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Aristote: L'équité comme correctif à la loi

Publié le 27/02/2008

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aristote
Même quand il s'agit des lois écrites, la meilleure solution n'est pas toujours de les conserver immuables. En effet, dans l'ordre politique il est impossible de préciser par écrit tous les détails, car la loi écrite a forcément pour objet le général, tandis que les actions ont rapport aux cas particuliers. Ces considérations montrent donc avec évidence que des changements sont opportuns pour certaines lois et dans certains cas. Mais si on considère les choses sous un autre angle, une grande vigilance paraîtra s'imposer dans ce domaine. Quand, en effet, l'avantage qu'on retire du changement apporté est de faible intérêt, et comme, en revanche, il est dangereux d'habituer les hommes à abroger les lois à la légère, mieux vaut manifestement fermer les yeux sur quelques erreurs des législateurs ou des magistrats, car le profit qu'on pourra retirer d'une modification de la loi sera loin de compenser le dommage qui sera causé par l'habitude de désobéir à ceux qui gouvernent. La loi n'a aucun pouvoir de contraindre à l'obéissance, en dehors de la force de la coutume, et celle-ci ne s'établit qu'après un laps de temps considérable, de sorte que passer facilement des lois existantes à de nouvelles lois toutes différentes, c'est affaiblir l'autorité de la loi. Aristote.1e partie du texte -> Aristote note qu'il est parfois juste de corriger les lois en vue de l'équité («Même quand... cas particuliers.»). 2e partie du texte -> il précise que ces corrections sont soumises à un calcul d'intérêt et ne sont utiles que si elles compensent les pertes occasionnées par un gain plus grand («Mais si l'on considère... ceux qui gouvernent.»). 3e partie du texte -> Aristote justifie ce calcul en rappelant que c'est la coutume et le temps qui donnent aux lois leur force («La loi n'a aucun... l'autorité de la loi»).

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