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Le jugement esthétique et téléologique chez Kant

Publié le 05/07/2015

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4.                 Conclusions: un substitut d'une pensée métaphysique positive
 
Nous voyons, en conclusion, que Kant essaie de trouver des substituts d'une pensée métaphysique positive tout d'abord dans le domaine moral. Il prend alors conscience de la séparation entre cette pensée-là et la pensée scientifique. Il la tente de nouveau dans ces domaines, qui ne sont pas encore, du moins pour la Biologie, des objets de science —l'Esthétique, ne le sera jamais — et peut- être, croit-il, avec plus de chances de succès. On pouffait dire que Kant a du éprouver une certaine satisfaction par cette nouvelle tentative qui reste cependant dans les limites strictes des caractères des deux premières Critiques.
3.      Le Beau
3.1    le plaisir désintéressé
Étudions d'abord le second type de réflexion: le Beau correspond à ce second moment. Disons d'une manière plus particulière que l'objet du Beau correspond d'abord à une sensation, à un sentiment non lié à un but intéressé, ni même à la nécessité déterminée pour une satisfaction intérieure et biologique. Il correspond à un plaisir désintéressé. Disons en outre que le Beau correspond à un jugement de goût qui lié à ce plaisir désintéressé se constitue précisément en vertu d'une harmonie entre l'entendement et l'imagination.
3.2    la finalité et le jugement esthétique
 
Penser le donné comme Beau c'est d'une manière générale l'imaginer, le schématiser, comme si il était ordonné selon un concept alors qu'il n'y a pas de concept. Il est clair alors qu'en dehors du plaisir désintéressé qui détermine positivement le Beau et le Jugement Esthétique , c ' est une liberté de l'imagination en convenance parfaite avec l'entendement qui se manifeste. Il y a là une finalité, au sens subjectif du mot. II y a là aussi la nécessité toute négative de concevoir un ordre qui ne soit ni celui de la nature physique ni celui de la nature biologique mais un ordre, quand même. C'est là le sens de la priorité de la Forme sur le contenu, de l'harmonie sur le détail ,et du Rythme sur la qualité du Son. En tous les cas l'Esthétique et le Jugement Esthétique forment le domaine où, malgré l'ordre, il faut refuser catégoriquement l'idée d'un Entendement qui donne des règles définitives et objectives liant la Sensibilité.

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« 88 FICHES POUR L'ÉTUDE DE KANT jugement scientifique applique rigoureusement les concepts de l'Entendement au Divers de la Sensibilité; d'autre part le jugement moral libère 1 'homme aussi bien de la nécessité du concept de la science que de la sensibilité.

D'une part, le phénomène, 1' apparence auquel s'arrête la 1re Critique, d'autre part le noumène, la chose en soi.

On voit nettement la dualité, on voit davantage la difficulté physique créée par cette dualité pour établir une pensée proprement philosophique.

Nous savons que Hume en prenant conscience d'une pareille dualité a abouti au scepticisme radical.

Pour Kant, il s'agit, par conséquent, non pas de chercher à harmoniser, concilier ces deux domaines, mais il s'agit d'établir la possibilité d'une pensée réelle et concrète, d'une pensée proprement philosophique, qui ne soit pas en contradiction avec 1 'entendement et qui ne contredise pas, non plus, la liberté propre à la vie morale.

1.3.

l'exemple platonicien Kant entre ces deux domaines radicalement séparés essaie de faire comme Platon: il cherche des intermédiaires ou un intermédiaire.

Nous savons que Platon, une fois posée la théorie des Idées comme explicationradicaledumondedesapparences,etcommeradicalement séparées de ce même monde, a essayé à partir du Ménon et plus particulièrement du Théétète, d'établir 1 'intermédiaire entre ces deux absolus, entre 1 'Idée, d'une part, et 1 'apparence sensible, d'autre part, et plus particulièrement entre la Science de l'Être et les Sensations.

Cet intermédiaire est pour lui, l'opinion droite.

Plus tard il avance encore plus loin dans la recherche de l'intermédiaire (sa Ire théorie des Idées séparait même les Idées les unes des autres) pour dépasser le pluralisme métaphysique qui, dans la République, par exemple, commencedeloinavecl'attraitversl'IdéeduBien,parunerecherche d'intermédiaires entre les différentes Idées, les différentes Formes.

ll pose ainsi le mouvement, l'autre, le non-être etc.

comme Idées­ intermédiaires.

Kant qui, comme tout philosophe moderne, doit quelque chose au platonisme, essaie d'établir des intermédiaires entre les deux domaines, et particulièrement entre la liberté de la morale et la nécessité de la science, disons, grosso modo, entre le noumène et le phénomène.. »

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