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G.W.F. Hegel: Preface Introduction de La Phénoménologie de L'Esprit Par Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Commentaire

Publié le 23/03/2015

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Il n'est, d'ailleurs, pas difficile de voir que notre temps est un temps de naissance et de passage à une nouvelle période. L'esprit a rompu avec le monde qui a été jusqu'à maintenant celui de son être-là et de sa représentation, et il est sur le point de les précipiter dans le passé pour les y engloutir, ainsi qu'engagé dans le travail de sa transformation. Certes, il n'est jamais en repos, mais pris dans un mouvement toujours en progrès. Cependant, de même que, chez l'enfant, après une longue nutrition silencieuse, la première respiration interrompt un tel devenir graduel de la progression de simple accroissement — c'est là un saut qualitatif —, et voici que l'enfant est né, de même l'esprit en train de se former mûrit lentement et silencieusement en allant au-devant de la nouvelle figure, il désintègre fragment après fragment l'édifice de son monde précédent, tandis que son vacillement n'est indiqué que par des symptômes isolés ; l'insouciance tout comme l'ennui qui viennent opérer des fissures dans ce qui subsiste, le pressentiment indéterminé de quelque chose d'inconnu, sont des signes avant-coureurs de ce que quelque chose d'autre est en préparation. Cet effritement progressant peu à peu, qui n'altérait pas la physionomie du tout, est interrompu par l'éclosion du jour, qui, tel un éclair, installe d'un coup la configuration du nouveau monde.

 

 

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« Textes commentés 41 Si la nature évolue (chez l'individu vivant), c'est-à-dire reste identique à elle-même tout en se différenciant en elle-même, l'esprit se révolutionne, c'est-à-dire se différencie de lui-même tout en restant identique à lui-même.

Identité et différence, continuité et discontinuité sont présentes en tout ce qui est, car ce qui est les réunit en sa concréité, mais dans la nature la continuité - la répétition -l'emporte sur la discontinuité, tandis que l'esprit, foncièrement historique, s'engage résolument dans les ruptures.

Pourtant, le destin de la Révolution française, qui a tant passionné Hegel, montre combien la rupture est conditionnée par le lent processus des changements progressifs et manque son but en voulant abstraitement, impatiemment, s'opérer.

Voilà pourquoi, dans ce texte, Hegel rapproche le devenir de l'esprit et celui de la nature vivante (exemple de la naissance de l'enfant).

Tout changement -comme celui qui, dans l'ordre politique, amène à l'existence, après l'échec de l'impatience révolutionnaire, la monarchie rationnelle des temps nouveaux, ou, dans l'ordre de la pensée, introduit, après la pseudo-révolution transcendantale de Kant, la mutation spéculative -repose, au fond, sur l'opposition de l'esprit, qui est activité ou négativité, aux institutions ou règles, statiques, où il s'est déposé.

Son mouvement constant, qui est - pour l'optimisme hégélien -progrès, s'accomplit toutefois d'abord par des modifications purement quantitatives qui ne frappent pas ; l'inattention, le désintérêt, l'ennui enlèvent alors au monde existant son point d'appui spirituel.

Dès lors, sa fragilité ne peut pas ne pas se manifester comme son non-être qualitatif dans l'éclair révélant l'existence de fait d'un monde nouveau.

Marx exploitera ce thème hégélien de ce que l'on a appelé le renversement de la quantité en qualité.

Le nouveau surgit, se pose, soudainement, au terme d'une lente et progressive auto-négation de l'ancien ; sa position ne se réduit pas à celle-ci, mais elle la présuppose.

La vraie révolution exige plus que la simple et abstraite révolution.. »

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