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Le doute est-il une force ou une faiblesse ?

Publié le 16/01/2004

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Comprendre le désir comme une force, au même titre qu'un champ électrique, c'est se donner les moyens de la rationnaliser et de l'étudier pour en comprendre les mécanismes, pour les réguler. C'est ainsi que Spinoza a conçu dans l'Ethique, une arithmétique des affects, véritable mode d'emploi et outil pour accéder à la béatitude. Seconde correction de ce même sujet.

► Le sujet repose sur une métaphore: le doute y est comparé à une «force« ou à une «faiblesse«: en somme, il est «bon« ou «mauvais« - ce qu'il faudra problématiser.

►  Le doute paralyse-t-il l'action - est-il la marque de mon impuissance? ou bien est-il la condition et la manifestation de la liberté de l'esprit?

  • Au premier abord, le doute apparaît comme une faiblesse de l'esprit. On douterait dans l'impuissance de reconnaître le vrai ou le juste. Toutefois, le doute n'est-il pas la condition de possibilité même de la vérité comme le montre la démarche cartésienne ? Sous cet aspect, le doute serait bien une force. Marque et symbole de la liberté de l'homme.

« la morale judéo-chrétienne qui l'assimile au péché, c'est-à-dire la faiblesse de l'homme fac à la tentation de la chair. II.

Le désir, sans objet ni limite, est à la source de la vie émotionnelle Dans le monde comme volonté et comme représentation, Schopenhauermontre que la souffrance n'est pas l'essence du désir.

Elle n'en est que laconséquence.

Au fond, le désir humain n'a ni d'objet déterminé, ni de limite.C'est une tendance générale à toute conscience que de vouloirincessamment.

Ainsi le désir est une force et les buts recherchés en sont lesexpressions particulières.

D'ailleurs cette tendance n'est pas propre àl'homme.

Schopenhauer utilise une métaphore en parlant de la vie végétale,qui passe du bourgeon à la fleur, un cycle qui se répète inéluctablement.

Enramenant le désir à tout effort, quel qu'il soit, pour être dans la vie,Schopenhauer amoindrit la lecture moralisante du désir.

Tout comme il n'estpas moralement mauvais pour la plante de s'épanouir, le désir, essence del'homme, ne peut pas être jugé immoral.

Même s'il provoque alternativementbonheur et tristesse.

Ce n'est donc parce que le désir est à la source de lavie émotionnelle de l'homme qu'il doit être jugé comme une faiblesse.

C'estl'émotion elle-même qui doit être régulée, en érigeant ce que Marc Aurèle adéfini comme une citadelle intérieure.

Dans la Lettre à Ménécée, Epicureexpose ce que l'on pourrait appeler une économie des désirs.

Entrel'ascétisme et la débauche, qui sont deux quêtes illusoires vouées à l'impasse,il doit exister une pratique de la juste mesure.

Epicure opère une distinctionet une classification des désirs : il ya d'un côté les désirs vains et de l'autreles désirs naturels.

Les désirs naturels sont nécessaires à la vie heureuse, àla santé du corps et donc à l'absence de souffrance.

Tandis que les plaisirs vains, ce que l'on identifierait au superficiel, à la débauche, ne mènent qu'au trouble de l'âme.

Il faut donc savoircultiver les désirs naturels, pour accéder à un certain plaisir sain, celui qui est le principe du bonheur.

Le fait demanger un repas simple, au lieu de manger un repas somptueux, amène du plaisir en chassant la souffrance dubesoin et de la faim.

C'est donc une morale très moderne que celle qui nous est proposée par Epicure : elle necondamne pas le désir en lui-même, mais certaines formes du désir qui s'apparente à la vanité de l'existence.

Ellevalorise une certaine forme du désir, qui répond aux besoins naturels de l'homme et permet de trouver le bonheur.

Ilfaut noter que chez Epicure le bonheur s'apparente au bien-être : à l'absence de souffrance. III. Le désir comme puissance Peut-être faudrait-il aller plus loin encore et reconnaître dans le désir l'essence de l'homme, puisqu'il est un eternelrecommencement de l'expérience au monde… Dans l'Ethique, Spinoza réhabilite complètement le désir en ledéfinissant comme l'appétit avec conscience de lui-même.

Par là même, il démoralise la réflexion sur le désir,puisqu'étant un appétit, il est une tendance inexorable de corps comme de l'âme.

Hors tout l'être humain est unchamp de forces, qui sont parfois harmonieuses, parfois contradictoires.

Elles sont harmonieuses lorsqu'elless'associent en vue non seulement de la conservation de l'individu, mais aussi de son renforcement : cet effort del'homme vers la plénitude, vers la béatitude et vers une plus grande puissance de vie, c'est le conatus.

Le désirpeut être considéré comme une des composantes du conatus puisque l'on recherche toujours ce que l'on croit êtreun apport à notre bonheur, à notre bien-être.

Spinoza reconnaît la pleine positivité du désir qui n'est donc pas uneforce aliénante, ou désagrégeante, mais une puissance de vie.

Le désir, c'est la joie de vivre, la joie de rechercherce qui nous amène de plaisir et de la jouissance.

Le désir est ce par quoi le sujet se pose comme autonome : il estce par quoi le sujet se constitue comme individu.

On ne pas pour autant dire, selon Spinoza, que le désir est uneforce : c'est une puissance en ce sens qu'il est toujours un effort vers la réalisation, mais jamais la réalisation elle-même, qui ne doit pouvoir advenir que dans la connaissance du troisième dont peu de commentateurs ont réussi àéclairer la nature pour le moment.. »

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