X VIII' s.

le sens actuel.

Il signifie • tout homme cultivé au courant du progrès des sciences qui exerce sa réflexion critique sur les doctrines, la société, l'homme, le monde.

» Varloot (Formule à retenir).. »

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