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A-t-on toujours le pouvoir de faire son devoir ?

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Le découragement est une démoralisation : il va au rebours de la morale parce qu'il abandonne la visée de l'excellence. Le courage est la première vertu que l'Éthique à Nicomaque analyse (II, chap. 9 à 12 inclus). Déjà Platon l'avait rangé parmi les quatre vertus fondamentales (« vertus cardinales »), avec la sagesse, la tempérance et la justice. C'est la force du coeur, symbole de la puissance d'aimer. Le non-pouvoir décrit par Kant était en fait un non-vouloir, parce qu'il était un non-aimer. Le Bien est aimé parce qu'il est suprême aimable, suprême désirable : tels sont les aspects qu'Aristote découvre en Dieu (Métaphysique, XII, 7 et 9). La maxime : « Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer» présente un côté grandiose, spectaculaire : elle se pose comme glorieuse dans l'adversité, aux yeux des autres. L'amour du Bien, l'amour des êtres, procède avec plus de discrétion. Déjà le petit enfant surmonte des difficultés qui semblaient devoir l'arrêter quand il pense vraiment à un être qu'il aime, car cette pensée est un réveil de l'amour.

« leur métier ; c'est le devoir professionnel qui oblige à acquérir la plus grande compétence possible (médicale,technique ; policière ; etc.). Ainsi, le début du conseil de Descartes devient bon : faire ce qu'on juge le meilleur ;mais la fin n'est pas acceptable dans la mesure où elle entraînerait à la faiblesse dans l'ensemble de la vieprofessionnelle, car la conscience doit toujours être formée de telle sorte qu'elle donne la lumière. Ce n'est pasl'urgence qui le permet : raison de plus pour que le devoir fondamental soit accompli tout au long de l'existence :acquérir la meilleure compétence possible, et toujours s'efforcer à la vertu, qui est excellence (Aristote). 3. La casuistique est la partie de l'éthique qui analyse les «cas de conscience », ou situations complexes au pointde vue moral; les «conflits de devoirs» sont les plus courantes de ces situations ; c'est une discipline rationnelle quianalyse le cas dans ses aspects essentiels.Or, dans cet ensemble de considérations abstraites peut se glisser la dialectique de l'immoralité que décrivait Kant,cela parce que les raisonnements, s'ils sont trop enchevêtrés, risquent d'être détournés de la loi morale, étantentraînés par des séductions diverses (passions, opinions, etc.). C'est ainsi que l'on en arrive à la directiond'intention, procédé qui consiste à ne considérer, dans la complexité du cas, que ce qui peut être licite, en écartantce que l'on sait cependant être immoral. Pascal a stigmatisé ces pratiques avec une verve cruelle ; nous lisons parexemple dans Les Provinciales :"Lorsque je vous ai fait entendre comment les valets peuvent faire en conscience certains messages fâcheux,n'avez-vous pas pris garde que c'était seulement en détournant leur intention du mal dont ils sont les entremetteurspour la porter au gain qui leur revient? Voilà ce que c'est que diriger l'intention..." (Lettre 7).Dans sa rigueur, Pascal ridiculisait des «lettres de direction spirituelle» de l'époque.Il est évident que cette déviation de la casuistique est immorale, volontairement. La casuistique s'y prête dans lamesure où elle se tient dans l'abstraction, car le mécanisme remplace alors la vie dans sa visée excellente vers leBien. Mais, si nous suivons les principes aristotéliciens rappelés ci-dessus, nous ne tomberons pas dans leshypocrisies de la «direction d'intention» ; plus profondément, la casuistique évitera de réduire un «cas» à desnotions : elle sera l'élément réfléchissant de l'acte réel, vivant, par lequel nous accomplissons au mieux notre devoir. 2. Faire son devoir 1. Dans l'éloge de la «bonne volonté» (Fondements de la métaphysique des moeurs, 1`e section) Kant écrit : «Alorsmême que par une particulière défaveur du sort ou par l'avare dotation d'une nature marâtre, cette volonté seraitcomplètement dépourvue du pouvoir de faire aboutir ses desseins... » Le vouloir dépourvu de pouvoir : est-ceréellement un vouloir? L'intention est un mouvement de l'esprit qui se porte vers quelque chose à réaliser. Aurions-nous une intention «à vide », sans considérer ce qui est possible? Un rêve n'est pas une intention. Sans intérêt pourle résultat, l'intention disparaît. «La volonté serait dépourvue du pouvoir de faire aboutir ses desseins» : le desseinest l'engagement vers un but; la personne qui s'engage ainsi a déjà quelque idée de ses possibilités, en raison deson expérience, ou de ce qu'elle voit faire. Sans doute la volonté morale doit-elle être bonne en soi, mais cettebonté est réalisatrice, et non pas simplement spéculative. 2. Kant poursuit : «Alors même que dans son plus grand effort, elle neréussirait à rien... » L'effort est l'engagement effectif, volontaire, tendu versla réalisation. Cet effort est supposé être «le plus grand» : c'est dire quetoutes les énergies de l'attention, du savoir, du coeur s'unissent dans l'acte ;Kant précise : «Je comprends par là, à vrai dire, non pas quelque chosecomme un simple voeu, mais l'appel à tous les moyens dont nous pouvonsdisposer...» Cependant, il ne suffit pas de poser cela comme un principeabstrait, général ; en fait, Aristote montre que tout acte vertueux (=excellent) est propre à telle personne, dans telle situation, avec toutes sespossibilités ; cette personne, agissant ainsi, arrive à un sommet où elle évitele «trop peu» et le «trop» (Éthique à Nicomaque, I, 6 et II, 3, 4, 5). Toutdevoir est singulier ; il faut aussi le replacer dans l'ensemble de l'existence,qui doit s'engager à tout moment vers le Bien (même sujet, p. 69). C'est lesens du proverbe : «Quand on veut, on peut », car, si on donne à «vouloir »son sens fort, il inclut le pouvoir. 3. Mais voici que l'énergie spirituelle retombe. Pourquoi? On se décourageparce qu'on n'a pas réussi du premier coup. Deux erreurs réciproques : croired'abord que c'est très facile ; croire ensuite que c'est impossible. Ledécouragement est une démoralisation : il va au rebours de la morale parcequ'il abandonne la visée de l'excellence. Le courage est la première vertu quel'Éthique à Nicomaque analyse (II, chap. 9 à 12 inclus). Déjà Platon l'avait rangé parmi les quatre vertus fondamentales (« vertus cardinales »), avec la sagesse, la tempérance et la justice.C'est la force du coeur, symbole de la puissance d'aimer. Le non-pouvoir décrit par Kant était en fait un non-vouloir,parce qu'il était un non-aimer. Le Bien est aimé parce qu'il est suprême aimable, suprême désirable : tels sont lesaspects qu'Aristote découvre en Dieu (Métaphysique, XII, 7 et 9). La maxime : « Il n'est pas nécessaire d'espérerpour entreprendre, ni de réussir pour persévérer» présente un côté grandiose, spectaculaire : elle se pose commeglorieuse dans l'adversité, aux yeux des autres. L'amour du Bien, l'amour des êtres, procède avec plus de discrétion.Déjà le petit enfant surmonte des difficultés qui semblaient devoir l'arrêter quand il pense vraiment à un être qu'ilaime, car cette pensée est un réveil de l'amour. La fidélité-confiance est un exemple du pouvoir réel que nousavons, qu'il dépend de nous de développer, d'accroître (ci-dessus, sujet 2, § 3). Faire son devoir, le sien propre, ici »

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