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Devrionsnous nous conformer en toute circonstance au mal ?

Publié le 07/03/2026

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« Je pourrais commencer cette exposé par une impertinence : Devrionsnous nous conformer en toute circonstance au mal ? Se lever le matin en se demandant quoi faire de mal à… sa famille, ses voisins, toute la société, la nature. Développer mon travail sous cet angle serait méprisant pour cette sentence du rituel, comme si elle n’était qu’un poncif, de la « moraline ». Nous sommes ici pour sublimer ces mots et être dignes d’une réflexion philosophique et nous élever par la symbolique. Comme vous tous, dans ce que j’appellerai une -circonstance- matinale, je me lève en ne pensant ni au bien ni au mal que je vais faire dans la journée ; mes intérêts et mes pensées sont ailleurs. Les circonstances dont il est question dans le sujet sont celles où un choix se pose : dois-je faire ceci ou cela, est-ce que mon choix sera bon ou mauvais? Ici, apparaissent plusieurs questions : Ce sera bien pour qui ? Qu’est-ce que le bien ? Est-ce que je vais en tirer un quelconque avantage ou bien est-ce qu’il s’agira d’un acte de générosité pure ? Quelles seront les conséquences de mon choix ? Voilà tracées les idées maîtresses du travail que je vais développer maintenant. Qu’est-ce qu’une vie bonne ? Comme nous tous, je me suis tourné vers ce merveilleux outil de culture qu’est internet.

Je le croyais en tapant sur mon clavier, mais quelle ne fut pas ma désolation quand j’ai lu les résultats, obtenus en 0,81(!) secondes : Ma punition fut donc immédiate en lisant les entrées : faire du shopping, vivre à demi nu au bord d’un lagon polynésien…(pas seul), devenir millionnaire au loto, etc.

Rien ou si peu sur la sagesse, la quête de la connaissance, la défense des vertus. Nous sommes vraiment des sortes de diplodocus dans nos Loges mes Frères, car passé le parvis, nous nous retrouvons à nouveau confrontés à ce monde matériel.

Nous l’affrontons cependant, avec les enseignements accumulés ici, dans le calme et la sérénité, c’est ça aussi se conformer au bien. La religion chrétienne nous a appris qu’il fallait faire le bien à la fois pour l’autre mais aussi pour sa propre vie dans l’au-delà et qu’il ne fallait pas chercher son plaisir sur terre: c’est mal ! Si Dieu a créé le mal en même temps qu’il nous a donné une conscience, c’est pour pouvoir lutter contre. La conscience religieuse voit dans l’immoralité le péché, et dans l’accomplissement du devoir l’obéissance à un commandement divin.

La conscience religieuse interprète la question morale en terme d’exigence religieuse pour le salut de l’âme.

Pour le fidèle, l’autorité des Écritures est un critère suprême.

Il possède grâce à elle des repères.

Consulter les préceptes de sa religion, c’est disposer de critères du bien et du mal Vous savez cette princesse italienne qui mangeait une glace sous le soleil de sa campagne toscane et qui déclarait : « quel dommage que ce ne soit pas un péché ! » Impertinence encore, sacrilège même... Au-delà de l’anecdote, demandons-nous si nous avons le droit de nous faire plaisir sans que cela soit mal, ou si nous devons uniquement penser au bien de l’autre ? Quand bien même, n’en tirerions-nous pas la satisfaction d’un devoir accompli, d’un beau geste ? Cette anthropologie judéo-chrétienne montre un homme divisé, scindé, où l’intellect, qui nous démarque de l’animal, n’est pas maître car son affectivité peut lui induire des pulsions qui tiennent sa volonté en échec : « Je fais le mal que je ne veux pas et je ne fais pas le bien que je voudrais » disait Saint Paul.

Comment alors maintenir cet effort permanent vers le bien en toute circonstance, comment obtenir cette concorde intérieure ? Y a-t-il une permanence du bien au cours des différentes époques ou dans différentes cultures ? Non, bien sûr : Il a pu être bien de dénoncer les protestants ou les juifs, d’acheter des esclaves à bas prix, il peut être bien aujourd’hui d’exciser une jeune fille africaine ou de décapiter un incroyant. Les moralistes du moyen âge, s’agissant des femmes vues de dos, avaient décrit à partir de quelle vertèbre le regard était vil. Je me souviens dans mon enfance voir mon père, dont c’était la tâche réservée, couper la flûte de pain en faisant auparavant une croix en dessous avec son couteau.

Ne pas le faire était mal.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Que reste-t-il quand la tradition a perdu sa place, quand l’influence des grands hommes ne parle plus à la conscience commune, quand la religion a cessé de revêtir le caractère d’une autorité ? Que reste-t-il quand les hommes n’ont même plus conscience de ce que représente la morale ? Il reste alors la référence à la loi : Le bien c’est ce qui est permis, le mal ce qui est défendu ! Sous-entendu : c’est la loi qui dit ce qui est bien ou ce qui est mal, et la loi nous est imposée par la société. La modernité de nos sociétés s'est bâtie en cherchant à émanciper la morale de la religion.

Notre morale est d'abord laïque, même si elle peut aussi recevoir l'appui d'une autorité religieuse. Nous admettons que la morale dans son essence transcende les croyances religieuses.

La modernité a rejeté la nécessité du lien entre morale et religion. Devant les difficultés à trouver un critère sûr du bien et du mal, notre tentation la plus commune pourrait être de nous replier sur notre sentiment intérieur du bien ou du mal.

Ce qui revient à dire : "je fais ce que je sens être bien », « je ne fais pas ce que je sens être mal ». Seulement, comment savoir si ma conscience est suffisamment pure et son jugement infaillible ? Que dit en substance la moralité commune ? Que la morale correspond à un ensemble de devoirs auxquels nous sommes tous tenus de répondre, car ils s'imposent à nous comme des obligations. « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle ».

Et voilà Emmanuel Kant qui nous rappelle que le bien que nous devons chercher à faire doit l’être sans complaisance pour nos intérêts.

C’est ce qu’il appelle un impératif catégorique : le Bien est le but. Il y oppose des impératifs hypothétiques où le bien est un moyen : si tu fais ceci, alors tu auras cela.

Nous sommes dès lors dans l’amoralité par complaisance pour nos propres intérêts. L’action bonne ici ne vient pas du cœur, mais du calcul, de la recherche d’intérêt personnel. Cette obligation morale, pour être véritablement morale, doit être désintéressée et ne doit être assortie d’aucune contrepartie, d’aucun avantage, d’aucune satisfaction si ce n’est.... »

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