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Unité de l'oeuvre de Diderot

Publié le 21/09/2018

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diderot

En fait, s’il donne une pareille importance à la sensibilité, c’est parce qu’il sent sa fécondité créatrice, parce qu’il est lui-même un passionné ; mais il sait qu’elle doit être endiguée soigneusement parce « qu’elle incline... à être injuste, à être fou », tout autant qu’à être bon et compatissant.

 

CONCLUSION

 

La pensée de Diderot paraît donc confuse, en raison de son extraordinaire activité littéraire et de son attitude d’accueil : il n’est pas un esprit systématique, il admet toutes les prises de position, et soumet les questions au jugement du lecteur plus qu’il ne les résout ; mais ces questions se retrouvent tout au long de son œuvre, le philosophe livrant les détours de sa pensée, ses doutes, ses hésitations, faisant dialoguer des personnages qui représentent ses propres dilemmes. Comme Montaigne, il répugne à trahir la réalité pour l’intégrer à un système, et rejoint ainsi une forme d’humanisme très moderne qui tend à harmoniser des tendances à première vue inconciliables.

diderot

« dir ecteur et comm e rédacteur, à l'E ncyclopédie.

Mais cela ne le détourne pas d'ouvrages plus orientés vers l'esthétique : il est le premier grand écrivain qui dans des Salons ait su se passion­ ner pour la peinture.

Il compose des traités sur l'art pictural, sur l'art du théâtre; s' exerce au conte, dans le Neveu de Rameau par exemple ; écrit de multipl es comédies pour illustrer une conc eption dramatique différente de la conception classique.

Comment des préoccu pations si divergentes peuvent-elles avoir une inspiration commune, si l'on consid ère que chaque œuvre en elle-même présente une étonnante diversité ? Des ouvra ges complexes Chaque question soulevée amène en effet des digressions, sources d'i nterro gations nouvelles : sans cesse en éveil, la curiosité de Did erot nous entraîne d'un sujet à 1 'autre.

Ainsi, dans Le Neveu de Rameau, nous le voyons aborder avec son interlocuteur le pro blème de l'hypocrisie sociale et de la flatterie, celui de la pédagogie, celui de la morale.

Au passage, il évoque en quelques traits acerbes les mœurs de la société contemporain e .

Conte ? Roman ? Nouv elle ? Essai ? On ne saurait classer cet ouvrag e dans un genre bien défini, le caract ère chaotique de la compo­ sition se traduisant dans le style lui-même.

La souplesse du style Il semble que l'auteur accueille, dans ses éléments successifs, le déroule­ ment d'une «tranche de vie ».

Sa tech nique, semblable à celle du « cinéma -vérité » moderne, nous transporte brusquement d' un genre littéraire à 1 'autr e : descr iptif lorsqu 'il rap porte les évolutions du Neveu transformé en mim e, le style se fait lyri que pour évoquer la tempête que suggère la mélodie entonnée par le héros ; le réc it de la leçon de musi que nous restitue un tableau de Fragonard, mais les portraits cyniques des flatteurs pervertis annoncent le monde des Liaisons Dangereuses, tandis que les fa its et gestes de Rameau sont narrés sous une forme picares que.

Le caract ère composite de l'œ uvre de Did erot est donc évident : peut-être explique- t-il qu'elle soit moins étudiée que celles de Montesquieu ou de Rousseau .

Il.

L'U NITÉ DE LA PENSÉE On aime en effet à trouver chez un philosophe un système cohérent, un exposé rigoureux et clair, accessible à l'intellig ence.

Or, pour Diderot «notre sentim ent n'est pas celui dans lequel. »

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