Devoir de Philosophie

En quel sens la religion est-elle compatible avec la pratique démocratique ?

Voir sur l'admin

Extrait du document

religion Le thème du témoignage est repris (« expression de la misère ») mais pourtant la religion est davantage : elle est aussi protestation. Dans l'absence de réalité de l'être humain, dans sa réalité imaginaire se loge la misère, et cette misère, Marx, par deux fois, la dénonce comme réelle (« expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle »). L'homme est comme une créature tourmentée sur terre --ais l'on ne peut manquer de songer aussi aux tourments de l'enfer : malgré ce qu'en dit la religion, l'enfer n'est pas pour l'au-delà, il est déjà dans ce monde. Le monde est comme un être vivant, mais si bouleversé qu'il a une âme, mais qu'il n'a plus de coeur, ou plutôt c'est parce qu'en réalité le monde d'ici-bas n'a pas de coeur, que la religion est amenée à lui inventer une âme, pour l'au-delà. Rencontre de l'homme (comme créature) et du monde qui s'actualisent en des situations concrètes, toutes matérielles, et comme telles « dépourvues d'esprit ». Là encore la religion propose son ersatz : « Elle est l'esprit de situations dépourvues d'esprit. »Mais cette misère réelle est-elle supportable ? Ne faut-il pas lui substituer un bonheur illusoire. Expression, protestation de la misère, la religion est plus encore assoupissement de cette misère. Endormir la souffrance, endormir la protestation, telle est la fonction narcotique suprême de la religion, résumée dans la célèbre formule : « La religion est l'opium du peuple.

