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Un noyau dramaturgique Dom Juan-Sganarelle : une situation complexe

Publié le 05/08/2014

Extrait du document

juan

 

Une contamination réciproque

 

Cette interdépendance, ces liens multiples noués entre les

deux personnages modifient profondément leur nature

fondamentale : à vivre constamment ensemble, ils ne

peuvent échapper à la contamination; de même dramaturgiquement,

à se côtoyer sans cesse, le farcesque de Sganarelle

et le tragique de Dom Juan ne vont pas manquer

d'interférer, perdant ainsi de leur pureté originelle.

Sganarelle ou la farce tragique

• Le registre farcesque. Sganarelle est posé, de prime abord,

comme un personnage de comédie. Il est, à l'occasion,

hautement risible, se prêtant à des effets de farce pure.

A la scène 7 de l'acte IV, passage où ce registre

est le plus net, deux mouvements se font suite : c'est d'abord

la mystification du serviteur par le maître, reposant sur le

comique de geste de la joue brusquement dégonflée, sur la

mimique ennuyée de Sganarelle et sur l'amalgame fait

entre la nourriture et l'abcès : «Il prend un morceau d'un

des plats qu'on apporte, et le met dans sa bouche. Dom

Juan. - Il me semble que tu as la joue enflée. Qu'est-ce que

c'est? Parle donc, qu'as-tu là?[...] Le pauvre garçon n'en peut

plus, et cet abcès le poUrrait étouffer. Attends : voyez

comme il était mûr. Ah! coquin que vous êtes!« C'est ensuite

la frustration du gourmand qui voit s'organiser le ballet des

enleveurs d'assiettes, procédé reposant sur l'opposition de

deux prestesses symétriques, celle de Sganarelle à porter la

nourriture à sa bouche, et celle des valets à l'en ôter. Parodie

du supplice de Tantale habilement orchestrée : «(Un laquais

ôte les assiettes de Sganarelle d'abord qu'il y a dessus à

manger) Sganarelle. - Mon assiette, mon assiette! tout doux,

s'il vous plait. Vertubleu! petit compère, que vous êtes

habile à donner des assiettes nettes! Et vous, petit La

Violette, que vous savez présenter à boire à propos! (Pendant

qu'un laquais donne à boire à Sganarelle, l'autre laquais ôte

encore son assiette.)« A la scène 1 de l'acte Ill, I'« attirail

ridicule« dont est vêtu Sganarelle, ses mimiques, ses

gesticulations, sa chute finale; sa fuite précipitée de la scène

5 de l'acte Ill; ses efforts pour mettre le marchand à la

porte (acte IV, scène 3); ses bégaiements et ses gestes

d'effroi à l'apparition de la statue (acte Ill, scène 5; acte IV,

scènes 7 et 8; acte V, scènes 4, 5 et 6); de façon générale

les contorsions ridicules qui marquent son jeu s'inscrivent

aussi résolument dans une tonalité farcesque.

juan

« plus, et cet abcès le poUrrait étouffer.

Attends : voyez comme il était mûr.

Ah! coquin que vous êtes!» C'est ensuite la frustration du gourmand qui voit s'organiser le ballet des enleveurs d'assiettes, procédé reposant sur l'opposition de deux prestesses symétriques, celle de Sganarelle à porter la nourriture à sa bouche, et celle des valets à l'en ôter.

Parodie du supplice de Tantale habilement orchestrée : «(Un laquais ôte les assiettes de Sganarelle d'abord qu'il y a dessus à manger) Sganarelle.

- Mon assiette, mon assiette! tout doux, s'il vous plait.

Vertubleu! petit compère, que vous êtes habile à donner des assiettes nettes! Et vous, petit La Violette, que vous savez présenter à boire à propos! (Pendant qu'un laquais donne à boire à Sganarelle, l'autre laquais ôte encore son assiette.)» A la scène 1 de l'acte Ill, I'« attirail ridicule» dont est vêtu Sganarelle, ses mimiques, ses gesticulations, sa chute finale; sa fuite précipitée de la scène 5 de l'acte Ill; ses efforts pour mettre le marchand à la porte (acte IV, scène 3); ses bégaiements et ses gestes d'effroi à l'apparition de la statue (acte Ill, scène 5; acte IV, scènes 7 et 8; acte V, scènes 4, 5 et 6); de façon générale les contorsions ridicules qui marquent son jeu s'inscrivent aussi résolument dans une tonalité farcesque.

A la scène 5 de l'acte Ill, l'effet recherché est déjà nettement différent, parce qu'il repose davantage sur l'élément verbal.

Le valet s'est caché durant la bataille.

A son maître qui le lui reproche, il explique : « Pardonnez-moi, Monsieur, je viens seulement d'ici près.

Je crois que cet habit est purgatif, et que c'est prendre médecine que de le porter», établissant ainsi un lien de cause à effet comique, parce qu'inattendu.

• Le registre burlesque.

Encore ces interventions de la farce étaient-elles profondément marquées par l'environnement particulièrement tragique des scènes où elles se manifes­ taient.

Encore, plus profondément, accentuaient-elles des traits de caractère de Sganarelle, la gourmandise, la suffisan­ ce ou la poltronnerie.

Les autres procédés relèvent d'une finesse bien plus grande, et ressortissent à l'inadéquation burlesque.

C'est de la confrontation avec le contexte que naît le comique.

Comique corrosif qui met en évidence 144. »

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