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Bonheur et vertu ?

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. Si la « vertu » de l'homme consiste dans une vie réglée selon la raison, c'est qu'être raisonnable est la nature propre de l'homme. On le voit, les sagesses grecques ne sont pas des morales, au sens moderne - c'est-à-dire kantien - du terme : elles ne s'ordonnent pas sur l'idée de devoir. Elles ne répondent pas à la question : « Que dois-je faire ? » mais à cette autre : « Comment bien vivre (et bien mourir), en accord avec ma nature ? » Savoir et vertu « Nul n'est méchant volontairement » : cette formule socratique, reprise par Platon, peut surprendre. N'ôte-t-elle pas à l'homme qui accomplit une mauvaise action toute liberté et donc toute responsabilité devant le mal qu'il fait, comme toute possibilité de repentir ? Le devoir de bien agir ne s'impose-t-il pas à tout homme, même au plus fruste ? Pour Platon comme pour la plupart des Grecs, le problème moral ne se pose pas en termes de devoir, mais en termes de connaissance : connaissance par l'homme de sa nature et de la nature des choses. C'est ainsi qu'il faut comprendre l'adage de Platon. En morale comme en politique, celui-ci fait dépendre l'acte juste de la connaissance de l'essence de la justice.

« l'âme concupiscible. C'est une maladie, une perversion, qui remet en cause la totalité de l'individu. Dans cettetyrannie du supérieur par l'inférieur, l'homme devient esclave des désirs sans frein ; c'est pourquoi il estnécessairement malheureux. Il devient incapable de jugement, d'honneur, et, au lieu d'être maître de soi, il estsoumis à ce qu'il y a de plus bestial en lui. Céder aux passions, au désir, rêver d'être tyran est donc en fait rêver d'être impuissant, confondre ce qui estagréable avec ce qui est bon. Nul ne peut être véritablement maître des autres sans être d'abord maître de soi. Leprojet d'hommes comme Calliclès est contradictoire : on ne peut à la fois être soumis à ses propres désirs et libre, être maître et serviteur. Le « Grogias » filait la métaphore des deux tonneaux. L'homme maître de lui-même, ordonné, est celui qui sait combler ses désirs sans leur céder, accorder au corps ce qu'il faut. L'homme tyrannique poursuit sans trêve desplaisirs nouveaux, comme on verse du liquide dans un tonneau ; mais ce que ne sait pas cet être de la démesure,ce qu'il ne veut pas voir, c'est que sa conduite déréglée en fait un « tonneau percé ». Il peut sans fin accumuler lesplaisirs : il ne sera jamais comblé, et s'épuisera en pure perte. Le dérèglement est donc d'abord une faute de jugement : c'est une incompréhension de ce qu'est le bien véritable,une confusion entre bon & agréable. Ainsi, il est clair que « Nul n'est méchant volontairement ». Eclairer les intelligences, c'est ipso facto redresser les conduites. Mais puisque l'injustice est une maladie de l'âme, une perversion de l'ordre, alors la punition est leremède approprié. Le châtiment est conçu par Platon comme analogue du médicament. On accepte la souffrance physique pour se soigner, pour réparer un mal, parce qu'on sait que le traitement enduré est finalement bénéfique. Ildoit en aller de même pour l'âme : la souffrance endurée, là encore, doit être comprise comme nécessaire au rétablissement d'un équilibre que l'injustice avait compromis. C'est pourquoi, aussi paradoxale que paraisse la thèse,« il est pire de ne pas être puni que de l'être ». L'homme injuste impuni est semblable au malade abandonné à son sort. Platon inaugure la grande tradition de l'ascétisme. En un sens, toute notre morale est restée imprégnée des thèses platoniciennes, et il n'y a guère que Nietzsche pour avoir reconnu en Calliclès un modèle. N'ôte-t-elle pas à l'homme qui accomplit une mauvaise action toute liberté et donc toute responsabilité devant lemal qu'il fait, comme toute possibilité de repentir ? Le devoir de bien agir ne s'impose-t-il pas à tout homme, mêmeau plus fruste ?Pour Platon comme pour la plupart des Grecs, le problème moral ne se pose pas en termes de devoir, mais en termesde connaissance : connaissance par l'homme de sa nature et de la nature des choses.C'est ainsi qu'il faut comprendre l'adage de Platon. En morale comme en politique, celui-ci fait dépendre l'acte justede la connaissance de l'essence de la justice. « Nul n'est méchant volontairement » signifie donc que le méchantignore où est son bien, et qu'a l'inverse celui qui connaît le bien agit bien.L'objection est immédiate : je peux savoir ce qui est bien et ne pas parvenir à le faire. L'ivrogne connaît les ravagesde l'alcool, et cela ne l'empêche pas de boire. Mais pour Platon, l'objection ne vaut pas : la connaissance du bienn'est pas un acte « intellectuel » séparé de l'acte volontaire. Car la connaissance implique une conversion de l'âmeque l'allégorie de la caverne décrit comme pénible : elle engage alors l'individu dans sa totalité, elle est une disciplinepermanente. Dans ces conditions, savoir et vouloir le bien ne font qu'un. Celui qui ne veut pas le bien ne le connaîtpas vraiment, parce que le savoir est un acte en lui-même éthique : il suppose une orientation spirituelle de l'âmetout entière.En faisant dépendre la morale de la connaissance, Platon n'apparaît-il pas comme un précurseur de la philosophiedes Lumières, selon laquelle il suffit d'éclairer les hommes pour les rendre meilleurs ? Il faut cependant se garderd'une interprétation trop « moderne » de la morale platonicienne. En effet, affirmer que le mal résulte d'uneignorance, revient à affirmer, contre ce qu'enseigne la philosophie depuis Rousseau ou Kant, qu'il ne résulte pasd'une volonté libre de ne pas le faire. »

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