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Entre le vrai et le faux, y a-t-il une place pour le probable ?

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Autrement dit, en multipliant les observations et les expériences, le savant en tirait, en vertu du fameux principe d'induction, des lois qu'il considérait comme nécessaires et universellement valides. Partant de là, les néopositivistes soutenaient que tout ce qui n'est pas vérifiable est « métaphysique » et doit être éliminé de la science. Or, comme le souligne Popper, l'induction, qui consiste à inférer une règle universelle à partir d'une multitude de cas particuliers et donc des théories à partir d'énoncés singuliers vérifiés par l'expérience, est une démarche logiquement inadmissible : « Peu importe le grand nombre de cygnes blancs que nous puissions avoir observé, il ne justifie pas la conclusion que tous les cygnes sont blancs. » Aussi Popper affirme-t-il qu'aucune théorie n'est jamais vérifiable empiriquement et il distingue trois exigences auxquelles devra satisfaire ce qu'il appelle un « système empirique » ou scientifique : « Il devra, tout d'abord, être synthétique, de manière à pouvoir représenter un monde possible, non contradictoire. En deuxième lieu, il devra satisfaire au critère de démarcation, c'est-à-dire qu'il ne devra pas être métaphysique mais devra représenter un monde de l'expérience possible. En troisième lieu, il devra constituer un  système qui se distingue de quelque autre manière des autres systèmes du même type dans la mesure où il est le seul à représenter notre monde de l'expérience. » La troisième exigence est la plus décisive. Comment, en effet, reconnaître le système qui représente notre monde de l'expérience ? La réponde de Popper est la suivante : par le fait qu'il a été soumis à des tests et qu'il y a résisté. Cela signifie qu'il faut appliquer une méthode déductive.

 

Dans sa quête première le philosophe cherche la certitude, la vérité qui ne saurait, elle, s’accommoder de l’incertain, du chancelant, de l’opinion en somme du probable. Le probable s’il ne saurait être le vrai, ne saurait pour autant être le faux et c’est bien là que se situe la difficulté. D’un point de vue ontologique il relève du domaine du contingent, c’est-à-dire ce qui n’a du point de vue de son existence de raison d’être. Devant le probable le philosophe ne saurait ressentir que frustration, et mécontentement et plus précisément insatisfaction. Sa quête première ayant pour fin, comme le soulignait déjà Aristote, de connaître la raison ultime de toute chose.  En effet,  le probable ignore la fin, il est là et pourrait ne pas être, il n’a pour ainsi dire aucune raison d’être. La difficulté de la définition du probable  réside dans le fait qu’il ne saurait être le faux, car une opinion probable peut être dans le vrai même si elle est affectée d’une part irréductible de doute. Le vrai ayant pour fin la connaissance et donc la certitude ne saurait s’accommoder du doute.  Il y a pourtant un domaine où nous ne saurions nous défaire du probable c’est celui de l’action. Le probable inutile dans le domaine de la connaissance parce que  signe d’une pensée défaillante,  tâtonnante voire hasardeuse n’aurait de légitimité non au milieu d’une alternative entre le vrai et le faux mais bien dans l’urgence de l’action. Telle serait la place du probable, sa raison d’être. Mais pouvons-nous aussi aisément nous débarrasser du probable dans la connaissance, en le renvoyant à n’être que l’autre radical de la connaissance et du vrai ? N’est-il pas ce qui nous pousse à la connaissance ? La falsifiabilité, le doute, l’incertitude ne sont –ils pas les signes d’une pense qui cherche, qui enquête, et qui aspire malgré tout au vrai ? Ne peut-on pas réconcilier le vrai et le probable, en les associant dans une quête de la vérité qui trouvera dans le doute et le probable non l’incertitude mais le signe que nos facultés de connaissance, certes perfectibles, peuvent continuellement avancer vers la vérité.

 

