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Faut-il opposer la vérité à l'illusion ?

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illusion L'illusion transcendantale est un besoin structurel de la raison pure, et aucun effort d'attention ne peut y remédier.La connaissance est unification. Pas de connaissance sans données sensibles ; mais les formes a priori de la sensibilité (espace et temps) unifient déjà les données de l'expérience. Puis cette expérience sensible est unifiée sous les catégories de l 'entendement. La raison, enfin, a pour destination d'unifier toute la connaissance en un système sous des idées, le moi, le monde et Dieu. Ces idées ne sont donc que des formes organisatrices, ou des « principes régulateurs ». Il y a illusion dès lors que la raison nous induit, par son essence même, à prêter à ces idées une valeur objective, et à vouloir faire de la psychologie et de la théologie des sciences à part entière, alors que nous n'avons aucune expérience sensible de ces objets, et ne pouvons en aucune façon en avoir.La dialectique a pour tâche de nous prémunir contre cette apparence trompeuse qui consiste à prêter une valeur objective à ces pures formes de la raison.L'illusion de la psychologie rationnelle (ou paralogisme) consiste à transformer le « je pense », forme a priori d'unification de mes connaissances, en un être substantiel, à faire du pur sujet de la pensée un objet de la pensée. L'illusion peut alors se développer en une pseudo-science de la nature, de l'origine et de l'immortalité du moi.

« d'unification systématique de la connaissance humaine.Les idées de la raison n'ont pas de valeur transcendante (objective), mais uniquement une valeur régulatrice etorganisatrice dans l'interprétation de l'expérience. Sans elles, pas de système, mais une simple juxtaposition desavoirs locaux (ce qui reproché à l'empirisme).Il reste que l'illusion interne à la raison et l'usage illégitime des facultés qu'elle provoque naissent d'un désirirrépressible, celui de faire connaître les choses en soi au-delà des limites de l'expérience (usage transcendantal), oupire, comme on vient de le voir, de constituer de simples conditions de la connaissance en objets de cetteconnaissance (usage transcendant ou constitutif).D'où vient ce besoin qu'a la raison de franchir les limites de l'expérience et d'engendrer ainsi, non des erreurscontingentes et accidentelles, mais des illusions structurelles, des faux problèmes inéluctables ? Pourquoi l'illusiontranscendantale ne disparaît-elle pas, lors même qu'elle est dévoilée ?C'est que l'intérêt spéculatif trahit un intérêt encore plus haut de la raison, un intérêt qui la porte vers les chosesen soi : l'intérêt pratique ou moral.L'intérêt pratique concerne trois objets : la liberté de la volonté, l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu. Etc'est le besoin pratique de connaître les fins de l'action humaine qui pousse la raison à l'usage transcendant desfacultés. 2. Le désir, producteur d'illusions Dans L'Avenir d'une illusion, Freud s'intéresse à la genèse de l'illusionreligieuse. La religion répond aux désirs les plus anciens, les plusfondamentaux de l'humanité. Elle apaise les craintes de l'homme face auxquestions fondamentales sur la mort et l'origine de l'humanité, notamment.L'illusion n'est pas nécessairement fausse, elle est une croyance qui nouspermet de vivre et d'agir. Nietzsche ne disait pas autre chose. a) Un renversement du problème de la métaphysique• Si Kant a montré qu'un certain usage de la raison produit des illusions, onpeut aller plus loin et se demander si la raison ne produit pas toujours desillusions, si la raison elle-même n'est pas une illusion répondant à un besoinfondamental de l'homme. C'est ce qu'a fait Nietzsche.• Ainsi que l'a souligné J. Granier (cf. Le Problème de la vérité dans laphilosophie de Nietzsche), Nietzsche opère en effet un renversement radicaldu problème de l'illusion métaphysique en demandant non plus avec Kant «Comment la métaphysique est-elle possible ? » mais « Qu'est-ce qui constitueY essence de la pensée métaphysique ?» En critiquant la métaphysique, Kantse place du point de vue de cette dernière en ne remettant pas en cause sonprincipe fondamental, qui est celui du dualisme du vrai et du faux, du réel etde l'apparent, du noumène et du phénomène, etc. «C'est pourquoi l'exigencede renverser la Métaphysique impliquera, aux yeux de Nietzsche, l'obligationimpérieuse pour la pensée de se situer résolument par-delà le vrai et le faux, ces termes ne signifiant pas la proclamation d'un scepticisme universel, mais ayant pour seule fonction dedémembrer le cadre dogmatique dans lequel la tradition métaphysique prétendait enfermer la réflexion sur l'Être» (J.Granier). La métaphysiquecomme œuvre de la raison est pour Nietzsche une illusion non pas parce qu'elle prétend, comme l'affirmait Kant,connaître le monde vrai du noumène alors qu'elle ne peut l'atteindre, mais par le fait même qu'elle pose cet être. Enrenversant toute métaphysique, Nietzsche peut s'exclamer « Nous avons aboli le monde vrai : quel monde restait-il ?Peut-être celui de l'apparence ?... Mais non ! En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le mondedes apparences ! » b) La vérité ? une sorte d'erreur• Selon Nietzsche, en effet, « la vérité est une sorte d'erreur, faute de laquelle une certaine espèce d'être vivantsne pourraient vivre. Ce qui décide en dernier ressort, c'est sa valeur pour la vie » (La Volonté de Puissance, t. I, 1.II, § 308). La vérité, est une erreur dans la mesure où elle ne dévoile pas la Vérité originaire, la Vérité propre del'Être, qui est «le flux éternel de toutes choses». Cette Vérité originaire n'est pas à proprement parler puisqu'elle estdevenir, elle est l'Abîme où s'abîment toutes choses, elle est donc incompatible avec la vie : « on ne peut pas vivreavec la Vérité» (id., t. II, 1. III, § 557); «il serait possible que la véritable nature des choses fut tellement nuisible,tellement hostile aux conditions mêmes de la vie, que l'apparence fût nécessaire pour pouvoir vivre» (id., I, 212).La vie, expression de la Volonté de Puissance, a donc besoin, pour être, de voiler cette Vérité. Elle a besoind'organiser le devenir, d'affirmer l'être contre le devenir, elle a besoin de Y illusion. C'est cette illusion nécessairequ'elle se donne pour «vérité». Une telle vérité est ainsi une création de la vie. • Dans ces conditions il n'y a pas de vérité impersonnelle, et ce qui fonde la vérité d'une chose c'est sa conformitéavec les exigences vitales de chaque être. C'est la Volonté de Puissance qui est à l'œuvre dans les jugements devérité : « A l'origine, le jugement ne signifie pas seulement «ceci et cela est vrai», mais bien davantage: «je veuxque ceci soit vrai de telle ou telle manière» (Œuvres posthumes, § 302). Toute connaissance, même laconnaissance «objective», scientifique, sera ainsi l'expression d'un instinct de domination puisqu'elle ne tend pas àdécouvrir le réel, à le dévoiler, à le laisser se montrer tel qu'il est dans sa Vérité originaire, mais à l'organiser, à lecontraindre à se plier aux valeurs, aux normes définies par la Volonté de Puissance du sujet, à ses options vitales. »

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