corrigé : serait-on libre si l'on était affranchi de toute responsabilité
Publié le 01/02/2026
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Corrigé Méthodique du Sujet : serait-on libre si l’on était affranchi de
toute responsabilité ?
Ce corrigé n’est pas un corrigé type.
Il vise plutôt à rappeler comment se
construisent certaines étapes préalables indispensables à la réussite d’une
bonne dissertation.
Seule l’introduction y est rédigée.
I analyser le sujet
Aucun devoir ne peut être réussi sans un travail précis d’analyse des termes du sujet.
Analyser
les termes du sujet, ce n’est pas en donner la signification.
C’est repérer les termes qui posent
problèmes, ses synonymes et distinguer les différents concepts proches.
Les termes qui posent problèmes sont toujours ceux qui ne sont pas directement au
programme.
Ici, liberté est la notion au programme.
Le terme à définir très précisément est
donc la responsabilité.
Ex : « la loi doit-elle être juste ».
le terme qui pose problème, c’est pas loi, au programme,
mais juste, qu’il faut définir précisément....
On n’a pas besoin d’un tel travail pour liberté, car on suppose qu’en cours, la définition de la
liberté (ou les définitions) ont étés vues.
Donc, on a juste à se les rappeler.
Il ne faut pas confondre responsabilité, contrainte, nécessité et obligation.
Contrainte : une volonté est soumise à une force qui lui est extérieure.
La contrainte est toujours une
violence qui oblige la volonté à faire autre chose que ce qu’elle tendait à faire.
L’usage de la contrainte
vise donc à supprimer la liberté et la volonté.
Par ailleurs, la contrainte n’est possible que si une force
étrangère s’impose à moi.
Conséquence : la réduction en esclavage ne peut être que le produit d’une
contrainte.
Celui qui est contraint ne peut choisir qu’entre la destruction et la désobéissance.
Obligation : le synonyme d’obligation n’est pas contrainte mais devoir.
Celui-ci se présente à la
conscience sous la forme du « tu dois » (sollen en allemand), il n’est pas énoncé par une conscience
étrangère mais par la conscience morale elle-même.
De ce fait, en accomplissant son devoir, l’être
humain n’obéit pas à une volonté étrangère.
Il ne fait que ce qu’il s’est fixé.
Aussi, être obligé, c’est
faire ce que sa volonté a fixé.
C’est donc être libre.
En outre, il est possible, une fois l’obligation
énoncée, de ne pas la respecter.
On est encore libre de ne pas faire son devoir.
Il faut aller jusqu’à dire
que le fait que nous ayons des devoirs à respecter est la preuve de notre liberté (différence entre les
hommes et les animaux).
Cependant, il faut remarquer que le fait de faire ses devoirs n’est pas naturel.
Il y a bien des choses qui en nous nous inclinent à ne pas désirer faire notre devoir.
Pour le faire, il faut
brimer ces tendances ou les détourner.
Autrement dit, pour être libre il faut se contraindre soi-même.
On comprend alors pourquoi le fait de faire son devoir peut donner un sentiment de contrainte
subjective, mais à condition de ne pas oublier qu’il y a une différence du tout au tout entre se
contraindre pour réaliser un but que l’on s’est fixé et être contraint pas une volonté étrangère.
En quoi
le fait d’être maître de soi nous rendrait plus libre que de suivre ses penchants ? Autrement dit,
pourquoi suivre son obligation plutôt que ses désirs.
Accomplir son devoir semble la forme de liberté
la plus haute qui soit car c’est vraiment accomplir une volonté propre, et non obéir à des habitudes, des
pulsions dont nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient nôtres c’est-à-dire voulues.
Faire son devoir,
c’est faire vraiment ce que l’on veut, quelle que soit la réalité des actions et des faits.
Nécessité : 1) relative : il y a nécessité relative lorsque celle-ci est reliée à un but dont elle est la
condition (il est nécessaire de casser les œufs pour faire une omelette).
Dans ce cas il n’existe de
nécessité que selon le but, et qu’à partir du moment où celui-ci est réalisé
2) absolue : déterminisme.
Toute cause étant posée, l’effet ne peut pas ne pas suivre, car son existence
est déterminée par ses causes.
Ce qui est déterminé ne peut pas ne pas être, ni être autrement.
En ce
sens, la liberté n' est pas incompatible avec la nécessité.
Il n’y a de nécessité que par rapport au but fixé
et il y a liberté s’il y a capacité à fixer soi même les buts.
Manger relève de la nécessité, vouloir
manger une omelette est liberté puisque l’omelette n’est pas une donnée de la nature.