« considérer après, non plus comme douteuses en tant qu'elles se rapportent à la pratique, mais comme très vraies ettrès certaines, à cause que la raison qui nous y a fait déterminer se trouve telle ». Ces deux auteurs envisagentqu' à la connaissance appartient le domaine de la nécessité et de l'universel, tandis que dans le domaine de l'actionnous devons nous déterminer dans l'incertitude. Le probable ne doit pas être exclu du domaine de la connaissance Le probable n'est pas uniquement ce qui est incertain, ce qui est particulier, ce sur quoi nous n'avons de certitude,il est peut-être le seul mode de connaissance que nous pouvons réellement atteindre sans tomber dans de vainesarguties verbales. Nous devons dés lors rapprocher le probable de l'expérience, car aussi tâtonnante que lui, ellemarque l'effort d'un esprit qui enquête dans l'incertain. L'expérience est conduite, en effet, dans le domaine del'incertitude, du probable puisque elle n'aboutit pas à des énoncés dogmatiques, c'est-à-dire absolus. C'est ce querappelle le concept usité par Popper de falsifiabilité. La falsifiabilité caractérise en effet des théories scientifiquessusceptibles d'être réfutées par l'expérience, mais qui ne peuvent jamais être définitivement confirmées oucorroborées. Ce concept intègre un certain scepticisme dans la quête de la connaissance. L'erreur, l'idée que laconnaissance n'aboutira pas nécessairement à la vérité sont intégrés à une conception de la science plus modeste,soumise continuellement à la réfutation. C'est donc que la connaissance ne saurait aspirer à une connaissanceirréfutable. D'ailleurs pour Popper, un énoncé qui ne saurait être réfutable, c'est-à-dire susceptible d'être soumis àune expérience n'est pas scientifique. L'expérience scientifique a davantage un caractère réfutateur quevérificateur. Elle ne prouve rien, elle confirme une théorie générale, elle n'est pas vraie mais probable . L'histoire des sciences physiques est celle de leur révolution permanente. Les théories n'ont qu'une valeur provisoire. Des faits « polémiques » surgissent qui les contredisent, qui obligent à des révisions. Tout succèsscientifique ouvre plus de questions qu'il n'en clôt. Faut-il pour autant sombrer dans le scepticisme et affirmer qu'iln'y a rien qui vaille vraiment ? Comment distinguer, dès lors, la véritable science de la métaphysique ou des pseudo-sciences comme l'alchimie ou l'astrologie ? Et que penser des sciences humaines ? La psychanalyse, la théorie del'histoire de Marx peuvent-elles prétendre légitimement à la scientificité ? Popper , dans « Logique de la découverte scientifique » propose un critère de démarcation, capable d'établir, de manière concluante, la nature ou le statut scientifique d'une théorie. Il écrit : « C'est la falsifiabilité et non la vérifiabilité d'un système qu'il faut prendre comme critère de démarcation. En d'autres termes, je n'exigerai pas d'un système scientifique qu'il puisseêtre choisi, une fois pour toutes, dans une acception positive mais j'exigerai que sa forme logique soit telle qu'ilpuisse être distingué, au moyen de tests empiriques, dans une acception négative : un système faisant partie de lascience empirique doit pouvoir être réfuté par l'expérience. » A l'époque de Popper , on affirmait généralement que ce qui distinguait la science des autres disciplines, c'était le caractère empirique de sa méthode. Autrement dit, en multipliant les observations et les expériences, lesavant en tirait, en vertu du fameux principe d'induction, des lois qu'il considérait comme nécessaires etuniversellement valides. Partant de là, les néopositivistes soutenaient que tout ce qui n'est pas vérifiable est« métaphysique » et doit être éliminé de la science. Or, comme le souligne Popper , l'induction, qui consiste à inférer une règle universelle à partir d'une multitude de cas particuliers et donc des théories à partir d'énoncés singuliersvérifiés par l'expérience, est une démarche logiquement inadmissible : « Peu importe le grand nombre de cygnes blancs que nous puissions avoir observé, il ne justifie pas la conclusion que tous les cygnes sont blancs. » Aussi Popper affirme-t-il qu'aucune théorie n'est jamais vérifiable empiriquement et il distingue trois exigences auxquelles devra satisfaire ce qu'il appelle un « système empirique » ou scientifique : « Il devra, tout d'abord, être synthétique, de manière à pouvoir représenter un monde possible, non contradictoire. En deuxièmelieu, il devra satisfaire au critère de démarcation, c'est-à-dire qu'il ne devra pas être métaphysique mais devrareprésenter un monde de l'expérience possible. En troisième lieu, il devra constituer un système qui se distingue dequelque autre manière des autres systèmes du même type dans la mesure où il est le seul à représenter notremonde de l'expérience. » La troisième exigence est la plus décisive. Comment, en effet, reconnaître le système qui représente notre mondede l'expérience ? La réponde de Popper est la suivante : par le fait qu'il a été soumis à des tests et qu'il y a résisté. Cela signifie qu'il faut appliquer une méthode déductive. En d'autres termes, si nous ne pouvons exiger des théoriesscientifiques qu'elles soient vérifiables, nous pouvons exiger d'elles qu'elles soient mises à l'épreuve. Il s'agit pourcela de déduire de la théorie examinée des énoncés singuliers ou « prédictions » susceptibles d'être facilement testés dans l'expérimentation. Une théorie qui ne résiste pas aux tests sera dite « falsifiée » ou « réfutée » par l'expérience. Si elle passe l'épreuve des tests, elle sera considérée comme provisoirement valide jusqu'à ce qu'elleéchoue à des tests ultérieurs ou qu'une théorie plus avantageuse apparaisse. Ainsi alors que, jusqu'ici, une théorie était considérée comme vraie parce qu'elle était confirmée par de nombreuses observations et expérimentations, c'est aux yeux de Popper la « falsifiabilité » ou la possibilité d'être falsifié par l'expérience, qui permettra de faire le tri entre les énoncés scientifiques et ceux qui ne le sont pas : « Un système faisant partie de la science empirique doit pouvoir être réfuté par l'expérience. » Ainsi l'énoncé « Il pleuvra ou il ne pleuvra pas ici demain », étant infalsifiable, sera considéré comme non »

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