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bergson l'acte libre

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bergson
    Dès la première phrase, on peut même dire dès la première ligne, Bergson nous découvre d'un seul coup ce qui distingue l'acte libre, ce qui lui confère cette qualité. Il ne fera plus, après, que répondre aux objections que peut soulever cette définition et sa conclusion ne fera que reprendre son idée première.     Pour Bergson, « nous sommes libres quand nos actes EMANENT DE NOTRE PERSONNALITE ENTIERE ». Ainsi un acte libre ne se présente pas comme un acte que provoquerait un mobile ou un motif impersonnel (qui en quelque sorte ne serait pas de moi). Certes des idées toutes faites, des états de conscience modelés par nos rapports pratiques avec le monde extérieur, par les conventions sociales, qui ainsi ne sont pas de nous, ne sont pas issus du plus profond de nous-mêmes peuvent guider et commander beaucoup de nos actes. Mais justement ces actes ne sont pas vraiment des actes libres. Un acte n'est libre que s'il exprime notre personnalité, que s'il la traduit tout entière, à peu près comme l'oeuvre traduit l'artiste qui  l'a créée. Ne dit-on pas justement de l'artiste qu'il s'est mis tout entier, qu'on le retrouve tout entier dans son oeuvre. Un acte est donc libre dans la mesure où il est l'expression du moi le plus profond, celui où mobiles, motifs, décision, acte ne sont que les aspects intimement mêlés d'une personnalité unique, et non de ce moi superficiel et social disloqué entre des habitudes, des concepts, des sentiments que le comportement quotidien m'oblige à emprunter. Mais, dira-t-on, vous avez cru poser un acte qui émanât de votre personnalité entière et après tout vous n'avez fait que CEDER A UNE INFLUENCE toute-puissante, celle de votre caractère. Le psychologue empirique traditionnel raisonne ainsi. A quoi Bergson répond mais NOTRE CARACTERE, C'EST NOUS. D'où vient alors qu'on parle de l'influence du caractère sur nos actes. C'est qu'on a divisé (scindé, dit Bergson) abstraitement, artificiellement, la personnalité en deux, pour considérer d'un côté le moi qui sent ou pense et de l'autre le moi qui agit. Dès lors, on verra un moi qui pense et sent de telle façon peser de tout son mode de pensées et de sentiments sur un autre mo...

« l'autre le moi qui agit. Dès lors, on verra un moi qui pense et sent de telle façon peser de tout son mode de pensées et de sentiments sur un autre moi qui a à agir pour le déterminer à agir de telle ou telle façon. Bergson dénonce la puérilité de cette manière de voir, de compartimenter grossièrement la personnalité. Soit, répondra la psychologie traditionnelle, notre caractère est partie constitutive de nous-mêmes, il est nous; nous voulons bien l'admettre. Mais cela ne fait que déplacer le problème, car alors sommes-nous libres de modifier notre caractère ? et si notre caractère se modifie malgré nous, ne va-t-il justement pas être cet élément étranger qui pèse sur nos actes. Bergson fait alors appel à l'observation la plus courante, celle du bon sens. Un caractère ne se modifie pas brusquement et de façon marquée. On ne connaît pas de caractère qui se transforme radicalement du jour au lendemain. Dans la réalité de l'expérience, NOTRE CARACTERE SE MODIFIE INSENSIBLEMENT TOUS LES JOURS. Bien sûr, ces modifications, même insensibles, finiraient par accumulation par constituer ce corps étranger qui menacerait notre liberté, si elles ne faisaient que se greffer sur notre moi. Mais en réalité ces changements ne sont pas des acquisitions nouvelles qui s'ajouteraient à notre personnalité, qui feraient nombre avec elle ELLES VIENNENT AU CONTRAIRE SE FONDRE EN ELLE, la personnalité peu à peu se les approprie, se les incorpore. Et au fur et à mesure qu'elle se les incorpore, la personnalité ne cesse jamais d'être totalement elle-même. ET BERGSON CONCLUT à l'aide d'une image encore plus forte et plus suggestive que celle par laquelle il avait ouvert cette page. Il avait parlé de l'indéfinissable ressemblance qu'on trouve parfois entre l'oeuvre et l'artiste et qui lui paraissait définir assez bien le rapport qu'il peut y avoir entre l'acte libre et le moi, la personnalité entière qui le pose. Ici il évoque la paternité LES ACTES LIBRES SONT LES ENFANTS DE CE MOI PROFOND ils lui ressemblent comme un enfant ressemble à son père et l'on ne reconnaît les actes libres que précisément à cette marque, cette marque qu'ils portent de venir tout entiers de nous-mêmes.     Bergson avait l'intention (nous l'avons déjà souligné) de dénoncer et d'écarter la conception mécaniste et simpliste de l'activité volontaire. II dissipe les illusions d'un déterminisme psychologique fondé sur le modèle de la causalité extérieure. Suivant ces conceptions, nos actes ne peuvent être que la résultante d'éléments »

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