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Blaise PASCAL: Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

Publié le 05/01/2010

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Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. Blaise PASCAL

Pascal (1623-1662) rédige les Pensées durant les dernières années de sa vie ; il collectionne sur de petits papiers les éléments d'une oeuvre à visée apologétique. Le texte sera publié une première fois de manière posthume par ses proches de l'abbaye de Port Royal, foyer de la pensée janséniste, et ne cessera d'être remanié par des éditions successives (nous choisissons ici le classement établi par Lafuma). L'oeuvre est originale tant par les aléas éditoriaux qui la caractérisent que par la préoccupation qui l'anime ; on est loin des opuscules scientifiques et de leur argumentation proprement démonstrative. Grand lecteur de Saint Augustin, Pascal est aussi marqué par la lecture de Montaigne, dont il gardera des leçons de scepticisme. Mais ici, le scepticisme se réduit en fait à une arme critique censée ébranler ce que l'on croyait sûr, par exemple, la toute-puissance de notre raison à établir le vrai. De ce point de vue, les Pensées représentent un contrepoint philosophique majeur à la métaphysique cartésienne qui prétend fonder tout l'édifice du savoir, l'existence de Dieu y compris, par l'examen rationnel.

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« Pascal montre donc à l'homme qu'au regard de l'infinité de l'espace, il n'est que dans un « petit cachot », dansun morceau ridicule d'espace, mais aussi que, fouillant la plus petite parcelle de matière, il retrouvera « uneinfinité d'univers ».« Qui se considérera de la sorte s'effrayera de soi-même, et, se considérant soutenu dans la masse que lanature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles, etje crois que sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence, qu'à lesrechercher avec présomption.

»Nous touchons là au second sens de l'effroi devant l'infinité et le silence de l'univers.

Il faut vaincre laprésomption scientifique.

Il faut réapprendre à l'homme à trembler, il faut lui faire comprendre que par la raisonil ne comprendra jamais ni l'univers, ni lui-même.L'univers est vide de Dieu, et il est offert à la recherche scientifique.

Il faut montrer au savant que sesrecherches sont dérisoires, que le seul vrai souci est le souci de Dieu.

Et c'est en montrant qu'il y a unedisproportion extrême entre l'infini qui nous submerge et notre condition faible et mortelle, qu'on pourra affirmer:« Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomesau prix de la réalité des choses […] ne cherchons point d'assurance et de fermeté.

Notre raison est toujoursdéçue par l'inconstance des apparences ; rien ne peut fixer le fini entre les deux infinis qui l'enferment et lefuient.

»Ce qu'il y a d'effrayant dans le monde tel que le conçoit le XVII ième savant, est qu'il est un univers froid, dontDieu s'est retiré, et où l'infini nous engloutit, où la nature ne nous parle plus.

Mais ce qu'il y a de plus effrayantencore, c'est que les savants entreprennent de comprendre cet univers grâce à la raison naturelle, en sedétournant ainsi de la quête de Dieu.

L'univers est visible, mais froid et silencieux, Dieu est caché.

Les savantss'arrêtent à l'univers au lieu de rechercher Dieu.

C'est pourquoi il faut humilier la raison, et lui montrer lescontradictions dans lesquelles elle s'empêtre.

C'est pourquoi il faut dire à l'homme de science que sa raison nelui fournira aucune certitude, c'est pourquoi il faut souligner la disproportion entre le fini et l'infini.Par là s'expliquent les attaques contre Descartes et la fameuse formule « Descartes inutile et incertain ».Descartes est inutile car il n'est que savant, et que la raison n'atteint que l'inessentiel en l'homme ou en lanature.

Il est incertain parce que jamais la raison ne peut nous fournir de certitude véritable, et que, pour lejanséniste qu'est Pascal, l'essentiel est la connaissance non pas d'un Dieu dont on prouve l'existence, mais deJ.C.

auquel on croit :« Je ne puis pardonner à Descartes ; il aurait bien voulu, dans toute sa philosophie, se pouvoir passer de Dieu ;mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement ; aprèscela, il n'a plus que faire de Dieu.

»Le monde des savants est celui où Dieu n'a plus d'autre fonction que de créer la matière et de lui imprimer dumouvement ; après cela, Dieu disparaît.Ce n'est pas la compréhension de l'univers matériel qui importe.

Pire, elle risque de faire écran à la saisie del'essentiel : la charité, c'est-à-dire l'amour de Dieu.

PASCAL (Biaise). Né à Clermont-Ferrand en 1623, mort à Paris en 1662. Enfant précoce, il écrivit à onze ans un traité des sons, et retrouva tout seul, à douze ans, la trente-deuxièmeproposition du premier livre d'Euclide.

A dix-neuf ans, il inventa une machine arithmétique.

En 1646, il entre enrelations avec Port-Royal et fait sa première expérience sur le vide.

A partir de 1652, commence ce que l'on aappelé la « vie mondaine » de Pascal.

Ami du duc de Roannez, il fréquente les salons et les femmes, s'adonne aujeu, mais poursuit cependant la réalisation de ses travaux mathématiques : il se révèle le promoteur de l'analyseinfinitésimale et du calcul des probabilités.

Insatisfait de la vie qu'il mène, las du monde, le cœur vide, il éprouve lanostalgie de Dieu.

Pascal a une illumination dans la nuit du 23 novembre 1654, et trace quelques lignes sur unmorceau de papier, qu'il conservera cousu à l'intérieur de son vêtement.

Il se retire à Port-Royal-des-Champs, etparticipe avec ardeur à la polémique qui oppose les Jansénistes et les Jésuites, prenant la défense de Port-Royal(1656-1657).

La guérison de sa nièce, à la suite de l'attouchement d'une épine de la couronne de Jésus, le rendencore plus convaincu dans sa foi chrétienne.

Il abandonne ses recherches de mathématiques et de géométrie, etvit désormais dans l'humilité et la souffrance.

Il imagine la création de carrosses à cinq sols pour le déplacement despauvres, voitures qui sont à l'origine des transports publics en commun.

Il meurt le 17 août 1662.

— Bien entendu, iln'y a pas de système philosophique de Pascal, que Bayle a appelé « un individu paradoxe de l'espèce humaine ».Malade et las, Pascal a cherché en souffrant.

Il s'est approché de l'univers invisible, à tâtons.

Dieu est pour lui « ladernière fin, comme lui seul est le vrai principe ».

Polémiste, géomètre, physicien, Pascal est l'un des plus grandsécrivains français.

Sa distinction entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse est célèbre.

L'esprit de géométrie,c'est celui qui procède par définitions et déductions rigoureusement logiques et qui s'étend jusqu'aux plus extrêmesconséquences.

L'esprit de finesse, c'est la « souplesse de pensée » qui permet, face à la complexité des choses,. »

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