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Faut-il aimer pour respecter ?

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   L’amour engendre t-il le respect ? C’est au premier abord une évidence . Quand on aime par plaisir une chose ou une personne , on la respecte au sens où l’on ne veut pas lui faire du mal car on souhaite que ce plaisir qu’il nous procure perdure. Seulement , l’amour est il nécessairement porteur de respect ? L’amour peut s’accompagner de différentes attitudes. Et si il est parfois porteur de bienveillance , il peut aussi être source de souffrance . Passionné, exclusif, il est alors profondément destructeur pour lui même et pour l’objet de son amour. L’amour en tant que sentiment ambivalent peut alors soit conduire au respect soit au contraire à la violence . Ainsi, il est plus facile d’aimer quelque chose de concret, et d’immuable car s’il change, l’objet de notre amour peut modifier notre plaisir et donc modifier notre comportement. Alors faut-il aimer pour respecter ? Dans quelle mesure peut on respecter quelqu’un si on ne l’aime pas ? Entre un amour bienveillant et un amour destructeur, existe t-il une autre voie qui peut conduire au respect sans avoir à manifester de sentiment d’amour ? Est il possible d’envisager l’amour comme une relation responsable et engagée qui engendrerait peu de risque de déraper puisqu’elle n’est basée que sur le respect mutuel ?

« Alors entre amour bienveillant et amour destructeur existe t il une autre voie qui permette à l'amour d'engendrer lerespect ?, S'il semble facile de ne pas abîmer une personne ou une relation parce qu'on lui veut du bien , parcequ'on l'aime, dans quelle mesure peut on respecter quelqu'un sans l'apprécier ? Respecter les règles , c'est adhérer par raison , par une obligation morale que l'on s'impose, par choix délibéré alorsqu' aimer implique d'avoir des sentiments affectifs . On peut penser qu'aimer par plaisir aidera également à respecteret obéir aux règles , car il est évident qu'on adhère plus facilement aux règles de celui que nous apprécions.Mais ce n'est pas toujours vrai. Je peux apprécier quelqu'un et prendre du plaisir à être avec lui sans pour autantadhérer complètement à son système de valeurs et à ses règles. S'il m'impose des règles avec lesquelles je ne suispas d'accord, je peux les respecter au sens accepter qu'elles existent mais sans pour autant y adhérer. J'aime monamie avec qui je prends plaisir à partager des après midi de shopping mais je n'accepte pas son comportement ensoirée . Je la respecte, je ne lui fais pas de mal . J'accepte qu'elle puisse penser différemment de moi, mais je nevais pas pour autant adhérer complètement à son système de valeurs. Ainsi , je suis un être humain responsable etlibre en décidant de manière autonome quelles sont mes propres règles et cela même si elles vont contre mon seulplaisir.Inversement puis je respecter quelqu'un que je n'aime pas ?Cela pose la question du droit à la différence et de la tolérance . Je ne t'apprécie pas, tu ne m'apportes pas deplaisir mais je comprends que tu es différent et parce que je suis tolérant et que je comprends que je ne peux pasapprécier tout et tout le monde, je ne te fais pas de mal . Je te respecte et je te laisse vivre. Je ne t'aime pas, jene t'apprécie pas , tu ne m 'apportes aucun plaisir, mais je ne te détruis pas , je te respecte. Et en allant plus loin, puis je admirer quelqu'un que je n'aime pas ? Qu'en est il si je n'éprouve pas d'affectionparticulière pour une personne, voir si elle ne me procure pas de plaisir ou même qu'elle m'affecte et me fait mal maisque ma raison et mon jugement m'amène à penser que son système de valeurs mérite le respect ?On peut tout à fait admirer une personne pour sa position sociale, son œuvre, sa grandeur d'âme, sans pour autanten retirer du plaisir, sans pour autant éprouver pour elle de l'affection.. Je l'admire parce qu'il est ou il fait quelquechose qui mérite de l'estime et non pas parce que je ressens un sentiment particulier pour lui et même si cela doitme faire du mal car cela affecte mon orgueil, j'accepte librement de lui accorder du crédit .Ainsi Kant place ce sentiment de respect comme le seul sentiment moral qui finalement m'élève car il m'imposel'humilité en me forçant à dépasser mon propre amour propreAinsi on voit qu'une voie existe qui permette d'engendrer le respect, respect de soi même, de l'autre et du mondequi nous entoure. Cette voie est celle de la connaissance , de l'apprentissage et peut être de l'apprentissage de lafaçon d'aimer. Aimer de façon libre et responsable, aimer en étant conscient de ce que nous sommes avec nosforces et nos limites, aimer aussi en s'efforçant de reconnaître l'autre dans sa différence , et aimer ainsi avecbienveillance et donc respect . C'est que Kant appelle « l ‘amour pratique » seul moralement exigible. Faut-il aimer pour respecter ? Est il nécessaire d'éprouver un sentiment affectif pour avoir une attitude raisonnée etresponsable . ? Si l'amour peut parfois induire naturellement une attitude positive de bienveillance et d'estime àl'égard d'autrui, il ne peut en être une condition nécessaire . D'autant plus que l'amour revêt des significationsextrêmement différentes qui va jusqu'à l'amour destructeur . Mais si on admet que l'amour peut aussi être uneattitude responsable et tolérante qui s'apprend, une attitude de celui qui comprend qu'il faut se connaître etconnaître l'autre pour apprendre à vivre ensemble en harmonie, alors on peut peut-être dire qu'il ne faut pas aimerpour respecter mais qu'il faut peut être savoir aimer pour respecter. »

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