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Comment fonder les droits de l'homme ?

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« Les droits de l'homme L'idée de droits de l'homme ne s'est guère véritablement développée avant le xviiie siècle, où elle s'incarna pour lapremière fois dans des textes constitutionnels : la Déclaration d'indépendance des États-Unis (1176) et laDéclaration française des droits de l'homme et du citoyen (1789). Ces textes proclament l'existence etl'attachement à des droits naturels et subjectifs.Dire de ces droits qu'ils sont naturels » signifie qu'ils sont universels. Liés à la nature de l'homme, quels que soientles pays ou les époques, il n'est permis ni de les violer, ni même d'y renoncer, puisque ce serait renoncer àl'humanité : des droits naturels sont en principe inaliénables (imprescriptibles). Naturels » signifie ensuite que cesdroits sont antérieurs et supérieurs à l'existence de l'État (même si seuls des États peuvent réellement ethistoriquement les faire exister), et donc que toute législation se doit de les respecter (voir la Déclaration de 1789,art. 2 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme»). Les droits de l'homme sont donc conçus comme des limites à l'autorité politique, c'est-à-dire comme des libertés.L'individu s'appartient en propre. Il a le droit de penser, de s'exprimer, d'agir librement ; il a le droit de vivre ensécurité, de chercher à être heureux (l'idée de droits de l'homme est liée à l'aspiration au bonheur individuel), d'êtrepropriétaire de ses biens et de s'opposer à tout abus de pouvoir. C'est pourquoi les quatre droits mentionnés dans laDéclaration de 1789 sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. Et puisque chacun a lesmêmes droits, ceux-ci supposent l'égalité.Dire que ces droits sont subjectifs » signifie qu'ils sont des droits individuels, que chacun peut opposer à autrui ouau pouvoir lorsqu'il s'estime lésé. L'homme des droits de l'homme est un individu autonome, capable d'obéir à sapropre loi, et donc considéré comme raisonnable. Difficultés de la notion de droits de l'homme 1 — Contrairement à ce qu'affirment volontiers leurs partisans, les droits de l'homme ne sont pas une évidence. Eneffet, le droit est Une invention sociale : des droits indépendants des sociétés réelles ne sont-ils pas desabstractions vides de sens ? Au xxe siècle, cette critique conduira au positivisme juridique (Hans Kelsen), c'est-à-dire à une philosophie du droit qui ne considère que le droit positif et refuse l'idée de droit naturel. On peut objecterà ce positivisme juridique qu'il méconnaît le sens et la portée politiques des droits de l'homme.2— Les droits de l'homme se donnent comme universels ; mais le concept n'apparaît que dans une situationhistorique précise : celle de la montée de la bourgeoisie, aux xviie et xviiie siècles. N'y-a-t-il pas alors unecontradiction entre cette universalité prétendue et l'historicité réelle des droits de l'homme ? Comment peut-on sans« européanocentrisme » généraliser ce qui apparaît dans l'Europe des Temps modernes, à tous les hommes detoutes les sociétés ? Accepter jusqu'au bout cette objection reviendrait toutefois à nier l'existence même de valeursuniverselles.3 — La notion de droits de l'homme a évolué. La Déclaration de 1789 ne mentionnait que des droits-libertés. LaDéclaration universelle de 1948 leur ajoute des droits sociaux (droit à l'assistance sociale, au travail, àl'éducation...). Issue des luttes ouvrières du xixe siècle, cette « deuxième génération » de droits constitue uneespèce tout à fait nouvelle : ce ne sont plus des libertés qu'on peut opposer à l'État, mais des droits-créances, desdemandes d'intervention faites à un « État-providence » devenu prestataire de services sociaux.Le libéralisme « pur » refuse encore aujourd'hui les droits-créances (par exemple, l'économiste Friedrich von Hayek),parce qu'il est une doctrine qui veut limiter non seulement les pouvoirs de l'État mais aussi ses devoirs. Les droits-créances supposent au contraire que l'État a des devoirs envers la société, qu'il est prestataire de services sociaux(médecine publique, école publique, etc.) et qu'il doit donc intervenir dans la sphère sociale afin d'en corriger lesinégalités. Les droits sociaux peuvent d'ailleurs se comprendre non seulement comme une correction apportée à detelles inégalités, mais aussi comme un prolongement des droits-libertés. N'est-il pas difficile, par exemple, deproclamer le droit à la sécurité sans assister les plus démunis ? »

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