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Est-il légitime de faire prévaloir les exigences de la conscience sur celles de l'État ?

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Comment se distribuent les pouvoirs de l'État ? Le pouvoir législatif est inaltérable et sacré. C'est lui qui donne forme, vie et unité à la république (prise au sens d'État). Le pouvoir législatif a la responsabilité de concevoir un système de lois civiles qui définissent les conditions du bien-être et du bonheur des citoyens. Le pouvoir exécutif est chargé de faire appliquer la loi. Il a le pouvoir d'agir et donc de suppléer, d'adapter la loi lorsque celle-ci n'est pas suffisamment explicite, en s'appuyant sur la juste raison. Le pouvoir fédératif a pour mission de faire coïncider l'autorité civile avec la loi de nature dans le contexte des relations internationales. Les relations extérieures de l'État doivent être pensées en fonction de la juste raison. Il s'agit là davantage d'une position pour gérer les affaires extérieures plutôt que de la volonté de construire un code positif des relations internationales. Le pouvoir judiciaire n'est pas séparé des trois autres pouvoirs.

« Contrairement à Hobbes, Locke ne se pose pas la question des régimesgouvernementaux (démocratie, oligarchie, monarchie). Pour lui, l'importantn'est pas le régime, mais l'organisation des pouvoirs dans un régimedéterminé. Il lutte contre l'absolutisme et contre les abus de pouvoir desmagistrats. Ce qui l'intéresse, c'est de penser l'articulation des pouvoirs dansl'Etat. Le pouvoir du magistrat l'intéresse parce que c'est lui qui supplée la loilorsque celle-ci est défaillante.Comment se distribuent les pouvoirs de l'État ? Le pouvoir législatif estinaltérable et sacré. C'est lui qui donne forme, vie et unité à la république(prise au sens d'État). Le pouvoir législatif a la responsabilité de concevoir unsystème de lois civiles qui définissent les conditions du bien-être et dubonheur des citoyens. Le pouvoir exécutif est chargé de faire appliquer la loi.Il a le pouvoir d'agir et donc de suppléer, d'adapter la loi lorsque celle-ci n'estpas suffisamment explicite, en s'appuyant sur la juste raison. Le pouvoirfédératif a pour mission de faire coïncider l'autorité civile avec la loi de naturedans le contexte des relations internationales. Les relations extérieures del'État doivent être pensées en fonction de la juste raison. Il s'agit làdavantage d'une position pour gérer les affaires extérieures plutôt que de lavolonté de construire un code positif des relations internationales.Le pouvoir judiciaire n'est pas séparé des trois autres pouvoirs. N'existant pas dans l'état de nature, il est la caractéristique de la société civile. La conception institutionnelle de Locke estdavantage éthique qu'organisationnelle. Il met à jour des fonctions. Il lui importe d'abord que ces fonctionss'actualisent selon un principe : le bien-être de la communauté. L'objectif, c'est que les institutions politiques nefonctionnent jamais en oubliant qu'elles sont constituées par la volonté du peuple. Les limites des institutions Déterminer les bornes du pouvoir reste donc l'une des principales préoccupations du philosophe. Pour lui, l'adhésionpopulaire au pouvoir politique est une condition essentielle desa force. Le peuple est le principe de vie de l'État. S'ily a divorce entre le souverain et la confiance populaire, les fondements de l'État sont remis en cause. Face à unprince tyrannique qui ne gouverne qu'en fonction de ses intérêts personnels, Locke accepte l'idée que le peuple soitdélié de son pouvoir d'obéissance. Il est alors licite de résister au pouvoir. Locke propose une théorie de larésistance. Il ne s'agit pas de prôner le régicide mais l'autonomie populaire en matière de législation. Le peuple segouverne lui-même. Il se trouve un autre gouvernement qui saura légiférer en fonction du bien public. L'essence dupolitique est justement de servir le bien de tous.Locke élabore ainsi une théorie de la maturité politique qui fait du citoyen un homme capable de décider quand ilfaut changer de prince. La conscience politique du peuple le garantit contre l'absolutisme. II - Les droits de la conscience a) Sans doute le pourra-t-il si la conscience est ce juge infaillible qui comme le dit Rousseau « ne nous dit pas lavérité des choses mais la règle de nos devoirs (Nouvelle Héloïse, VI, 8, T. II, Pléiade, p. 698). De ce point de vue laloi du coeur a une légitimité qui transcende la légitimité toute temporelle de l'Etat. Rousseau: "Conscience ! Conscience ! Juge infaillible du bien et du mal" Cette formule de Rousseau, que l'on peut lire dans l'Emile, aborde la question de la conscience dans sa dimensionmorale. En effet, si comme nous l'avons montré dans l'analyse de la citation de Pascal, la conscience signifie ausens premier « accompagné de savoir », elle prend également un sens moral, et les expressions que nous venonsd'évoquer montrent qu'elle apparaît comme ce sentiment qui pourrait nous permettre de distinguer le bien du mal.Tel est le sens de la formule de Rousseau puisqu'il la qualifie de « juge infaillible ». Ainsi, la conscience morale serait ce sentiment moral inné que tout homme possèderait. Il suffit alors d'écouter « lavoix de sa conscience » pour savoir qu'on a mal agi, ou, pour bien juger, de juger « en son âme et conscience ». Sion peut alors définir l'homme par la conscience, c'est donc aussi en tant qu'être moral ou, en tout cas, en tantqu'être pour qui la question morale se pose. Pourtant, faire reposer la morale sur un sentiment n'est pas sans poserproblème. En effet, n'est-il pas possible de faire le mal en toute bonne conscience ? Comment dans ces conditions Rousseau peut-il soutenir l'infaillibilité de ce sentiment ? Parce qu'un sentiment animele cœur des hommes et caractérise l'humanité : la pitié, sentiment qui le conduit à souffrir au spectacle de lasouffrance de l'autre. Pourtant, de nombreux événements dans la vie courante et dans l'histoire nous montrent quece sentiment n'est pas toujours présent chez les hommes. En effet, si on affirme que l'homme est animé par cesentiment, que sa conscience le guide, comment, une fois encore, comprendre la barbarie, la violence, la cruautédont les hommes peuvent être capables ? L'argumentation de Rousseau est double :- si les hommes sont capables de cruauté, c'est parce que la société les a pervertis en faisant naître le vice, lacomparaison et la rivalité ;- l'existence de ce sentiment est avérée par la réalité. En effet, si la morale ne reposait que sur la raison, cela feraitbien longtemps que l'humanité aurait disparu.Transition »

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