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Sous la forme d'un commentaire composé, vous rendrez compte de la lecture personnelle que vous avez faite de cette page. Vous pourriez par exemple - mais cette indication vous laisse libre de choisir votre démarche - étudier comment alternent dans le texte le récit dramatique d'un naufrage et la description d'un « spectacle sublime ».

Publié le 06/02/2011

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Le couvercle de l'échelle de l'entrepont s'ouvre ; une voix effrayée appelle le capitaine : cette voix, au milieu de la nuit et de la tempête, avait quelque chose de formidable. Je prête l'oreille ; il me semble ouïr des marins discutant sur le gisement d'une terre. Je me jette en bas de mon branle ; une vague enfonce le château de poupe, inonde la chambre du capitaine, renverse et roule pêle-même tables, lits, coffres, meubles et armes ; je gagne le tillac à demi noyé.    En mettant la tête hors de l'entrepont, je fus frappé d'un spectacle sublime. Le bâtiment avait essayé de virer de bord ; mais n'ayant pu y parvenir, il s'était affalé sous le vent. A la lueur de la lune écornée, qui émergeait des nuages pour s'y replonger aussitôt, on découvrait sur les deux bords du navire, à travers une brume jaune, des côtes hérissées de rochers. La mer boursouflait ses flots comme des monts dans le canal où nous nous trouvions engouffrés ; tantôt ils s'épanouissaient en écumes et en étincelles ; tantôt ils n'offraient qu'une surface huileuse et vitreuse, marbrée de taches noires, cuivrées, verdâtres, selon la couleur des bas-fonds sur lesquels ils mugissaient. Pendant deux ou trois minutes, les vagissements de l'abîme et ceux du vent étaient confondus; l'instant d'après, on distinguait le détaler des courants, le sifflement des récifs, la voix de la lame lointaine. De la concavité du bâtiment sortaient des bruits qui faisaient battre le cœur aux plus intrépides matelots. La proue du navire tranchait la masse épaisse des vagues avec un froissement affreux, et au gouvernail des torrents d'eau s'écoulaient en tourbillonnant, comme à l'échappée d'une écluse. Au milieu de ce fracas, rien n'était aussi alarmant qu'un certain murmure sourd, pareil à celui d'un vase qui se remplit.    CHATEAUBRIAND, Mémoires d'outre-tombe.

Introduction • Chateaubriand, Malouin, et la mer. • Mémoires d'Outre-Tombe : sincérité d'expériences vécues. • Effets stylistiques. Épopée lyrique. • Grandeur du spectacle d'un naufrage. • Présentation des thèmes. I. Un récit « formidable « (= qui inspire terreur). • Le marin Chateaubriand. • Le romancier dramatique peint : - le héros de la scène : navire ; - avec art de créer et entretenir l'intérêt ; - incertitude inquiète ; - montée de la peur ; - ses raisons : écueil ? ; violence des vagues, du vent ; tangage et roulis qui provoquent chaos ; - situation critique du bâtiment. • Atmosphère dramatique entretenue par - art des phrases, de la période ; - choix du vocabulaire. II. Description grandiose d'un « spectacle sublime «. • Chateaubriand, grand artiste en prose et préromantique. • Impression émotive et esthétique immédiate. • « Frappé « par la beauté. • Véritable tableau : une marine. - mouvements, - lignes et formes, masses, - tons et couleurs, - + peintures auditives, - harmonies imitatives, - tableau centré sur navire qui lutte.

• cf. structure des tableaux romantiques ; tel Delacroix.  

• Tableau et récit convergent en une phrase finale angoissante. Conclusion • Détachement de l'artiste... • ... Mais toujours intensité dramatique. • Goût romantique pour : - spectaculaire, - pathétique. • Une certaine pose orgueilleuse ?   

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« • Impression émotive et esthétique immédiate. • « Frappé » par la beauté. • Véritable tableau : une marine. - mouvements, - lignes et formes, masses, - tons et couleurs, - + peintures auditives, - harmonies imitatives, - tableau centré sur navire qui lutte. • cf.

structure des tableaux romantiques ; tel Delacroix.

• Tableau et récit convergent en une phrase finale angoissante. Conclusion • Détachement de l'artiste... • ...

Mais toujours intensité dramatique. • Goût romantique pour : - spectaculaire, - pathétique. • Une certaine pose orgueilleuse ? devoir rédigé Le Malouin François-René de Chateaubriand aimait contempler la mer du haut des remparts de sa cité.

Aussi cetextrait des Mémoires d'Outre-Tombe, œuvre destinée à être publiée après la mort de l'auteur, reflète-t-elle avecsincérité, ses impressions et sentiments.

Ce livre puissant relate d'ailleurs toujours avec vérité les expériencesvécues par Chateaubriand.

Dans cet extrait, effets stylistiques et souffle presque épique s'allient pour peindre labeauté, la grandeur, l'effroi inspiré aux hommes qui s'élèvent du spectacle d'un navire en perdition.

La page estd'abord le récit «formidable» (formidable étant pris dans sa signification latine de « qui inspire la terreur»), mais aussiobjectif du drame où marins et passager sont jetés face aux violences de la tempête ; mais la sensibilité de l'artistel'emporte vite sur une épouvante légitime et laisse sa plume libre pour la description grandiose d'un «spectaclesublime» qui a levé, en son âme émotions et admiration. * * * Certes le passage est en premier le récit d'un naufrage, mais récit conduit par un habitué des mers.

Le BretonChateaubriand a beaucoup voyagé, en particulier aux Amériques et un périple en Méditerranée.

Il connaît l'Océan etles navires, il les a cotoyés enfant, à St-Malo.

Aussi a-t-on presque l'impression d'une relation qu'un « technicien »,selon notre terme moderne, conduit.

Il intègre en effet tout naturellement des termes de marine à son récit, tels «le branle » qui signifie « hamac », le « château de poupe », « la proue »..., mots précis qui ne seraient peut-êtrepas tous dans la bouche d'un terrien.

Mais le romancier surtout est présent.

Il dessine en quelques paroles l'un deshéros de la scène, celui qui affronte tant bien que mal la tempête : le navire lui-même.

Ainsi apparaissentnaturellement les éléments du bateau, ceux qui le constituent extérieurement, sa « concavité », son « gouvernail »et même intérieurement, la « chambre du capitaine », ce qui meuble les cabines : « tables, lits, coffres,...

» et cequi protège les bâtiments souvent encore à la merci de quelque pirate, « les armes ».

On sent que Chateaubriand,sur un navire, est tout à fait à l'aise, dans un milieu familier.

Mais la marque du récit est surtout une atmosphèredramatique, que tournures et choix du vocabulaire entretiennent.

Ce sont des phrases courtes sans ponctuation quitraduisent la peur ; « // une voix effrayée appelle le capitaine ; // » par exemple.

Volontairement Chateaubriand neprécise pas les termes de l'appel du matelot, il en résulte une impression confuse et troublante.

Même procédé, celui. »

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