Elle a été posée
comme but.
Il ne peut pas y avoir de liberté là où il y a une nécessité absolue.
La liberté suppose le possible autre et
donc le choix.
Là où il y a nécessité absolue, il est impossible qu’il y ait autre chose que ce qu’il y a.
Dans le système solaire, les corps suivent nécessairement le mouvement qu’ils suivent selon le
théorème de la gravitation, ce qui rend possible la prévision de la position apparente des astres.
Dans
l’ordre de la nécessité, il n’y a pas de liberté car il n’y a pas de jeu possible.
Tout est mécanique.
Responsabilité : le mot est à l’évidence lié au terme répondre.
La réponse n’a de sens que si une
question a été posée.
Selon l’étymologie, la responsabilité est donc une forme particulière du dialogue.
Particulière parce que celui qui interroge est hiérarchiquement supérieur à celui qui répond.
Il a donc
autorité sur celui qui répond tandis que le dialogue stricto sensu suppose l’égalité des participants.
La
responsabilité pour un sujet quelconque c’est toujours d’avoir à répondre devant une autorité.
De
quoi ? Des actes qu’il a produits, de ce dont il est lui-même l’auteur.
Pour être auteur il faut non
seulement être l’agent de l’exécution mais l’avoir voulu (voir différence entre auteur et narrateur).
Être auteur c’est être soi même à l’origine de ce que l’on fait.
On ne peut être auteur que de ce qui
provient de nous même, c'est-à dire de ce dont on est soi même la cause.
Quelles en sont les
conditions ? Notre volonté doit être l’origine véritable des actes produits, c’est à dire qu’elle ne doit
pas être prise elle-même dans un enchaînement de causes et d’effets donc que cette volonté ne soit pas
l’effet d’une cause qui la précède.
La seule cause qui soit auteur parce que pure origine de l’effet est
donc une cause qui n’est jamais pensable comme effet, une cause première.
Autrement dit, pour être
auteur il faut être libre puisque tout ce qui est déterminé par sa cause n’est pas libre.
Ce qui revient à
dire : disposer de la capacité à être à l’origine de ce qui vient de nous.
Il est donc illusoire de croire
qu’on serait bien plus libre si l’on était responsable de rien.
La responsabilité est la même chose que la
liberté.
Vouloir être affranchi de toute responsabilité serait vouloir être affranchi de sa liberté.
Reste à
comprendre pourquoi nous pouvons croire que nous serions plus libres si nous n’étions responsables
de rien.
Si nous sommes conduits à penser que la responsabilité est susceptible d’être au moins négative, cela
tient à sa nature.
En effet, pour être responsable, il faut être auteur, c'est-à dire qu’il soit vrai que tel
acte nous soit imputable.
Il en résulte un lien indissoluble entre l’acte commis et son auteur.
Autrement
dit, la responsabilité implique que nous portions nos propres actes que cela nous plaise ou non.
En ce
sens, ils sont une charge d’autant plus pesante que nous souhaitons nous séparer des actes dans
lesquels nous ne nous reconnaissons plus.
Il est courant que nous refusions de porter la responsabilité
des actes moralement condamnables.
Exemple : Caën interpellé par sa conscience morale qui lui
demande ce qu’il a fait de son frère, qu’il n’en est pas le gardien, qu’il n’a aucune responsabilité à son
égard.
Nous ne réagissons pas de la même façon face à des actions valorisantes.
Au lieu de nous
apparaître comme un fardeau, elles sont ce qui nous accomplit et nous porte.
Mais nous ne sommes
pas davantage responsables des unes que des autres et pour cela que notre attitude envers notre
responsabilité et donc la liberté est toujours ambiguë.
Nous cherchons les responsabilités ou les fuyons
selon qu’elles nous portent ou qu'il nous faut les porter.
Il n’est pas vrai que nous aspirons à la liberté
puisque tantôt nous la cherchons et tantôt la fuyons.
II Problématiser le sujet :
Ici, le sujet présuppose que la responsabilité limite notre liberté, voire nous en prive.
Et il
présuppose que la responsabilité, c’est ce qui empêche notre liberté.
C’est pour cela qu’il est
possible d’imaginer que sans responsabilité, on serait vraiment libre.
Problématiser le sujet, c’est comprendre ce qui peut nous conduire à croire en de tels
présupposés, et pourquoi ces présupposés ne sont sans doute pas vrais.
Donc ici cela suppose de se demander :
-pourquoi je perçois la responsabilité comme une contrainte (dans le monde du travail, avoir des
responsabilités me donne de....
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