Dissertation sur la honte comme sentiment social
Publié le 15/02/2026
Extrait du document
«
La honte est-elle un sentiment social ?
Parmi les nombreuses émotions que nous sommes amenés à
connaitre au cours de notre vie certaines nous laissent une impression
vague de leur passage, on oublie facilement ce qui nous a fait ressentir de
la joie ou même de la tristesse.
Tandis que d’autres, que l’on peut
qualifier de sentiments en raison de leur caractère durable dans le temps,
se font plus marquantes.
La honte est très certainement l’unes d’elles.
Lorsqu’il nous arrive de nous remémorer des situations dans lesquelles
nous avons ressenti de la honte cela s’apparente à raviver une brûlure ;
on se souvient de chacune de ces manifestations physiques de manière
viscérale et on cherche par tous les moyens de chasser ce souvenir.
Ainsi
donc nous avons tous et toutes d’une manière ou d’une autre, fait
l’expérience de la honte mais quelle en est la définition ? Au-delà des
sensations, quels mots avons-nous pour la décrire ? L’utilisation de
dictionnaires nous offrant bien souvent de multiples définitions nous
pouvons à partir de celles-ci former une synthèse assimilant ainsi la honte
à un sentiment pénible d’infériorité ou d’humiliation devant autrui en
raison d’un acte qu’on juge indigne de soi ou propice à subir un jugement
défavorable.
Ainsi, il nous parait bien étrange d’associer à un affect si
négatif en apparence le titre de « sentiment social ».
En effet on aurait
plutôt tendance à concevoir cette formulation d’un point de vue positif,
avec
l’idée
d’un
sentiment
profitant
à
une
vie
bonne
dans
une
communauté heureuse.
Cependant il nous faut concevoir la honte
autrement que par ce qu’elle nous inspire lorsqu’elle est vécue et
davantage pour ce qu’elle est.
Soit, intimement liée au regard d’autrui et
au jugement qu’il pourrait avoir quant à ce que nous faisons mais aussi ce
que nous sommes.
Pour autant la question quant à savoir si la honte est
bel et bien un sentiment social pourrait bien ne pas être le point final de
notre réflexion.
Puisque la honte est, quelle que soit notre réponse, ne
serait-il pas alors plus judicieux de nous interroger sur sa finalité ?
Pour réaliser ce cheminement nous verrons d’abord les raisons pour
lesquelles la honte est spontanément considérée comme une émotion
désocialisante et déstructurante.
Puis nous étaierons des arguments en
faveur de sa qualité de « sentiment social ».
Et enfin nous procéderons à
un déplacement de l’enjeu qui portera finalement sur l’utilité du sentiment
de honte dans le cadre de la sociabilité.
La honte comme une émotion qui désocialise.
La principale raison de
notre considération péjorative de la honte vient d’abord de notre langage.
« J’ai envie de disparaître.
J’ai envie de rentrer sous terre.
Je préférerais
ne pas exister.
J’aurais voulu ne jamais être là », etc.
Ce sont des propos
qui nous viennent immédiatement à l’esprit lorsque nous nous retrouvons
dans une situation où l’on a honte.
Cette émotion tend à nous rendre
invisible et par conséquent à nous éloigner des autres.
Avec la honte on
s’empêche de montrer aux autres qui nous sommes, car ce serait prendre
le risque de voir se voir se réaliser notre angoisse du discrédit d’autrui, du
jugement des autres sur nous.
De cette angoisse découle la crainte d’être définitivement exclu d’un
groupe dont on fait partie.
Quelle-que soit la nature de ce groupe en être
rejeté est vécu comme une attaque à l’encontre de notre identité et
parfois même de notre qualité d’être humain.
Dans le cas ou un individu
se verrait exclu de chaque groupe social auquel il appartient la honte qu’il
ressent ne serait plus de ne pas convenir à la structure bien définie d’un
groupe particulier mais au genre humain tout entier.
Ce n’est donc plus
simplement autrui mais lui-même qui se considère comme un individu
inadapté et pourquoi pas anti-social.
On
retrouve
d’ailleurs
dans
la
Grèce
ancienne
une
punition
répondant à cette crainte d’isolement social, il s’agit de « l’ostracisme ».
A
savoir un bannissement à vie prononcé par un vote des citoyens Être
banni signifiait être plongé dans la honte, et ses proches avec soi.
Le
banni était déclaré étranger dans son propre pays et devait prendre le
chemin de l’exil.
Nous venons donc de voir que la honte s’articule autour de
situations où l’on craint de se voir exclu de toute forme de sociabilité très
certainement en raison d’actions et comportements qui ne correspondent
pas aux normes établies par aux groupes auxquels nous appartenons.
De
ce fait, si la honte nous semble déstructurante et cause de désocialisation
elle n’est que le résultat du placement de notre propre évaluation dans les
yeux d’autrui et donc une émotion qu’on ne peut ressentir que dans un
cadre social.
En effet, la honte est une émotion fondamentalement liée à
l’interaction avec autrui, comme l’explique Sartre dans L’être et le Néant.
Il prend dans cette œuvre l’exemple suivant pour développer son propos :....
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