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Faut-il aimer la vérité ?

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            Loin de devoir aimer la vérité au détriment des autres valeurs, et en particulier du faux, l'attitude philosophique invite à reconnaître la nécessité de ces autres valeurs. L'art, la politique ou l'amour, composent avec du faux, avec de l'erreur, avec du mensonge, et c'est ce qui fait leur épaisseur. La politique ne gagne jamais à être menée par des idéalistes adorateur de quelque vérité ; elle est bien plutôt un art du bricolage et de la composition, un art du consensus. De même on imagine pas une vie amoureuse saine qui valoriserait à tout prix la vérité, au risque de s'appauvrir de tout son mystère, et de transformer la confiance en contrat.             Aimer la vérité serait donc une attitude naïve, propre à la ferveur de la foi religieuse ou encore à la soif de savoir du scientifique. Mais en aucun cas l'amour inconditionnel de la vérité ne saurait servir l'homme dans sa vie, sentimentale, politique ou philosophique. L'amour, bien plutôt que de nous conduire à la vérité, nous le voile plus probablement. La vérité est une affaire de concepts, de raison et de réflexion. Elle exige, pour être saisie, que le débat qui la concerne soit dépassionné. Aussi, même la science dans sa soif de connaissance, prône une désubjectivation de la recherche et une mise à l'écart de la passion.

Le sujet associe deux notions contradictoires : Amour et Vérité. Comme la philo-sophie l'amour de la vérité tend le désir vers un objet idéal, parfait et éternel. Pourtant la vérité peut être dangereuse ou malheureuse au point de ne pas vouloir l'aimer.    Le philosophe et le sophiste s'opposent sur ces points.

« rhétoriques des faiseurs et de retrouver ainsi un jugement critique (arrachement et conversion du prisonnier de lacaverne).D'autre part, même si une dialectique ascendante exige une lente formation de l'âme, chacun, à l'instar del'esclave de Menon, est susceptible de retrouver en lui ce qu'il a contemplé en dehors de cette existence. L'amourde la vérité n'est donc pas nouveau. Nous retrouvons l'objet perdu d'amour en pratiquant la réminiscence.- La vérité innéeLa réminiscence nous a préparé à l'idée que l'amour de la vérité était nécessaire car la vérité est innée. Ainsidécouvrir la vérité c'est aimer son origine : pour Descartes l'idée d'infini ne peut avoir été produite par un être fini; ilfaut donc supposer qu'un être infini ait disposé en nous de cette idée. Cette "marque"est le résultat de la créationde l'homme par Dieu. Si bien que l'amour de la vérité est l'amour de Dieu en nous par l'intermédiaire des idées ennous.- Un amour désintéressé A l'inverse d'un amour corporel dont on peut légitimement attendre satisfaction, l'amour dela vérité ne procure aucun avantage. Socrate est condamné à mort ; Galilée doit renoncer à la formulation de larotondité de la terre. La vertu est donc soeur de la vérité. Elle l'accompagne afin de faire advenir le règne de laraison. CONCLUSION Il faut, malgré les inconvénients, aimer la vérité. Même si la sainteté n'est pas permise à tous, la recherche de lavérité s'apparente à un amour perdu dont l'objet s'éloigne au fur et à mesure que le savoir s'en empare. De manièreprovisoire, entretenant le désir de la retrouver... Il peut sembler paradoxal de relier en philosophie l'amour à la vérité ; en effet la vérité est d'ordinaire unobjet de connaissance, de démonstration, bref elle est de part en part un objet rationnel. Or, l'acte d'aimer est àl'opposé d'un acte de raison, aimer la vérité ne saurait donc être a priori , une attitude dictée par la philosophie. Cependant, aimer la vérité ne peut-il pas s'entendre, d'un point de vue éthique, comme l'attachement du sujet àdes valeurs d'honnêteté et à une conduite exemplaire ? Nous verrons toutefois que l'attitude philosophique ne seconcilie pas nécessairement avec un amour à tout prix pour la vérité. I- Aimer la vérité, pour une vie meilleure. L'amour de la vérité, compris comme principe de conduite et d'action, nous garantirait peut-être une vieconforme aux normes éthiques supérieures, c'est-à-dire une vie en accord avec les principes d'équité, de justice,d'honnêteté et d'humilité. Notre hypothèse est donc que le vrai, dans l'ordre social ce serait la figure du juste ;aimer la vérité, dans la vie de tous les jours, permettrait donc de se conduire de manière la plus conforme possibleau droit. Loin d'inscrire l'homme dans une attitude de passivité contemplative, l'amour de la vérité serait la maximemême de son action. Dans son Système de politique positive , Comte prône la nécessité d'une vie transparente, une « vie au grand jour », menée dans la clarté la plus totale, à l'abris du secret et de la dissimulation. Selon lui, un tel modèle deconduite, qui implique que personne ne puisse rien cacher à autrui, devrait être le modèle de toute vie sociale. Celaempêcherait la formation des intrigues et des diverses tensions qui nourrissent l'animosité des hommes les unsenvers les autres. Auguste Comte en vint même jusqu'à tenir le métier d'acteur pour détestable, étant l'indice d'unprivilège de la norme du faux sur celle du vrai. On voit comment une telle utopie permet de souligner le danger inhérent à un amour inconditionnel pour lavérité. En effet, une transparence absolue des conduites, loin de nous mener à une espèce de concorde civile,équivaudrait bien plutôt à un appauvrissement des rapports humains. Le livre de Orwell, 1984 , épingle ce qui serait la réalisation politique d'une telle utopie : une surveillance généralisée de chacun pour un supposé bien commun. Iln'y a plus de liberté humaine lorsqu'on annule le droit au secret ; le mystère d'autrui lui-même et donc tout soncharme disparaîtrait. On peut dire que le désir d'une vie transparente est un désir de régression au monde animal, unrefus de la complexité et des résistances inhérentes à la vie sociale réelle. II-La philosophie est amour de la sagesse, non de la vérité. Comme l'indique la signification de son étymologie, la philosophie est amour de la sagesse ; or, précisément,l'amour de la sagesse implique une capacité de distanciation, le refus de tout dogmatisme ou de tout aveuglement.Le sage est celui qui est capable de renoncer, de gérer une frustration, bref, d'accepter que, parfois la vérité puisselui échapper. Aimer celle-ci à tout prix c'est sortir de la philosophie pour rejoindre le fanatisme, qu'il soit scientifiqueou religieux ; le rapport philosophique à la vérité est un rapport réfléchi et non un rapport passionné. »

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