« entreprend de particulariser les mille et un aspects de la religion. Toujours par rapport au monde, en marquant sonaspect théorique (au sens d'abstrait) : « La religion c'est la théorie générale de ce monde » (à l'envers). Cettethéorie n'est pas quelque chose de concret, une simple manière de voir (théorie veut dire aussi contempler,observer...), sans le plein du réel, seulement un vide : le vide de la conscience, définie déjà comme écart.Et Marx de dévaloriser la religion : non pas une encyclopédie, mais seulement un abrégé (« compendium ») ; non pasune logique sous une forme noble, mais seulement sous une forme populaire ; un point d'honneur chevaleresque,mais seulement spiritualiste (et sans doute déjà démodé).Les termes employés pour définir la religion (enthousiasme, sanction morale) expriment a contrario (à l'envers) lemonde qu'elle reflète : sans enthousiasme, sans morale, sans honneur. Monde pénible, dont il faut se consoler,monde injustifiable, qu'il faut pourtant justifier. D'où l'énoncé, non seulement de la définition de la religion, mais desa fonction sociale,, tout entière tournée vers la réhabilitation d'un monde catastrophique.De même qu'il faut aller au fond des choses pour mener la critique irréligieuse, il faut aller au fond des choses, pourcomprendre la fonction de la religion. « Au fond », parce que la religion elle-même est le fondement, le sol, le pointd'appui à partir duquel il est possible d'une part de consoler l'homme et de justifier le monde.Vide, sans contenu, la religion est pourtant une réalisation, une manière pour le réel de s'effectuer, mais sans réalitévraie, puisque Marx le dénonce, cette réalisation est de l'ordre du fantastique, on dirait aujourd'hui fantasmatique ouplus simplement de l'ordre de l'imaginaire, le caractère dérisoire de l'accolement impensable des deux termescontraires : « réalisation fantastique ». Mais la dimension imaginaire de la religion n'est que la reprise de l'êtrehumain lui aussi en partie imaginaire. L'homme, autrement dit la société, l'Etat, s'échappe à lui-même, il ne se «possède pas ». La réalité qui est la sienne n'est pas complète, n'est pas achevée, n'a pas encore atteint sa vérité :« l'être humain ne possède pas de réalité vraie ».Lutter contre la religion en tant que telle ne saurait suffire. Dès maintenant (« immédiatement », autrement dit sansattendre, sans détour, sans se donner d'autres adversaires) la lutte contre la religion se doit d'être la lutte contre lemonde, dont la religion est, mais n'est que l'expression. A proprement parler il n'y a pas de lutte particulière à menercontre la religion. Mais, dans un déplacement jusqu'alors jamais revendiqué, il faut porter la lutte contre un mondequi n'a pas atteint sa vérité. Quel que soit le pittoresque de l'expression, la religion est considérée comme un parfumtout intellectuel, presque immatériel (« l'arôme ») du monde, sans doute selon l'image de l'encens qui, avec lamyrrhe et la cinnamome, sont brûlés devant les autels des divinités. 3) La religion est protestation contre la misère réelle de l'homme. Mais la critique ne vise pas seulement à dévaloriserla religion , en la mettant à la place (la seconde), en décrivant sa double fonction à la fois théorie '‘abstraite) etréalisation (fantastique) de l'homme et de son monde. Elle vise à passer au crible et à dégager tout ce qui est del'ordre de la religion. Le thème du témoignage est repris (« expression de la misère ») mais pourtant la religion estdavantage : elle est aussi protestation. Dans l'absence de réalité de l'être humain, dans sa réalité imaginaire se logela misère, et cette misère, Marx, par deux fois, la dénonce comme réelle (« expression de la misère réelle et laprotestation contre la misère réelle »). L'homme est comme une créature tourmentée sur terre -–ais l'on ne peutmanquer de songer aussi aux tourments de l'enfer : malgré ce qu'en dit la religion, l'enfer n'est pas pour l'au-delà, ilest déjà dans ce monde. Le monde est comme un être vivant, mais si bouleversé qu'il a une âme, mais qu'il n'a plus de coeur, ou plutôt c'estparce qu'en réalité le monde d'ici-bas n'a pas de coeur, que la religion est amenée à lui inventer une âme, pour l'au-delà. Rencontre de l'homme (comme créature) et du monde qui s'actualisent en des situations concrètes, toutesmatérielles, et comme telles « dépourvues d'esprit ». Là encore la religion propose son ersatz : « Elle est l'esprit desituations dépourvues d'esprit. »Mais cette misère réelle est-elle supportable ? Ne faut-il pas lui substituer un bonheur illusoire. Expression,protestation de la misère, la religion est plus encore assoupissement de cette misère. Endormir la souffrance,endormir la protestation, telle est la fonction narcotique suprême de la religion, résumée dans la célèbre formule : «La religion est l'opium du peuple. » SOCIETE &RELIGION. A) La religion rompt le lien social. Considérant la religion du point de vue de la société, Rousseau distingue dans le « Contrat social » trois sortes dereligion. La première « sans temples, sans autels, sans rites, bornée au culte purement intérieur duDieu suprême et aux devoirs éternels de la morale », Rousseau l'appelle « la pure et simple religion de l'Evangile », «le vrai théisme ». La deuxième « inscrite dans un seul pays, lui donne ses Dieux, ses patrons propres et tutélaires ;elle a ses dogmes, ses rites, son culte extérieur prescrit par des lois ». Telles furent les religions des premierspeuples, en particulier ceux de la Cité grecque classique. La troisième donne aux hommes « deux législations, deuxchefs, deux patries, les soumet à des devoirs contradictoires et les empêche de pouvoir être à la fois dévots etcitoyens ». Tel est le « christianisme romain », la « religion du prêtre », le christianisme qui s'est réalisé dansl'histoire.A considérer politiquement ces trois sortes de religion, elles ont, dit Rousseau, toutes leurs défauts. La troisième, enopposant dans l'homme le citoyen au croyant, rompt l'unité sociale. En établissant sur la terre un royaume spirituel,Jésus, « séparant le système théologique du système politique, fit que l'Etat cessa d'être un ». La deuxième estmauvaise car, « fondée sur l'erreur et le mensonge, elle trompe les hommes, les rend crédules, superstitieux, et noiele vrai culte de la Divinité dans un vain cérémonial ». De plus elle peut rendre le peuple « sanguinaire et intolérant »,de telle sorte « qu'il ne respire que meurtre et massacre, et croit faire une action sainte en tuant quiconque n'admetpas de Dieux ». Reste donc le « vrai christianisme », celui de l'Evangile. Or si cette religion n'a nulle relation »

Le document : "En quel sens la religion est-elle compatible avec la pratique démocratique ?" compte 2734 mots. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous l’un de vos travaux scolaires grâce à notre système d’échange de ressources numériques ou achetez-le pour la somme symbolique d’un euro.

Echange
Loading...

Le paiement a été reçu avec succès, nous vous avons envoyé le document par email à .

Le paiement a été refusé, veuillez réessayer. Si l'erreur persiste, il se peut que le service de paiement soit indisponible pour le moment.

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Prévisualisation du document En quel sens la religion est-elle compatible avec la pratique démocratique ?

Liens utiles