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Ce qui est naturel est-il normal ?

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Le terme problématique de cette question est véritablement l’adjectif « normal «. Le normal relève d’une norme. Celle-ci est la détermination ou la représentation d’un règle ou d’une moyenne que l’on fixe. Elles sont des créations de l’esprit de l’homme. En ce sens, elles relèvent de conventions. La question est alors de connaître et de comprendre les critères définissant le normal. Le normal s’oppose au pathologique. Dans ce cas, il semble que le normal soit le sain tandis que le malade soit pathologique. Ce qui est naturel vient de la nature. Or si l’on définit la nature comme l’ensemble de ce qui est, des étants, étant donné que le réel viable, on peut dire alors que ce qui est naturel est normal. Le non-naturel serait alors l’a-normal voire le pathologique. Pourtant, une malformation est naturelle, elle est le fruit d’une conjonction de facteurs qui peuvent être entièrement de causes naturelles. Toutefois, la malformation ne nous apparaît pas normal en tant qu’elle dévient des règles ou de la perception de la « normalité «. En ce sens, c’est bien le sens, le fondement et la valeur du « normal « qu’il faut étudier.

« l'emporte sur l'inférieur, et le plus capable sur le moins capable. La nature est le siège d'une lutte de forces, où laplus puissante est destinée à l'emporter et à dominer. Les bâtisseurs d'Empires n'ont pas autrement agi, en pillant,massacrant, pour s'approprier et dominer. La soumission à la justice égalitaire est donc le fait des faibles, quicraignent les puissants et sont incapables de dominer. Pourtant, l'humanité s'est construite contre la nature, par « la voix de la conscience » (Bataille, l'Érotisme). N'est-ilpas en ce cas contradictoire d'ériger en norme ce avec quoi l'homme doit rompre pour devenir un homme? Pour Bataille, l'homme se définit par un double être de négation : il nie la nature, le donné naturel et se nie lui-même. L'homme n'est pas un animal comme les autres puisqu'il ne se satisfait pas du donné naturel. Lorsque Batailledit qu'il le nie, il signifie qu'il le modifie, le transforme. En d'autres termes, l'homme est un être qui se construit unmonde. L'homme est un être de technique qui n'est pas nécessairement adapté au monde qui l'entoure mais quiadapte ce monde à ses besoins. Il y a donc une différence radicale entre le monde naturel et le monde culturelhumain. Mais cette négation ne porte pas simplement sur le monde extérieur, elle porte également sur l'homme lui-même puisque tout individu quitte cette naturalité première qui fait de lui simplement un être de besoins. L'hommen'est pas qu'un être de besoins, en quoi son éducation fait qu'il ne vit pas seulement selon ses pulsions ; parexemple, l'éducation consiste à apprendre à vivre ensemble et donc à différer ses désirs. Bataille montre alors le lienentre ces deux négations simplement parce que la négation du donné naturel est aussi négation de sa propreanimalité. II. Le naturel ne peut être normatif. L'avènement de l'humanité par l'institution, la technique et le langage, implique le renoncement au naturel. Hobbesillustre cette thèse dans le registre politique. Si l'homme était resté à l'état de nature, c'est-à-dire dans la conditionprécédant toute forme de vie collective régulée par des lois, il n'aurait pas survécu longtemps. Sa vie et ses biensauraient été en permanence menacés, et il n'y aurait eu aucune justice. Le naturel n'est donc pas une norme maisce qu'il faut fuir, pour vivre en harmonie avec ses semblables. Lorsque l'on revendique le naturel, il faut en outre s'assurer qu'on ne leconfond pas avec l'artificiel ou l'acquis. L'acte de manger, par exemple, estnaturel : il est nécessaire à la préservation de l'être vivant. Mais utiliser descouverts et préparer tel plat plutôt que tel autre, est culturel. Merleau-Pontyen conclut qu'«Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme, comme onvoudra dire, en ce sens qu'il n'est pas un mot, pas une conduite, qui ne doivequelque chose à l'être simplement biologique.» Phénoménologie de laperception (1945). L'idée d'une âme qui place l'homme à part de la nature apour soubassement une conception religieuse de l'homme. Si l'on veutconserver l'idée que l'homme malgré tout n'échappe pas à la nature, tout enconservant sa spécificité absolue, on peut dire avec Merleau-Ponty que, enl'homme, le naturel et le culturel se confondent: il n'y a aucun acte humainqui ne puisse être rapporté à du biologique. Mais, de l'autre côté, le sens deces actes, même les plus primitifs, est toujours culturel. Tout est naturel enl'homme, mais pour l'homme, tout est culturel. Comment alors ériger le naturel en norme? SUPPLEMENT: Le discours de Calliclès. "Certes, ce sont les faibles, la masse des gens, qui établissent les lois, j'en suis sûr. C'est donc en fonction d'eux-mêmes et de leur intérêt personnel que les faibles font les lois, qu'ils attribuent des louanges, qu'ils répartissent desblâmes. Ils veulent faire peur aux hommes plus forts qu'eux et qui peuvent leur être supérieurs. C'est pour empêcherque ces hommes ne leur soient supérieurs qu'ils disent qu'il est vilain, qu'il est injuste, d'avoir plus que les autres etque l'injustice consiste justement à vouloir avoir plus. Car, ce qui plaît aux faibles, c'est d'avoir l'air d'être égaux à »

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