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Dans quelle mesure la religion suppose-t-elle un acte de foi ?

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religion On peut rapprocher ici l' « acte de foi » des « actes de discours » (speech acts) qu'évoque Austin dans Quand dire, c'est faire. L'acte de discours consiste à faire quelque chose par le discours : dire revient alors à faire. Austin désigne cela du nom de « performatif ». Ainsi, quand je dis « la séance est ouverte », j'use d'un performatif, puisque le fait d'annoncer l'ouverture de la séance l'ouvre effectivement. Or, il en est de même dans la foi : dire que « je crois en Dieu » constitue Dieu comme existant à mes yeux de croyant. La foi se distingue donc sur ce point de l'opinion. Elle se distingue aussi de la science, comme l'indique la formule de saint Paul : « credo quia absurdum », c'est-à-dire « je crois parce que c'est absurde ». En effet, le fait de croire aux miracles relève selon lui de la foi et non de la science. « Croire en » et « savoir » sont dès lors deux actes différents : par exemple, que l'eau se soit changée en vin au cours des noces de Cana, voilà quelque chose que l'on ne peut savoir, c'est-à-dire qui n'est pas démontrable scientifiquement et qui paraît même impossible du point de vue de la science. Or, il s'agit d'un miracle auquel on peut croire.

« Kant distingue donc trois ordres de foi : si les deux premiers concernent l'action efficace et la connaissance du monde, le dernier engage notre vie elle-même. Toutefois,cette tripartition de la foi reste cantonnée à ce que l'on peut appeler lathéologie rationnelle, si l'on entend par-là une foi qui se fonde sur lesexigences de la raison, un rapport à Dieu ( theos , dans théo-logie, signifiant Dieu) dont dépend notre moralité. La foi en Dieu est alors une cautionrationnelle de la morale. Or, sur ce point, Pascal exprime un avis contraire. Avec Kant, il reconnaît que la raison demeure hétérogène à la foi ;autrement dit, la science, la raison ou le savoir ne peuvent pas démontrerl'existence de Dieu ; la foi demeure la seule autorité en la matière.Cependant, de cela, Kant divise la foi en trois, la dernière nous introduisant àla religion (une religion dans les limites de la simple raison, pour reprendre letitre d'une de ses œuvres), c'est-à-dire en accord avec les principesrationnels devant guider l'action morale des hommes. Mais, pour Pascal, unetelle conception s'égare. L'acte de foi, selon lui, n'est jamais dicté par des impératifs de laraison, mais par le souci de se réconcilier avec Dieu. En effet, à la suite desaint Augustin, Pascal conçoit deux natures en l'homme : une avant le péchéoriginel et une après, le passage de l'une à l'autre correspondant à une chute.Alors que l'homme aimait Dieu infiniment, il s'est préféré à Dieu et se retrouveégoïste, n'aimant que lui-même ; dès lors, il est condamné à ne jamais pouvoirsatisfaire son désir d'infini. Un seul recours existe pour sauver l'homme : quecelui-ci se tourne vers Dieu, puisque Dieu seul peut combler son désir. L'acte de foi consiste donc en une conversion du regard vers Dieu : l'homme doit chercher Dieu de toutes ses forces et sedisposer à être touché par la grâce, donnée par Dieu et qui seule peut racheter l'homme. L'acte de foi est donc un acte d'amour et la religion le suppose dans la mesure où elle promet à l'homme lesalut. L'acte de foi n'est donc pas la croyance rationnelle en un au-delà, comme caution de nos actions morales,mais l'amour que l'homme porte à Dieu, le report sur Dieu de l'amour que l'homme voue à lui-même depuis lacorruption du péché. La foi n'est plus le privilège de la raison, mais celui du cœur : celui qui aime Dieu l'a déjàtrouvé, car il croit en lui, même s'il n'est pas encore touché par la grâce ; c'est en ce sens que Pascal fait dire àJésus : « Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé. » Conclusion : Ainsi, la religion suppose un acte de foi dans la mesure où elle ne relève ni de l'opinion (on croit en quelque chose et non pas que quelque chose…) ni de la science (on croit aux miracles, mais on ne sait pas s'ils sont véritables) ; la spécification de cette foi nous a ensuite permis, avec Kant, d'en distinguer trois formes principales :la dernière, la foi morale, est le crédit (de credit , il croit, en latin) que nous accordons à la transcendance divine et à l'espoir de l'au-delà. Cependant, nous avons vu avec Pascal que ce serait une méprise de réduire la foi àl'adhésion d'essence rationnelle à l'idée de Dieu et cela en vue de garantir la moralité de nos actions. Pour Pascal,en effet, la religion suppose un acte de foi dans l'exacte mesure où elle est amour de Dieu : croire, c'est donc aimerDieu plus que se moi-même. »

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