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Question pour le bac L - Littérature - A la lumière d'hiver - Philippe Jaccottet

Publié le 08/05/2012

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- QUELLES SONT LES SENS POSSIBLES DU TITRE Leçons ?

 

Le titre exploite avec un fond d'ironie la richesse du mot "leçon" dans son double sens , dialectique et moral. D'une part, il désigne précisément chaque poème comme porteur d'un "enseignement profitable que quelqu'un tire ou reçoit de quelque chose", selon le Trésor de la langue française, en l'occurence la mort d'un proche. D'autre part, tout le recueuil montre les limites de cet amer savoir et l'impossibilité de l'énoncer poétiquement, si bien que la leçon des Leçons réside finalement dans un aveu d'impuissance en présentant le poète comme celui qui n'a rien compris à ce qu'il prétendait connaître : " la leçon de vie", ou plutôt de mort, est aussi une leçon d'écriture et, pour nous, de lecteure. 

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« chandelier triangulaire et, avec l'apparition du petit jour, les ténèbres disparaissaient au profit de la lumière (d'où leçons des ténèbres).

Les plaintes élégiaques du prophètes inspirèrent d'ailleurs à la fin du règne de Louis XIV les plus grands musiciens Lully, Charpentier, Couperin et Delalande.

La musique soulignait le caractère médidatif des textes et en faisait sentir l'affliction. Que Jaccottet ait mentionné, avec d'autres titres appréciés, La leçon des ténèbres de Couperin enregistrée par Fisher-Dieskau dans une lettre adressée à Gustave Roud le 4 janvier 1965 - sans faire le moindre commentaire - permet-il d'affirmer que Leçons peut se lire à la lumière de cette cérémonie religieuse ? La progression de l'ombre, " dernière bougie" soufflée du poème 15, la description de l'agonie expiatoire comme dans le poème 4, les différentes allusions bibliques dont celle des trompettes de Jéricho au poème 9, le retour à la lumière des poèmes 17 et 21, par exemple, pourraient susciter une lecture d'inspiration religieuse.

On peut certes jouer sur les mots et utiliser l'expression pour dire que les Ténèbres, symboles de la mort, donnent une sévère leçon au poète. Mais si demeure, chez Jaccottet, l'idée d'avertissement, propre au "tableau de la mort", source d'effroi pour tout homme devant le spectacle de sa fin prochaine, le recueil nie toute vérité admise sur la question, déjoue la tentation des croyances en un au-delà et empêche de voir dans ce mourant une figure symbolique du Christ.

Ces poèmes qui "déchantent" ne peuvent donc s'inscrire dans cette esthétique qui ne montre l'horreur que pour mieux convaincre le pénitent de sauver son âme par la foi en Dieu.

Le titre Leçons peut sans doute s'ouvrir à la riche palette des connotations, mais celles-ci finissent toutes par passer au crible de la critique poétique. En revanche, ne peut-on pas constater que ce mot de "Leçon", assez fréquent sous la plume de notre poète, est au fondement de son art poétique ? - C'est d'abord vers le réel que poète se tourne pour tirer "La leçon de l'hiver" : après l'automne flamboyant, il semble qu'un voile se déchire et dénude la nature par l'apparition d'une lumière limpide.

Cet émerveillement suscite la comparaison avec l'ame qui entre "dans son hiver", amène Jaccottet à s'interroger sur la promesse improbable d'une telle lumière limpide.

Cet émerveillement suscite la comparaison avec l'âme qui entre "dans son hiver", amène Jaccotter à s'interroger sur la promesse improbable d'une telle lumière et en appelle à l'espoir et à la confiance pour résister à tous les cataclysmes à venir et continuer à rayonner jusqu'à la fin, comme dans le fameux poème de l'Ignorant, " Que la fin nous illumine." - C'est aussi la leçon du verger d'amandiers, dans A travers un verger, qui dès le début de la méditation, doit être retenue ; une leçon c'est-à-dire l'élucidation d'une énigme, d'un secret par le questionnement des signes du paysage, dont la présence semble vouloir dire quelque chose, qu'il faut faire advenir à la parole pour en nourrir son existence. - C'est enfin la le leçon que l'on tire des lectures.

Elles sont nombreuses dans les chroniques, où il est dit notamment que "ce que nous cherchons en fin de compte dans les livres, quand ne nous contentons pas des délices (réelles,précieuses) de la fable et du conte [...], c'est précisément la grandeur, c'est non point nous évader du monde, mais à mieux en voir, avec les ombres, l'éclat." Qu'il s'agisse de Paix dans les brisements d'Henri Michaux, de La règle du jeu de Michel Leiris ou. »

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