Devoir de Philosophie

Objet d’étude : L’autobiographie.

Extrait du document

CORPUS

TEXTE. Pierre Loti, Fantôme d’Orient, 1891.

ÉCRITURE

I. Après avoir lu le texte, vous répondrez à la question suivante.

Question (4 points)

En relisant Aziyadé, Pierre Loti souligne les relations complexes qu’il a établies entre vécu et imaginaire. Vous préciserez en quelques lignes ce qui, selon lui, relève dans cette œuvre du souvenir, de la transposition et de l’invention.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants.

1. Commentaire (16 points)

Vous commenterez les deux derniers paragraphes de ce texte depuis « Oh ! l’étrange Stamboul » jusqu’à « réveil ».

2. Dissertation (16 points)

Pierre Loti affirme avoir « inventé », « ajouté », « arrangé », « changé les faits » pour les « besoins » de son livre.

Peut-on dire que toute œuvre autobiographique appelle nécessairement cette façon de procéder ?

Vous répondrez en vous appuyant sur le texte qui vous est proposé, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles.

3. Invention (16 points)
Loti est allé à Stamboul « remuer là-bas toute cette cendre » à la recherche d’Aziyadé, sans aucun résultat. Vous rédigerez l’extrait du journal de voyage qu’il a pu écrire sur le bateau du retour, en confrontant ses rêves à la réalité.

■ La composition du commentaire

Une première lecture du texte

Le bilan de première lecture du texte met en relief deux aspects importants : le texte est autobiographique et Loti raconte un «rêve obsédant». C'est autour de ces deux pôles que doit s'organiser le commentaire et l'on pourrait construire un plan en deux parties.

L'élaboration du plan

Les deux pôles repérés sont d'importance inégale et il est évident que l'étude de l'univers onirique doit dominer. On placera donc l'analyse de la dimension autobiographique dans la première partie. La deuxième partie risquant d'être beaucoup plus longue, il est judicieux de la scinder en deux en étudiant d'abord la présence du rêve dans le texte puis ensuite en caractérisant plus précisément ce rêve. On développera dans une troisième partie l'angoisse et le cauchemar dans lequel la quête du rêveur n'aboutit jamais.

Le plan

I Un texte ancré dans la réalité

II Le récit d'un rêve

III Le cauchemar de l'échec

/Les citations insérées dans le commentaire. L'analyse s'appuie sur des citations du texte et ces références doivent être correctement insérées dans la trame du commentaire. L'idéal est de glisser les expressions entre guillemets dans la syntaxe de sa propre phrase. On évitera de citer de longs passages.]

introduction

En 1891, Pierre Loti revient, dans Fantôme d’Orient, sur une histoire d’amour qu’il a vécue à Istanbul et qu’il a racontée, plus jeune, sous la forme d’une autobiographie romancée, Aziyadé. A la veille de regagner Istanbul, l’écrivain espère retrouver la trace de la jeune fille aimée autrefois et, après avoir évoqué son récit de jeunesse et les émotions que ce dernier suscite en lui, l’écrivain exprime le poids des souvenirs «pendant les lucidités du rêve ». Car le voyage réel est précédé de « ces imaginaires retours dans un Stamboul aux dômes trop hauts et trop sombres profilés sur un grand ciel mort». Le rêve (ou plutôt les rêves) est en premier lieu un récit autobiographique décrivant une ville réelle et une expérience vécue. Mais le réel se métamorphose dans cet univers onirique qui est celui d’un angoissant cauchemar.

I Un texte ancré dans !a réalité

Cette page de Fantôme d’Orient décrit Istanbul et, présentant toutes les marques d’un texte autobiographique, fait le récit d’une expérience personnelle.

I-3 Le récit d'une expérience personnelle

Le « je » narrateur évoque, en filigrane des déformations oniriques, une ville bien réelle dans laquelle il a vécu une histoire d’amour. Le « jeune visage » dont il ne parvient pas à voir les traits et dont il n’a même pas de nouvelles est celui d’une jeune fille aimée et, plus tard, nommée Aziyadé. Cette ancienne histoire d’amour devient une obsession et le pronom personnel « elle » est récurrent dans le texte : « chez elle », « me parlerait d’elle » [Les mots ou expressions significatifs peuvent être introduits par deux points.] Pierre Loti évoque d’autres personnages, ceux qu’il envoie chercher (« des personnages que j'envoyais chercher et qui n 'arrivaient pas ») et surtout le « vieux maître » qui habite Mehmed-Fatih et qui pourrait peut-être lui donner des renseignements.

La personnalité de Loti se dessine également ; on voit le marin qui débarque à Istanbul à l’occasion d’une escale de son « navire » et dont le trajet est défini par « l’heure

« L'autobiographie 3. Invention (16 points) Loti est allé à Stamboul « remuer là-bas toute cette cendre» à la recherche d' Aziyadé, sans aucun résultat. Vous rédigerez l'extrait du journal de voyage qu'il a pu écrire sur le bateau du retour, en confrontant ses rêves à la réalité. TEXTE Pierre Loti, Fantôme d'Orient, 1891. [À la veille de son départ pour Stamboul (Istanbul) où il n'est pas revenu depuis dix ans, Lotis 'inquiète et rêve de ce «retour» ; autrefois il y a connu une femme dont il a raconté l'histoire dans un de ses livres: Aziyadé.] Pour le relire, pendant cette soirée d'attente, je vais chercher avec crainte un livre qu'autrefois j'ai publié, par besoin déjà de chanter mon mal, de le crier bien fort aux passants quelconques du chemin, et que, depuis le jour où il a paru, je n'ai plus jamais osé ouvrir. Pauvre petit livre, très gauchement composé, je pense, s mais où j'avais mis toute mon âme d'alors, mon âme en déroute et prise des premiers vertiges mortels, ne pensant pas du reste que je continuerais d'écrire et qu'on saurait plus tard qui était l'auteur anonyme d'Aziyadé. (Aziyadé, un nom de femme turque inventé par moi pour remplacer le véritable qui était plus joli et plus doux, mais que je ne voulais pas dire.) 10 Avec recueillement, comme si je regardais dans une tombe en soulevant la dalle funéraire, je commence à tourner ces pages oubliées, étonnantes pour moi­ même qui les ai jadis écrites. Des enfantillages d'abord qui me font sourire. Un certain Loti de convention, auquel je m'imaginais ressembler. Et puis, çà et là, des bravades, des blasphèmes, 1s les uns banals et ressassés dont j'ai pitié; les autres, si désespérés et si ardents, que c'étaient encore des prières. Oh ! le temps jeune, où je pouvais blasphémer et prier!. .. Mais tout l'inexprimé qui dormait entre les lignes, entre les mots impuissants et sourds, s'éveille peu à peu, sort de la longue nuit où je l'avais laissé s'évanouir. 20 Ils me réapparaissent, ces insondables dessous de ma vie, de mon amour d'alors, sans lesquels du reste il n'y aurait eu ni charme profond ni intime angoisse. De temps à autre, pour un souvenir, pour une souffrance que ce livre évoque, je sens cette sorte de secousse glacée ou de frisson d'âme, qui vient des grands abîmes entrevus, des grands mystères effleurés. Mystères de préexistences, ou de je 2s ne sais quoi d'autre ne pouvant même pas être vaguement formulé. Pourquoi 316 »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles