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Dans quel but les hommes se donnent-ils des lois ?

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2) Le caractère écrit des lois permet à toutes les parties de s'y référer : la défense peut le cas échéant les objecter à la pratique des juges.* Les lois cessent alors d'être l'instrument du pouvoir d'une corporation sur l'ensemble de la société. II) Mais une loi écrite doit être interprétée pour redevenir vivante. A) La loi écrite est contestable parce qu'elle a une origine historique assignable. 1) La loi ne peut être critiquée qu'à partir du moment où, étant écrite, elle entre dans une histoire et cesse d'être transcendante à la société.* Ex. : Antigone rappelle au roi Créon que « [son] décret ne date que d'hier » et lui objecte les lois immémoriales et intangibles de Zeus.2) La loi doit refaire à chaque fois la preuve de sa valeur se montrant capable d'éviter la violence et de résoudre les conflits. B) La variation et « l'agitation » (Montaigne) des lois empêchent l'homme raisonnable d'y adhérer pleinement. 1) L'expérience et la réflexion nous enseignent que les lois varient à l'infini dans le temps et dans l'espace.

« I/ L'imagination surpasse la raison (Début.... »satisfaction autrement pleine et entière que la raison ») Pascal se détache assez vite de la conception classique de l' imagination, même si elle conserve à sesyeux un aspect trompeur. Si l'imagination est « superbe », si elle contrôle et domine la raison, en effet, celanécessite que l'imagination dépasse entièrement la raison, d'une part, et, d'autre part, qu'elle lui indique la directionà prendre. Que l'on songe ici aux hypothèses scientifiques par exemple. Galilée devait bien imaginer qu'il existait uneloi rendant compte de la chute des corps pour mettre en place ses expériences et parvenir à démontrer ce qu'iln'avait d'abord qu'imaginé. L'imagination, loin d'être ici ce qui caractérise les fous ou les rêveurs, est ainsi unequalité des plus utiles et côtoie la sagesse. Elle n'est donc pas une puissance inférieure à la raison : elle surpasseinfiniment la raison par sa puissance. Comment caractériser cependant ce terme d' « ennemie de la raison »? L'opposition est ici classique. L'imaginationne donnerait lieu qu'à des rêves, des délires, alors que la raison nous permettrait d'acquérir une sagesse et unecompréhension des événements. De la même façon que les Grecs prétendaient accéder au bonheur par la raison,l'imagination rendrait malheureux ceux qui s'y fieraient puisqu'elle les condamnerait à l'ignorance. En est-il pourautant uniquement ainsi? Pascal explique que l'imagination établit en nous une « seconde nature ». Pour Pascal, lanature de l'homme est d'être un néant, une créature finie qui est jetée entre deux infinis. Il peut bien espérer apercevoir par les sciences la présence de ces infinis (l'infiniment petit et l'infiniment grand) , mais il ne peut enaucun cas espérer pouvoir les contrôler par la raison, qui elle,est la qualité des êtres finis que nous sommes. Eneffet, même les plus rigoureuses démonstrations s'appuient sur des principes premiers...qui, eux, ne peuvent êtredémontrés. Ainsi, les hommes, qui en eux-mêmes et par eux-mêmes ne sont rien, essayent d'être quelque chosevis-à vis des autres hommes en misant tout sur l' apparence . Nous avons donc l'habitude d'employer l'imagination pour juger de ce qu'est quelqu'un ou quelque chose d'après les apparences. L'imagination est alors un pouvoir bienplus couramment employé que la raison. Imaginons par exemple quelqu'un qui veut se faire passer pour riche : ilconsacrera toutes ses activités à l'économie d'une part, et 'autre part, il affichera sa richesse sur ses vêtements,sa voiture, sa demeure et autres biens. Et tout le monde jugera de sa richesse en fonction du faste qu'il auradéployé. L'imagination est donc puissante en ce qu'elle guide et oriente nos jugements. La place sociale que nousacquérons dépend également de l'effet que nous provoquons sur l'imagination des autres et de la façon dont nousnous imaginons nous-mêmes dans notre apparat. Pascal use d'ailleurs de sa superbe rhétorique (et de son effet sur l'imagination) pour parler avec raison decette faculté et mettre en valeur sa toute-puissance. « Elle fait croire, douter, nier la raison. » Notez que lacroyance et le doute sont deux résultats contraires. Lorsque nous croyons quelque chose, nous ne le remettonsplus en doute. Or, c'est la même faculté, l'imagination, qui produit ces deux effets opposés. Elle produit en nous laconviction, la certitude (par les effets rhétoriques ou la persuasion) comme l'incertitude. (la peur par exemple). Celaau point même d 'en arriver à nier les certitudes que la raison pourrait fournir (essayez donc de convaincre unearachnophobe qu'une araignée ne va pas la dévorer...) Même les sens, qui paraissent nous donner accès au réeldépendent d'elle. L'imagination peut très bien remettre en question ce qu'ils nous montrent (douter des sens, c'estd'abord imaginer qu'ils nous trompent) ou infléchir leur perception (nous ne percevrons pas un chien de la mêmefaçon s'il nous effraie ou nous semble affectueux). De même, l'artiste comme le fou font preuve d'imagination. Ladifférence est dans le fait qu'elle a un effet créateur pour l'un alors que l'autre est complètement enfermé dans sesvisions. Pascal en arrive enfin à conclure que l'imagination a le pouvoir de rendre heureux, alors que la raison rendmalheureux. Que faut-il comprendre ici? Il rappelle ici que les personnes qui s'imaginent heureuses ont le pouvoir dele devenir, alors que ceux qui essayent de se gouverner par la raison, et qui voient combien son influence est faiblesur les hommes, n'en sont que plus tristes. La hardiesse, la joie, l'audace de ceux qui s'imaginent des maîtres permetà ces hommes d'être reconnus comme tels par les autres, parce que, de fait, ils apparaissent comme tels, bien qu'ilsne le soient pas nécessairement. Les gens de raison, qui connaissent la tromperie des apparences et qui se plaisentà ne pas les suivre sont à l'inverse considérés comme originaux, rêveurs, quand bien même ils « ont raison. » II/ L'imagination agit constamment( « Qui dispense la réputation...pâlir et suer ») Si ne suivre que les conseils de la raison rend malheureux, il y a bien ici une leçon à retenir sur la portéede l'imagination. Aussi , Pascal s'empresse-t-il de soutenir la thèse qu'il défend en illustrant la portée du pouvoirimaginatif. Ainsi, il souligne le pouvoir de la rumeur, du « on dit », fondateur de tant de légendes , de coutumes etde traditions. Tout cela donne la « réputation ». Le « respect », également, se gagne par l'âge (respect desanciens) et/ou par les actes. Mais dans tous les cas, il s'agit de la façon dont ces personnes apparaissent auxautres. Donc, comme l'être de l'homme n'est rien qu'apparaitre, tous les jugements que nous pourrons formulerseront toujours le fruit de l'imagination. Ainsi en est-il de même des « ouvrages » (jugés utiles ou importants pournous, en non en eux-mêmes), des « lois » (jugées utiles également pour nos sociétés), des « grands » (jugéscomme personnes importantes d'après leurs habits)... L'imagination est donc ce qui permet d'être considéré parmi »

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