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Existe-t-il une nature humaine universelle ?

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Le naturalisme du XVIIIe siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante. Parler de « nature humaine«, c'est admettre que par-delà leurs différences physiques voire intellectuelles, et en dépit des écarts historiques et géographiques, les hommes ont davantage de points communs que de différences. Par-delà leur diversité, une essence commune les unirait, et expliquerait que l'on puisse parler d'une « nature « qui leur serait commune. Mais cette diversité ne remet-elle pas aussi en question cette belle idée? 1. Il existe une « nature humaine « universelle* Poser qu'il existe une « nature humaine «, c'est revendiquer son universalité et sa capacité à rassembler tous les hommes. C'est le principe de toute déclaration des «droits de l'homme«. Car pour pouvoir définir des droits naturels communs à tous les individus, quels que soient les pays, les époques et les lieux, il faut commencer par définir ce qu'est l'homme.

Sous la diversité des lois, des coutumes et des événements, l'historien découvre une constante: la nature humaine.

MAIS...

Contrairement à ce que pensaient les philosophes du 18 ième, il n'y a pas qu'un seul modèle d'humanité, qu'une seule nature humaine.

a) L'histoire est unifiée par des lois.
b) La nature est en droit universelle.

a) Il n'y a pas de lois générales de l'homme et de l'histoire.
b) L'humanité est multiple.
c) Les minorités sont différentes.

.../...

« En fait, ce qui intéresse Descartes , n'est pas cette égalité de la raison. Ce thème est déjà à l'époque un lieu commun. Ce n'est pas avec cette thèse que commence le cartésianisme, mais avec le problème suivant : « La diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres » ; ou encore, si la raison est égale en chacun, comment se fait-il que « autant de têtes autant d'avis », que certains se trompent et d'autres pas ? La vraie question est là, la véritable thèse de Descartes suit : « Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. » L'essentiel réside donc dans la méthode. « Méthode » est un mot qui vient du grec et qui signifie à l'origine « chemin » : c'est la voie qu'on emprunte pour mener sa pensée, pour ne pas s'égarer. Si tous les hommes ont une raison égale, savent également marcher, il semble clair à Descartes que certains s'égarent, se perdent, dissipent leurs forces. Il y a une sorte d'obsession cartésienne à ne pas se perdre. Pour un savant ou un philosophe qui,comme lui, sort des sentiers battus et balisés de la tradition, rien ne saurait être plus important que de ne pass'égarer dans les terres inconnues à découvrir. Aussi trouve-t-on chez Descartes une magnifique définition de la méthode : « Par méthode, j'entends des règles certaines etfaciles, grâce auxquelles tous ceux qui les observentexactement ne supposeront jamais vrai ce qui estfaux, et parviendront sans se fatiguer en effortsinutiles, mais en accroissant progressivement leurscience, à la connaissance vraie de tout ce qu'ilspeuvent atteindre. » « Règles pour la direction de l'esprit » (IV). La méthode garantit donc : q La certitude (l'élimination de l'erreur) ; q La facilité et l'économie d'efforts ; q La fécondité et l'augmentation progressive des connaissances ; q La sagesse, en ce sens que l'homme qui s'y soumet atteindra la connaissance de tout ce qu'on peut humainementsavoir. Resterait à dire pourquoi Descartes ressent le besoin de créer une méthode, applicable à tous les objets de connaissance, après vingt-trois siècle de science et de philosophie. La première partie du « Discours » en fournit l'explication, qui se présente comme une biographie intellectuelle. Descartes y expose ce qui l'a poussé à sortir des sentiers battus, c'est une véritable crise de l'éducation qui est le signe d'une crise de civilisation. Bon élève dans un excellent collège, Descartes découvre avec consternation que tout ce qu'on lui propose, quelles que soient son utilité et sa richesse, n'est bâti « que sur du sable et de la boue ». Le doute s'immisce dans son esprit : alors qu'il a été éduqué par les meilleurs maîtres, sa recherche d'une certitude échoue. Il cherchait, et l'éducation lui promettait « la connaissance claire et assurée de tout ce qui est utile à la vie », mais il se trouve « embarrassé de tant de doutes et d'erreurs, qu'il me semblait n'avoir fait aucun profit, en tâchant de m'instruire, sinon que j'avais découvert de plus en plus mon ignorance ». L'échec de la tradition pousse donc Descartes à trouver par lui-même et une connaissance vraie, et la méthode qui y conduit. Ce faisant, Descartes réduit à néant les autorités traditionnelles, ce système de pensée qu'on nomme la scolastique et qui est l'héritage d' Aristote repensé par le christianisme. Le cartésianisme récuse donc une autorité fondée sur le respect de la tradition, pour y substituer les droits de la raison. En cesens, Descartes est le père fondateur de la pensée moderne. • Le fait de posséder une nature commune permet aux hommes de s'entendre. Dans le Traité théologico-politique,Spinoza explique ainsi que toute démocratie véritable doit être fondée sur la raison et donner à tous les citoyens lesmoyens de la développer, notamment en favorisant la liberté d'expression. Les hommes s'opposent par leurs désirset leurs passions. Mais ils s'accordent lorsqu'ils font droitement usage de leur raison. • Enfin, défendre l'idée d'une « nature humaine » permet de fixer des critères de respect ou d'outrage de l'individu.Sans l'idée qu'il doit exister entre les hommes des points communs plus forts que les différences, on n'aurait pascréé, après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, la notion juridique de « crime contre l'humanité ». Lanature humaine est donc un principe de jugement, qui permet notamment de ne pas mettre sur le même plan tousles régimes politiques, et d'assurer que la tyrannie ne vaut pas, au sens éthique du terme, la démocratie.Mais la réalité ne remet-elle pas en question cet idéal? »

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