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Certains peuvent-ils être libres au point d’être injustes ?

Publié le 22/01/2020

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pouvoir) définit l’existence du juste et de l’injuste dans les relations entre les citoyens : l’inégalité totale qui existe entre le tyran et les sujets, et la privation de liberté de ces derniers sont-elles compensées par l’organisation juridique de la population ? Hobbes considère que oui. Pour sa part, Rousseau reste très choqué par une inégalité affirmée comme nécessaire au « bon » équilibre du social : cette injustice est telle qu’elle ne peut être compensée par rien. C’est pourquoi son « contrat » est très différent de celui que concevait Hobbes, mais c’est aussi qu’il concerne des hommes d’une autre nature. En effet, si Hobbes admet que des hommes sans liberté sont encore des hommes, Rousseau est d’un avis radicalement opposé : l’homme qui renonce (de gré ou de force) à la liberté n’est plus humain.

« LA PRATIQUE ET LES FINS Hobbes et Rousseau, on conçoit aisément que cet homme naturel bénéfi­ cie d'abord d'une forme première de liberté- que Rousseau nomme plus précisément« indépendance».

Celle-ci désigne la capacité, pour cet homme isolé, de vivre selon son rythme et d'organiser son existence au gré de ses caprices.

N'ayant pas à se préoccuper des autres, il peut donner l'impression de faire «ce qu'il veut» - ou plus exactement ce qu'il peut, puisque ses capacités sont limitées par ses possibilités physiques.

Tout ce dont il peut s'emparer devient sa« pro­ priété» et le demeure aussi longtemps qu'il est capable de le conserver.

Hobbes souligne que dans cet état de nature il n'existe ni justice ni injustice (cf le texte du sujet 31), parce qu'il n'y a pas de loi.

r: «exigence de justice» n'est certainement pas naturelle, tandis que peut l'être le désir de vivre sans souci d'autrui.

Mais ce désir rencontre rapidement des obs­ tacles.

Si l'on admet (version de Hobbes) que l'homme est par nature bru­ tal, jaloux, agressif, il est clair que les conflits vont se multiplier entre indi­ vidus : pour profiter des biens d'autrui, pour l'asservir à sa puissance.

Si on pense (comme Rousseau) que des modifications du milieu obligent des hommes qui ne sont ni bons ni mauvais à se rassembler, on en déduit que leur inégalité physique - qui est en un sens une première injustice d'ori­ gine naturelle - ne tardera pas à susciter d'autres inégalités, tandis que la communauté humaine devra collaborer pour combattre les dangers exté­ rieurs.

Dans tous les cas, l'indépendance est condamnée à disparaître.

[Il.

Instauration sociale de la justice] Comment pourra-t-on maintenir malgré tout quelque chose de l'indé­ pendance - étant admis que ce sera au prix d'une transformation radi­ cale? Pour Hobbes, c'est la paix qui doit être prioritaire dans la commu­ nauté : les hommes, par leur mouvement propre, ont tendance à l'ignorer pour satisfaire leurs intérêts égoïstes.

Le Léviathan affirme en consé­ quence la nécessité d'un pouvoir tyrannique qui impose la paix aux sujets, en mettant fin à tous les conflits privés.

Voici donc les sujets égaux dans l'obéissance - et intérieurement libres de penser ce qu'ils veulent, pourvu qu'ils continuent à obéir.

La tyrannie symbolise sans doute l'injus­ tice maximale (un seul a tous les droits sans aucun devoir ; les autres ont des devoirs sans droits), et elle supprime toute liberté : cette atteinte simultanée aux deux exigences suggère qu'elles sont suffisamment liées pour que leur sort soit fréquemment le même.

On pourrait toutefois penser que la liberté demeure, au moins dans la personne du tyran ! Ce serait oublier Platon, qui a montré que le tyran est le plus esclave des hommes ce que répète Rousseau.

Mais si la liberté est bien négligée dans une telle conception du pouvoir, c'est malgré tout une certaine conception de la justice qui apparaît, dans la mesure où la loi (du. »

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