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Echange et humanité ?

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Et cette réciprocité présuppose une communication possible.Si toute société humaine implique des échanges, les échanges sont donc nécessaires. Comment concevoir cette nécessité ? Est-elle le signe d'un intérêt, ou la manifestation d'une générosité tout humaine ? Échange et natureQu'est-ce qui motive l'homme à échanger ? On peut expliquer l'origine des échanges par la notion de besoin. Mais les animaux ont bien des besoins et pourtant ils n'échangent rien. Il faut donc un facteur proprement humain pour comprendre l'instauration des échanges. Nous pourrions dire que l'homme échange parce qu'il a intérêt à le faire. L'échange économique est alors le modèle de toute forme d'échange.

Relation de réciprocité au fondement de la vie en com­munauté. Il y a échange de biens à partir du moment où il y a répartition des tâches, chacun ayant besoin de ce que produit l'autre.

« — la matière première (bois, mine et peinture) ramenée à x minutes de travail ;— l'usure de la machine ramenée à y minutes de travail ;— le temps du travail de l'ouvrier réalisant le crayon sur la machine.Ainsi, toutes les valeurs d'échange des marchandises peuvent être exprimées en temps moyen de travailsocialement nécessaire qui fonctionne alors comme équivalent général de toutes ces marchandises, ycompris la force de travail, comme nous le verrons (on laissera de côté ici la question des prix qui sont laforme phénoménale de la valeur des marchandises et qui fluctuent autour de celles-ci au gré de laconjoncture ; de même, on n'abordera pas les questions relatives à la monnaie).Les rapports entre valeur d'usage et valeur sont un exemple de la dialectique marxiste: d'une part, cesdeux catégories s'opposent dans leur spécificité et leur irréductibilité l'une à l'autre ; d'autre part, elles nepeuvent pas être pensées individuellement, c'est-à-dire l'une sans l'autre. Enfin, elles constituent,ensemble, les caractéristiques fondamentales de la marchandise. Pour l'échangiste, « la marchandise n'aaucune valeur utile immédiate ; s'il en était autrement, il ne la porterait pas au marché. La seule valeurutile qu'il lui trouve, c'est qu'elle est porte-valeur, utile à d'autres et, par conséquent, un instrumentd'échange. Il veut donc l'aliéner pour d'autres marchandises dont la valeur d'usage puisse le satisfaire.Toutes les marchandises sont des non-valeurs d'usage pour ceux qui les possèdent et des valeursd'usage pour ceux qui ne les possèdent pas. Aussi, faut-il qu'elles passent d'une main dans l'autre. Maisce changement de mains constitue leur échange et leur échange les rapporte les unes aux autres commevaleurs et les réalise comme valeurs. Il faut donc que les marchandises se manifestent comme valeursavant qu'elle puissent se réaliser comme valeurs d'usage. D'un autre côté, il faut que leur valeur d'usagesoit constatée avant qu'elles puissent se réaliser comme valeurs ; car le travail humain dépensé dans leurproduction ne compte qu'autant qu'il est dépensé sous une forme utile à d'autres » [ibid., p. 95-96].La distinction entre valeur d'usage et valeur conduit à la distinction entre l'échangiste et la marchandise,laquelle préfigure la séparation entre l'ouvrier et la force de travail dont il est le propriétaire avantl'échange salarial (c'est-à-dire l'échange de biens de consommation contre une capacité de travail durantun temps limité). Enfin, cet échange est fondamentalement un acte social. Échange et société Toutefois, deux raisons au moins peuvent nous conduire à enrichir une telle approche. Tout d'abord, l'analyseanthropologique du don nous révèle que l'échange n'a pas seulement une signification économique : si tout donappelle un contre-don, il n'est cependant pas réductible à l'échange économique d'un bien. En donnantgénéreusement, l'individu prend place dans une société et se voit reconnu comme membre de celle-ci. Le donpossède donc un sens social, derrière sa fonction économique, qui en explique le caractère paradoxal (le don se doitd'être généreux pour être profitable). Même complexité avec le potlatch : devoir de donner, recevoir, rendre. Cettemise à l'épreuve du prestige personnel aux yeux des membres de la société est simultanément un rite social et uncalcul intéressé. C'est pourquoi Lévi-Strauss dit qu'il est un « fait social total ». Plus généralement, Marcel Mauss montre dans son Essai sur le don que tout échange obéit à une triple obligation :donner, recevoir et rendre. Cette structure fondamentale rend possible la totalité des échanges s'effectuant dansune société et constitue leur moteur. Dans ce texte, devenu un classique, Mauss montre, à partir d'une colossaledocumentation empruntée aux époques et aux cultures les plus diverses, que cette institution présentait uncaractère doublement ambivalent. D'abord, que le don libéral et gracieux est régulièrement suivi d'un contre-dontout aussi unilatéral et arbitraire mais tacitement perçu comme la réponse adéquate à la première prestation. Sur cepoint, la pratique et même la contrainte sociale implicite apparaissent formelles. Il faut rendre, et bien rendre, selonun code précisément établi : ni trop ni trop peu, ni trop vite ni trop tard. Aussi le don est-il indiscutablementl'amorce d'une relation réciproque, un échange différé. Mais le concept de don contient un autre paradoxe, plusdifficile à admettre : l'action de donner, qui semble matérialiser une relation de sympathie, revêt en fait unedimension agressive. Car le cadeau crée une dette. En obligeant son partenaire, le donateur acquiert sur lui del'ascendant, sinon du pouvoir. Il le contraint à l'obligation, éventuellement coûteuse, de rendre et d'être pris, peut-être malgré lui, dans une escalade embarrassante, dans une partie risquée où sont en jeu nom, réputation, rang,fonction ou simplement fortune. Le caractère « agonistique » des échanges de cadeaux reste perceptible dans nossociétés modernes et développées, qui ont le sentiment de sauvegarder par là des formes archaïques de sociabilitépour contrebalancer une morale de l'intérêt individuel et de l'efficacité comptable. Mais les rapports festifs -fussent-ils l'objet d'immenses mobilisations collectives orientées vers une consommation massive de produits, commeà l'occasion de Noël ou dans certains carnavals contemporains - paraissent peu de chose face aux dissipations d'unluxe inouï que s'offrent les sociétés primitives Partant de là, n'est-il pas réducteur de considérer que l'échange n'est fait qu'en fonction d'un intérêt ? Le cadeau,par exemple, est l'indice d'une gratuité dont le fondement anthropologique pourrait bien être l'amour. Si nouséchangeons parce que nous aimons, nous pouvons toujours dire que nous attendons que notre don soit payéd'amour, et donc que notre échange n'est jamais totalement désintéressé. Mais s'agit-il alors d'un intérêtéconomique ? Il semblerait que nous soyons devant la possibilité d'un intérêt pour l'humanité. L'échange n'est pasréductible à la valeur marchande. S'il est inadmissible, par exemple, de prendre des personnes pour objet del'échange, il se peut bien cependant qu'une authentique relation morale repose sur un échange. Par exemple, dansl'amour ou l'amitié.Ainsi, l'échange concerne des valeurs diverses : affective et morale, en particulier. Ne dit-on pas que les hommes »

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