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Est-on victime des apparences ?

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Pourquoi se contenter des apparences fait de l'homme une victime ? Dans quelle mesure l'homme peut-il parvenir à ne plus être qu'une victime ? Il faudrait démontrer que l'homme est capable de sortir de ce statut de victime, capable de dépasser les apparences. Le fait d'avoir conscience que l'on est face à des apparences ne nous enlève-t-il pas ce statut de victimes ? Références utiles : Platon, La République. "Ils nous ressemblent (Allégorie de la Caverne)" PLATON - Au livre VII de La République, Platon (428-348 avant J.-C.) fait décrire par le personnage de Socrate un curieux monde. Dans ce passage, connu sous le nom d'allégorie de la Caverne (ou encore de «mythe de la Caverne »), apparaissent d'étranges personnages, enfermés depuis leur naissance dans une grotte, enchaînés, et ne contemplant que les ombres portées des objets. L'interlocuteur de Socrate dans ce dialogue, Glaucon, s'étonne de ce bizarre tableau.

Se poser en tant que victime, ne serait-ce pas dire que c'est indépendant de notre volonté ? Dans ce cas-là, qu'est ce qui dans les choses et les êtres font qu'ils ne peuvent être perçus que comme des apparences ? Tout n'est-il que simulacre ? Est-ce que cela vient des choses elles- mêmes ? Qu'est-ce qui dans la perception fait que l'on confond réalité et apparence ? Dans quelle mesure ne nous rendons-nous pas victimes ? C'est par nous-mêmes que nous les rendons comme telles. Pourquoi l'homme ne se contente-t-il que des apparences ? Et qu'est- ce que cela lui apporte-t-il ? Qu'est-ce que cela lui enlève ? Pourquoi se contenter des apparences fait de l'homme une victime ? Dans quelle mesure l'homme peut-il parvenir à ne plus être qu'une victime ? Il faudrait démontrer que l'homme est capable de sortir de ce statut de victime, capable de dépasser les apparences. Le fait d'avoir conscience que l'on est face à des apparences ne nous enlève-t-il pas ce statut de victimes ? Références utiles : Platon, La République.

Introduction :

Les apparences sont le lieu de l'erreur et de l'illusion. Tantôt nous nous trompons sur les choses et les autres à cause des apparences, tantôt ce sont les autres qui se trompent sur nous. Nous sommes donc au moins deux fois victimes des apparences.

Mais les apparences sont aussi le seul moyen d'entrer en rapport avec la réalité. Les choses nous parviennent par leur apparence, nous apparaissons nous même aux autres comme apparences. Si nous ne voulons pas êtres victimes de notre rapport au monde, il nous faut donc comprendre comment bien vivre avec les apparences.

Problématique :

Les apparences nous trompent mais pourrions nous exister sans elles?

 

« 3. Les autres peuvent nous tromper en manipulant les apparences. C'est pourquoi les apparences sont l'arme la pluspuissante pour exercer un pouvoir. Un homme qui est naturellement moins fort qu'un autre peut prendre le dessuspar la ruse. C'est pourquoi Hobbes dit qu'à partir du moment où les hommes se voient entre eux, ils entrent dansune guerre des regards où tous s'évaluent mutuellement et où tous sont égaux en raison de la ruse que les faiblessont susceptibles de déployer contre les forts. II : Nous existons par les apparences L'apparence est la condition de l'existence 1. Sans apparence sensible nous n'existerions pas. Sans être vu, entendu, senti, touché par personne, nous ne serionspas de ce monde. Sans nous voir , nous sentir, nous entendre nous mêmes, nous n'existerions pas. L'apparence estdonc la condition de l'existence. Exister ne signifie pas nécessairement être victime des apparences, au contraire lesapparences nous permettent de vivre. Le plaisir de l'apparence dans l'art 2. Nous cultivons les apparences dans les domaines esthétiques. Au delà de toute tromperie, de toute séduction dontnous serions victimes, l'art est le lieu d'un pur plaisir de l'apparence. L'artiste est un créateur d'apparences, ilfabrique les apparences qui ont le plus de richesse, qui parlent le plus possible à l'homme. L'artiste et son public nesont pas dans un rapport de guerre, il n'y a pas de victime. L'art montre que l'apparence peut être le lieu du sens etdu plaisir, nous sommes donc loin d'être victimes des apparences. Maître des apparences 3. Pourquoi chercher une vérité au delà des apparences? Nietzsche dénonce la volonté de fabriquer des « arrièresmondes » métaphysiques derrière les apparences. Cette volonté vient selon lui d'un désir d'être récompensé pourses bonnes actions et elle ne traduit qu'une faiblesse, qu'une incapacité à vivre dans le présent. Les apparencesconstituent en effet notre seul présent, étant donné que nous ne vivons que dans le présent, pour aimer etmaîtriser notre vie il nous faut aimer et maîtriser les apparences. III : Plus fort que les apparences Le désir de vérité 1. Le désir de vérité ne vient pas seulement d'une faiblesse ou d'une incapacité à s'adapter à la vie. Il exprime plutôtune différence de l'homme et des apparences : l'homme n'est pas tout entier dans l'apparence. Sa vie prend sonsens et sa consistance dans la pensée qui est un phénomène intérieur. Cette vie dans la pensée éveille en l'hommele désir de vérité à la fois sur son identité et sur le monde. Nous ne sommes pas dans la pure apparence, nousdésirons donc savoir ce qu'est la réalité en tant qu'elle n'apparaît pas. Des idées qui n'apparaissent pas 2. On peut dire avec Kant que les idées métaphysiques sont des objets de pure pensée : elles ne peuvent pasapparaître en tant que phénomènes sensibles. Les idées de l'âme, de Dieu et du monde, ne peuvent être que desobjets de spéculation. Mais c'est dans cette spéculation que nos actes prennent du sens. Quelle que soit positionpar rapport à ces idées, cette position personnelle donne une profondeur et un sens à notre vie. La science contre les apparences 3. La science se construit contre les apparences. Il a fallu longtemps par exemple pour adopter le systèmehéliocentrique : les planètes semblent à première vue tourner autour de la terre. C'est pourquoi le scientifique doitélaborer ses hypothèses en pensant contre les apparences, en forçant la nature à répondre à ses questions plutôtqu'en croyant à ce qui semble immédiatement évident. Conclusion : Nous sommes victimes des apparences dans la mesure où nous croyons spontanément en elles. Mais un rapportréfléchi aux apparences nous permet d'exister pleinement à travers elles. »

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