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BERGSON Henri : sa vie et son oeuvre

Publié le 18/11/2018

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bergson

BERGSON Henri (1859-1941). Philosophe. Né à Paris d’un père juif polonais et d’une mère irlandaise, Henri Bergson appartient à une génération hantée par la menace ou le souvenir de la guerre : « Encore enfant en 1871, écrit-il dans les Deux Sources de la morale et de la religion (1932), j’avais (...) considéré une nouvelle guerre comme imminente pendant les douze ou quinze années qui suivirent. Lorsque, le 4 août 1914, dépliant un numéro du Matin, je lus en gros caractères “l'Allemagne déclare la guerre à la France”, j’eus la sensation soudaine d’une invisible présence que tout le passé aurait préparée et annoncée à la manière d’une ombre précédant le corps qui la projette ». Dans le même texte, Bergson évoque les « massacres » des conflits modernes dont l'horreur ira jusqu’à l’extermination de l’adversaire. Lorsque la guerre de 1939 éclate, le philosophe, que ses méditations avaient conduit au seuil du catholicisme, reste fidèle au judaïsme par solidarité avec ses coreligionnaires menacés; il s’en expliquera dans son testament.

 

Une longue suite de succès, de charges et d’honneurs jalonne sa vie universitaire. Reçu à l’École normale dans la même promotion que Jaurès, agrégé de philosophie, il publie en 1889 sa thèse de doctorat, l'Essai sur les données immédiates de la conscience, puis Matière et mémoire (1896). Il restera dès lors fidèle au principe selon lequel « un philosophe digne de ce nom n’a jamais dit qu'une seule chose » : l’être est durée, invention, liberté (la Pensée et le Mouvant, 1934).

 

En 1897, il est nommé maître de conférences à l’École normale; de 1900 à 1914, il occupe successivement les chaires de grec et de philosophie au Collège de France. Élu en 1901 à l’Académie des sciences morales et politiques, il entre en 1914 à l’Académie française. En 1928, le prix Nobel de littérature couronne son œuvre, à laquelle se sont ajoutés le Rire (1900), /’Evolution créa-

bergson

« triee (1907), /'Énergie spirituelle (1919, recueil d'essais et de conférences), Durée et simultanéité (1922).

Mais cet universitaire travaille aussi au rapprochement en tre les hommes.

Président de la Commission internationale de coopération intellectuelle à Genève, il attend de la Société des Nations « l'abolition de la guerre>> .

Témoin impuissant du conflit dont la S.D.N.

n'a pas su protéger l'humanité, il mourra en 1941.

L'objet de la métaphysique est pour Bergson « princi­ palement l'esprit>>, c'est-à-dire le s urg is se m ent libre et inventjf de la conscience, qu'elle soit en nous-mêmes durée, flux de notre vie in térieu re, ou, à l'échelle cosmi­ que, l'élan qui anime l'univers.

Or, l'intelligence ne peut penser ce mouvement, elle qui tient de sa destination pratique l'habitude de chercher «partout la fixité>>.

L'essence du bergsonisme se trouve dans cette interroga­ tion : peut-on réconcilier le «mouvant» et l'inerte? Selon la réponse, ou bien le rationalisme scientifique envahira tout le champ de la connaissance, la liberté se perdra dans le déterminisme, l'esprit dans la matière, ou bien une ontologie dy namiqu e, qui ne se veut pas supérieure à la science mais « autre >> que celle-ci, réha­ bilitera le mouvement avant que l'homo fa ber ne le fige dans une logique ct un langage utilitaires.

L'« intu iti on » n'est rien d'autre, pour Bergson, que cette coïncidence avec le mouvement même de l'être : > de l'utile pour dénuder l'impression première dans sa pureté «virginale>>) tente d'emprisonner dans la sou­ plesse de ses analyses et la richesse de ses métaphores l'être pris à sa source, cet être que la philosophie scien­ tiste de la fin du xtx• sièc le (Herbert Spencer, Th.

Ribot) voulait immobiliser dans ses catégories.

Dès lors, la recherche philosophique est aussi une invention d'écri­ ture : l'écrivain > (les Deux Sources), usera de métaphores fortement contrastées [voir ci-dessous] pour suggérer ce que l'analyse n'aura pas réussi à étrein­ dre.

Et cela dans des domaines aussi différents que la psychologie (les Données immédiat�s), la vie sociale (le Rire), la théorie de l' univers (l'Evolution créatrice), enfin la religion et le mysticisme (les Deux Sources).

l'évolution créatrice.

-Métaphores : «Mon éta t d'âme.

en avançant sur la route du temps, s'enfle continuel­ lement de la durée qu'il ramasse: il fait pour ainsi dire boule de neige avec lui-même ».

• Où il y a une fluidité de nuances fuyantes qui empiè­ tent les unes sur les autres (l'intelligence) aperçoit des co u­ leurs tranchées et.

pour ainsi dire.

solides.

qui se juxtapo­ sent comme les perles variées d'un collier "· Mais l'être bergsonien, en création continuelle, ne se laisse jama is capter par les mots.

Dès lors, le berg so ­ nisme serait-il surtout une écriture? Du moins confirme­ t-il l'axiome suivant lequel toute philosophie qui n'est pas une philosophie du concept ne peut être qu'une phi­ losophie de la métaphore ...

[Voir aussi PHILOSOPHIE et LITIÉRATURE ].

BIBLIOGRAPHIE Les œuvres de Bergs on sont fréquemment rééditées par les P.U.F.

On les trouvera en un seul volume d'Œuvres, Édition du centenaire.

notes d" A.

Robinet, introduction d·H.

Gouhier, Paris.

P.U .F., 1959 (m anq ue Durée et simultanéité).

Il fa ut y ajouter des tcrits et paroles, publiés par R.-M.

Massé-Bastide, Paris, P.

U.F ..

1957 et 1959 (3 vol.).

tt udes.

-V.

J anké lé v it ch .

Henri Bergson, Paris.

P.U.F., 1959 (nouvelle édition d'un ouvrage fond am en tal paru en 1931); L.

Husso n, l'Intellectualisme de Bergson, genèse et développe­ mellt de la notion bergsoniemre d'intuition, Paris, P.U.F., 1947: R.-M.

Massé-Bastide, Bergson éducateur, Paris, P.U.F., 1955 (la meilleure biographie); H.

Gouh ie r, Bergson et le Christ des tvangiles, Paris, Fayard, 1961 (la philosophie bergsonienne du christianisme).. »

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