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Faut-il craindre le regard des autres ?

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Faut­il craindre le regard des autres ?  Problématique : la question est elle même étrange. Pourquoi faudrait­il craindre le regard d'autrui ? C'est que regarder n'est pas la même chose que voir. Voir est l'acte physique de l'organe de la vision alors que le regard est une inspection subjective : on y met de l'intérêt, de l'attention, de l'approbation ou de la désapprobation.  « les autres « désigne les autres sujets, les autres que moi qui sont aussi des autres « moi «. Si autrui m'oblige à me voir de l'extérieur et à assumer ma situation, il peut aussi m'enfermer dans des images ou je deviens étranger à moi même : autrui me fige dans une posture, une situation, un corps dont je risque de ne pas me débarrasser. Mais pour que cette image extérieur m'aliène ne me faut­il pas d'abord que je la fasse mienne, que j'accepte de me voir comme autrui me voit ? Serait­il possible que l'image qu'autrui a de moi se substitue à l'image que j'ai de moi­même ? On peut comprendre cette question à partir de son expérience personnelle. Le regard porté sur sois peut être gênant, soupçonneux, méprisant arrogant etc. Autant de cas où le regard de l'autre me juge, me signifie ma nullité ou me renvois à moi même, à ma honte, à mes complexes. Le regard est plus que le regard. Il concentre en lui toute la problématique du difficile rapport du « moi « aux autres. Il est en effet le support physique d'un rapport moral de reconnaissance : quant on décide qu'un être n'existe pas à nos yeux, nous ne lui jetons aucun regard, ou alors un regard de mépris. Aussi ce sujet nous amène à nous poser la question : quels sont les autres pour moi ? À quel titre est­ce que j'existe pour lui ? Est­ce que j'existe seul ou dans le regard des autres ? Peut­on exister pour sois si on existe pas pour autrui ?  Intro : regarde...

« (traits d'unions indiquent que m on rapport à l'autre n'st pas une dim ension accidentelle de m on être).  ­ E tre pour autrui veut dire que m on être a pour dim ension essentiel m on rapport aux autres, que je ne suis pas sans eux. O n com prend des lors que le regard des autres soit redoutable.  ­ Si en effet j'existe pour autrui pour autrui, si tous les autres hom m es ne peuplent pas m on extérieur m ais m e constituent, m e font être, m on existence tout entière se trouve fragilisée.  ­ j'attends tout d'autrui m ais j'ai aussi tout à craindre d'autrui : il a la puissance de m e nier et cette puissance de négation ne trouve jam ais m ieux à s'exprim er que par le regard. Q uand on est rien pour l'autre, on est sois­m êm e plus grand chose.  ­ L e dram e de l'am our non partagé est que l'on est rien aux yeux d'autrui ou de celui ou celle pour qui on voudrait être tout  ­ m ais surtout ce que relève le regard des autres sur m oi c'est que m on statut de sujet est toujours précaire : le regard de l'autre com porte toujours la possibilité de m e réduire à l'état d'objet  ­ Q u'en est­il par exem ple du regard am oureux ? O u finit le regard qui désir ? O u com m ence celui qui fait d'une personne le sim ple objet du désir ?  ­ SA R T R E S a m ontré que ce qu'il y'a a craindre dans le regard des autres c'est le regard des autres en tant que tel, lequel com porte la m enace perm anente de réduire le sujet que je suis à l'état passif d'objet vu par autrui à une situation de « regardé ».  ­ le sentim ent de la honte correspond au fait de vivre en perm anence, du sim ple fait de la présence des autres, dans la situation de « regardé ». L a honte est selon Sartres la reconnaissance de ce que je suis bien cet objet qu'autrui regarde et juge.  ­ le regard d'autrui fait que je ne peux plus m e prouver en toute innocence com m e étant absolum ent sujet : je suis toujours déjà en m êm e tem ps objet pour les autres.  ­ « m a chute originelle c'est l'existence de l'autre » II. L e regard et le visage  ­ le regard est donc plus que le regard  ­ en lui passe m a liaison fondam entale avec autrui m ais précisém ent n'accorde­t­il pas trop au regard ? N e le charge­t­il pas d'une interprétation casi paranoïaque de m on rapport aux autres ? C ette philosophie ne m ène­t­elle pas à la diabolisation d'autrui ?  ­ C om m e en tém oignerait la fam euse phrase prononcée par au personnage de huis­clos « l'enfer c'est les autres » ?  ­ le regard d'autrui signifie avant tout qu'il est la « nécessaire m édiation de m oi­m êm e à m oi­m êm e » ­ Sartres ne conclut donc pas qu'il faut craindre le regard d'autrui. L e regard des autres sur m oi est pour Sartre l'illustration concrète que je suis séparée de m on propre être par tout une dim ension de néant, et ce néant c'est la liberté d'autrui, dont rien ne m e distingue en tant qu'hom m e, sinon qu'il est bien précisém ent autre que m oi, un autre sujet  ­ si le regard est si im portant dans la philosophie de Sartres, c'est que celui­ci se représente m a relation aux autres com m e celle d'un sujet en face d'autres sujets. D e ce fait les autres sont toujours déjà pris avec m oi dans un rapport de confrontation, qu'ils lim itent m a liberté en m 'appréhendant com m e un objet, ou qu'ils m e volent le m onde pour em ployer une form ule de l'être et le néant. ­ O r on peut m ettre en question cette représentation fondam entale de m on rapport à l'autre : pourquoi cette  valorisation du regard ? A  trop insister sur le regard et sur la situation d'être regardé, on finit par oublier : qui est regardé, le sujet lui m êm e. O r que regarde­t­on en l'autre »

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